‹ Ammien Marcellin Étude d'histoire littéraireChapitre 13 sur 26 · TZ · texte numérisé non relu

TZ

élevée » (x).

Eusebius, qui fut l'ennemi du général Ursicinus, le chef admiré et aimé d'Ammien, était un eunuque, c'est-à-dire ce que notre historien déteste le plus au monde. L'eunuque est le produit des vices et des superstitions de l'Asie, vices et superstitions fort goûtés, à la vérité, des Romains de la décadence, mais odieux à un homme qui, comme Ammien, avait, ou tout au moins essayait d’avoir une âme antique et vraiment romaine. Les eunuques font désormais partie intégrante de la société du bas-empire. Ils y ont leur place comme serviteurs et confidents dans les grandes maisons. Un riche propriétaire a ses eunuques. Les empereurs ont les leurs, dont ils font souvent leurs hommes de confiance. Eusebius fut chargé par Constance de plusieurs missions de

grande importance. En 354, il est envoyé à l’armée de Gaule,

(1) Amm., 22, 3, 12: Eusebium super his, cui erat Constantiani thalami cura commissa, alte spirantem et dirum, addixere paenae letali, quem abima sorte ad usque jubendum imperatori pacne elatum ideoque intolerabilem, humanorum spectatrix Adrastia aurem, quod dicitur, vellens monensque ut

castigatius viveret, reluctantem praecipitem tanquam e rupe quadam egit excelsa.

à Châlons, pour apaiser les soldats mutinés à cause du manque de vivres et d'argent (1). C'est lui qui, accompagné de deux ofliciers, se rendit en Istrie au-devant de Gallus, César d'Orient, pour le juger sommairement, et procéder à son exécution (2). Constance lui donna la même année de pleins pouvoirs pour faire justice des complices de Gallus dans les troubles d’Antioche (3). Ces malheureux, que l'on trainait d'Orient vers l'Italie, rencontrèrent leur terrible juge près d'Aquilée. C'est là qu'ils furent suppliciés ou condamnés à l'exil. C'est de là qu'Eusebius et son acolyte Arboreus revinrent tout gonflés d'orgueil, « velut opantes », pour rendre compte à l’empereur de leur sinistre besogne.

Lorsque, après la désastreuse campagne de Perse en 359, qui eut pour résultat la perte d’'Amida, Constance eut ordonné une enquête et nommé pour la diriger Arbétion et le maître des offices Florentius, ceux-ci, dit l'historien , n'osèrent pas mettre en avant la vraie cause du désastre, c’est-à-dire l’incurie de Sabinianus, et cela par crainte d'offenser Eusebius, « ne offenderetur Eusebius, cubiculi tunc praepositus » (4). Ils cherchèrent des raisons futiles à côté de la vérité.

« Si Numa Pompilius ou Socrate disaient quelque bien d’un » eunuque, même sous la foi du serment », écrit quelque part l'historien, « on les accuserait d’avoir menti » (5). Aussi comprend-on qu'il ait considéré le supplice d'Eusebius, ordonné par Julien, comme un acte de nécessaire ct malheureusement trop tardive justice.

Ammien a pourtant rencontré un eunuque exceptionnel, un

modèle de droiture et de franchise, Eutherius, qui remplit

(4) Amm., 44, 10, 5.

(5) Id., 16, 7, 4

160 j AMMIEN MARCELLIN

auprès de Julien les mêmes fonctions qu'Eusebius auprès de Constance. Il en exprime son étonnement, qui est profond; « mais, remarque-t-il, on voit les roses naître au milieu des » ronces, et, parmi les bêtes féroces, il en est qui s'appri- » voisent. » Un chapitre tout entier (1) est consacré à célébrer les vertus de cet ancien esclave arménien, qui, devenu l’ami intime d'un empereur, sut lui rendre maint service et le corriger de quelques défauts. Sa vieillesse, passée à Rome, fut empreinte de cette grandeur calme que confèrent une bonne conscience et l'estime affectueuse de tous, au lieu. que la plupart des hommes de son espèce mouraient dans l'obscurité et dans le mépris (2).

