‹ AminteChapitre 85 sur 90 · ACTE IV, SCENE II io · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II io

grande perte! Et toy, Dafné, pour Dieu, essuyé ces larmes si tu les jettes pour l'amour de moy; bien te veux-je prier, non pour pitié que tu doives avoir de moy, mais pour l'amour de celuy qui meritoit toute pitié, que tu me vueilles aider à chercher son corps infortuné pour luy donner sépulture. Cela seul me retient que tout présentement je ne meure : je luy veux payer ce dernier devoir, puis qu'il ne me reste que cela pour toute recompense de l'amour qu'il m'a porté. Et. combien que ceste cruelle main semble devoir souiller une œuvre si saincte, si m'asseuray-je toutesfois que l'office de ceste main luy sera chère et aggreable : car je suis certaine qu'il m'ayme encore à présent, comme en mourant il en a donné bon tesmoignage.

DAFNÉ.

Je suis bien contente de t'aider à ce dernier office, mais ne pense pas après de faire ce que tu t'es proposé.

SILVIE

Jusques à présent j'ay vescu pour moy et pour ma cruauté. Maintenant, ce qui me

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reste de vie, Aminte, je te le donne, sinon à toy, pour le moins à ton corps froid et pasle; j'ay cela à vivre, et non plus : car en mesme instant se finiront tes obsèques et ma vie. Berger, mais quel chemin faut-il tenir pour aller au vallon où respond ce cruel précipice ?

ERGASTE

Voila le chemin, et il n'y a rien d'icy.

DAFNÉ.

Allons, je te serviray de guide, je sçay bien où c'est.

SILVIE

A dieu, Bergers; à dieu, forests; à dieu, campagnes et rivières, à dieu.

ASSEMBLÉE

Elle parle de telle resolution que je croy qu'elle est dispose'e à la dernière départie.

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