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SCENE PREMIERE DAFNÉ, SILVIE, L'ASSEMBLÉE

DAFNE

ue le vent emporte, avecque la triste nouvelle qui couroit de toy, tout ton malheur présent et à venir ! Te voila saine et sauve, Dieu mercy, et tout a ceste heure je te tenois pour morte, à ce que nous en avoit conté Nerine. Que plust à Dieu qu'elle

eust esté muette pour l'heure, et qu'un autre eust esté sourd !

SILVIE

A la vérité j'ay couru grand' fortune, et Nerine avoit bien raison de me tenir pour morte.

DAFN'É.

Mais elle n'avoit pas raison de le dire pourtant. Mais dy-moy, je te prie, comme cela s'est passé, et comment tu en es esc happée.

SILVIE

Suyvant un loup à la trace, je me suis mise si avant dedans le bois que je me suis treuvée au plus profond, et en ay perdu la piste. Or, comme je cherchois le chemin pour retourner là d'où j'estois partie, je l'ay avisé et l'ay recogneu à une flèche qu'il portoit encore plantée prés de l'oreille, que moy-mesme je luy avoys tirée. Je le voy avec tout plein d'autres loups qui estoient à l'entour du corps d'une beste qu'ils avoient tout fraischement tuée ; je n'ay peu recognoistre quelle beste c'estoit. Le loup que j'avois blessé, me rccognoissant, est venu de furie contre moy

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