Avec sa manie habituelle d’érudition, l'historien cherche à qui pourrait bien être comparé cet eunuque extraordinaire. Tout son savoir ne lui fournit que le nom de Menophilus, eunuque de Mithridate, qui, après avoir tué la fille de son maître pour l'empêcher de tomber aux mains de Pompée, se poignarda sur le cadavre. Encore n'est-ce là qu’un acte d’héroïsme isolé, tandis que le grand mérite d’Eutherius est d'avoir

vécu toute une existence d’honnêteté et de vertu.

C'est parce qu'il est un moraliste qu'Ammien insiste parfois longuement sur des personnages et sur des faits qui ne semblent pas mériter de tenir, dans une histoire générale, une place aussi considérable. Tel, par exemple, le procès dont les péripéties compliquées se déroulèrent à Rome de 366 à 368, et dont la conduite fut confiée par Valentinien au vice-préfét de la ville, Maximinus (3).

Ce Maximinus est un des hommes que l'historien a pour-

suivis de ses invectives les plus passionnées. Il en fait le type

(2) Voir plus haut la fin de notre chapitre II. (3) Cf. Amm.., 28, 1, 1, sqq.

du magistrat féroce et sans scrupules, c'est un vrai juge d'enfer, « tartareus cognitor. » Il était né à Sopianés, en Valérie, où son père occupait une petite place de greflier auprès du gouverneur de la province. La famille était d'origine barbare. Bien que son père fût déjà entré dans les cadres de l'administration romaine, et que lui-même eùt reçu une éducation passable, cependant, sous une surface à peu près dégrossie, la barbarie native était demeurée. Brutal, envieux, avare, grossièrément superstitieux, il n’attend qu'une occasion pour s'abandonner à des instincts que l'éducation a mis à la gêne. Muni de pouvoirs extraordinaires, il en profita pour satisfaire sa férocité, et aussi sans doute ses rancunes et ses haines de parvenu. ( Ayant reçu le pouvoir de nuire, » Maximinus donna carrière à la férocité naturelle qu’il portait » en son âme brutale, comme font les bêtes lâchées dans les » amphithéâtres, quand les portes de leurs cages sont brisées » (x). Ammien l'appelle un brigand à l’âme de fauve, « spiritus ferini latronem » ; il le compare à un serpent blessé qui se retourne pour mordre, ( velut serpens vulnere rotae cujusdam adtritus ». Ce qui domine chez Maximinus, c’est l’orgueil de sa puissance. Un décret de l’empereur lui a permis, à lui, d’humble origine, de faire comparaître et de juger des patriciens, des sénateurs, de les faire trembler, de les condamner, de les envoyer à d’indignes supplices au mépris des lois. Aussi quelle exaltation de vanité méchante ! Il n’y a d’innocents, dit-il, qu'autant qu'il le veut bien, « nullum se invilo reperiri posse insontem ». Sa personne, sa démarche crient l’orgueil. « Dans » son exaltation il semblait, à voir la façon dont H:jetait les » pieds à droite et à gauche, qu'il ne marchait plus, mais qu'il » dansait. On eût dit qu'il essayait d’imiter les Brahmanes qui,

» selon quelques traditions, ont la faculté de marcher en l'air

(4) Amm.., 28, 1, 10 : Accepta igitur nocendi materia, Maximinus effudit genuinam ferociam pectori crudo adfixam, ut saepe faciunt amphitheatrales ferae, diffractis tandem solutae posticis.

Dautremer, — 11,

» devant les autels » (1). On lui donna un acolyte, le notaire Léon, que l'historien ne ménage pas davantage, (un funèbre » brigand pannonien, soufilant la cruauté par son museau de » fauve, non moins avide de sang que Maximinus » (2). Tout en faisant la part de l'exagération habituelle à l’historien, il n'en reste pas moins que les enquêtes et les supplices ordonnés par Maximinus et Léon répandirent la terreur dans Rome, « decolorabant speciem Urbis Aeternae » ; à ce point qu'une mission, composée de trois sénateurs, fut envoyée à Valentinien pour protester contre les actes du vice-préfet (3).

Les affaires que Maximinus eut à examiner donnaient prise à la délation et à l'arbitraire. Il s'agissait, en effet, d'empoisonnements, de sortilèges, d’adultères, affaires délicates entre toutes. Maximinus ne vit dans la difliculté des enquêtes et dans le vague des accusations qu'une occasion de faire le plus de victimes possible. Des sénateurs, Cethegus, Paphius, Cornelius, furent mis à mort. Hymetius, ancien proconsul d'Afrique, fut condamné à l'exil. Des femmes, Claritas, Flaviana, subirent le dernier supplice. Le juge impitoyable devenu, en récompense de son zèle, préfet du prétoire, eut des successeurs qui, sous son influence, continuèrent son œuvre abominable, Simplicius d'Hémone, ancien grammairien, vicaire du préfet en 375, et le Gaulois Doryphorianus.

Le tableau de telles cruautés paraîtrait aux regards d'Ammien incomplet, peut-être inutile, s’il n’en tirait une lecon. Son âme honnête se soulage et se rassure à constater que la

destinée ne laissa impuni aucun de ces bourreaux. « Les

(1) Amm., 38, 1, 13: Pedes huc et illuc exultando contorquens, saltare, non incedere videbatur, dum studebat inter altaria celsius gradientes, ut quidam memorant, imitari Brachmanas.

(2) Id, 28, 1, 12: Leonem notarium, bustuarium quemdam lalronem Pannonium, efllantem ferino rictu crudelitatem, etiam ipsum nihilo minus sanguinis humani avidissimum.

(3) Id., 28, 1, 24 et 23.

» suprêmes malédictions des victimes ne tardèrent pas à » produire leur effet. Comme nous le dirons en temps et lieu, » le même Maximinus, pour son orgueilleuse et insupportable » conduite, fut condamné, sous Gratien, à mourir de la mort » des criminels. Simplicius fut tué en Illyrie. Doryphorianus, ». sous le poids d’une accusation capitale, fut jeté dans le » Tullianum. Sur le conseil de la mère de l'empereur, il en » fut tiré pour périr, une fois revenu chez lui, dans les

» pires tortures » (1).

Ces sanglants procès fournissent à l’histoire des mœurs au IVe siècle des documents de première importance. C’est pour cette raison sans doute qu'Ammien insiste encore plus longuement sur les poursuites exercées en 371 à Antioche contre Théodore et ses complices, accusés d’avoir conspiré contre l'empereur Valens (2).

Le procès d’'Antioche est plus intéressant que ceux de Rome. Le récit d’Ammien est plus clair. L’historien semble avoir mieux connu les événements. Dans tous les cas, ses documents étaient très précis, car il cite textuellement le discours qu'un des accusés prononça devant le tribunal (3). En outre, tandis que les événements de Rome n'avaient intéressé Valentinien que de loin, ceux d’Antioche touchaïient de très près Valens, dont la présence pesait fortement sur les décisions des juges.

Cette conspiration est curieuse à plus d’un titre, entre

(1) Amm.., 98, 1, 57:Sed accelerarunt ultimae dirae caesorum. Namque, ut postea tempestive dicetur, et idem Maximinus sub Gratiano intoleranter se efferens damnatorio jugulatus est ferro, et Simplicius in [yrico trucidatus, et Doryphorianum pronuntiatum capitis reum, trusumque in carcerem Tullianum, matris consilio princeps exinde rapuit, reversumque ad lares per cruciatus oppressit immensos.

(2) Ammien consacre à ce procès deux longs chapitres, 29, 1 et 2.

(3) Amm , 29, 1, 29.

autres par la façon dont elle naquit, et par le jour dont elle éclaire la cruauté soupçonneuse de Valens.

La magie était au fond de l'affaire. On la trouve presque partout au IVe siècle. Un tireur d’horoscope, Héliodore, joue un des premiers rôles. Voici les faits. Plusieurs personnages, pour la plupart fonctionnaires ou anciens fonctionnaires, avaient cherché à savoir au moyen de sortilèges qui serait le successeur de Valens. L’oracle mystérieux avait désigné le notaire Théodore, qui eut la faiblesse de se laisser séduire par une si brillante perspective, et l'imprudence d’entretenir à ce sujet une correspondance compromettante. Le complot, dangereux ou non, existait done. Il n’en fallait pas tant pour faire arrêter, condamner et supplicier un grand nombre de personnes, ; plus ou moins mêlées à la conspiration.

La succession à l'empire n'étant rien moins qu'assurée à la famille des empereurs régnants, des ambitieux pouvaient, sans trop d’outrecuidance, aspirer à devenir les maîtres de l'Occident ou de l'Orient. Dans une société très superstitieuse, on comprend que tous les moyens de connaître l'avenir aïent été mis en jeu pour fortifier ces espérances, et que des charlatans aient tiré parti de cette situation pour s’enrichir, et se ménager du crédit auprès d'hommes qui, après tout, avaient des chances d’atteindre le but de leur ambition. De leur côté, les empereurs étaient intéressés de poursuivre activement de semblables manœuvres, et à se montrer impitoyables pour leurs auteurs. Valens, Ammien le reconnaît, avait des raisons pour se montrer particulièrement sévère. Deux fois il avait failli être massacré (1). Six ans à peine s'étaient écoulés depuis la tentative audacieuse de Procope, cet aventurier qui s’était rendu maître de Constantinople et d'une partie de l'Asie Mineure avec une facilité et une rapidité stupéfiantes (2). IL n'est pas

()éAimm 2941 15et 16:

(2) Id., 26, 5 et 6 sqq.

étonnant non plus qu’un barbare assez grossier, comme l'était Valens, se soit laissé échauffer l'imagination par les fonctionnaires qui l’entouraient, et qui pouvaient avoir intérêt à exciter sa colère; ni qu’il se soit pris d’une amitié passionnée pour Héliodore, ce charlatan impudent, devenu, en dévoilant la conspiration, peut-être son sauveur. |

Au grand scandale de la population d’Antioche, Héliodore fut l’enfant gâté du palais. On le nomma chambellan, on le choya. On pourvut à ses besoins, à ses débauches même. IL était avocat : il devint le maître du prince dans l’art de la parole, donna des leçons de rhétorique au barbare couronné, maladroit et ignorant, et lui apprit à mettre de l'esprit dans ses discours (1). En récompense, lorsqu'il mourut, peu de temps après, probablement empoisonné par vengeance, Valens lui fit faire des funérailles princières. On eut toutes les peines du monde à empêcher l’empereur d'accompagner le corps de son favori. Du moins il obligea les personnages de marque à suivre le convoi, en grand deuil, nu-tête, avec tous leurs insignes (2). Le scandale ne l’émut pas. C'était une idée fixe, comme une idée d'enfant têtu. Deux célèbres consulaires, Eusebius et Hypatius, parents de l’empereur Constance, durent être de la cérémonie.

Le procès fit beaucoup de victimes. « On voyait de tous -» côtés tuer les hommes, comme des bêtes, ut pecudum ubique » trucidatio cernebatur » (3). Maxime d'Ephèse, l'illustre précepteur de l’empereur Julien, périt. Un autre philosophe, un certain Simonide, dut à son héroïque résignation au milieu des tortures d’être brûlé vif, au lieu d'avoir la tête tranchée.

L'historien a l'âme désolée en racontant de pareilles

horreurs. « La terreur avait envahi tout le monde. Pour

H}Mmm,129 2707.

(2) Id”, 29,2, 42 sqq.

(3} Td., 29, 1, 40,

» parler plus expressément, tous, à cette époque, nous ram- » pions, pour ainsi dire, dans les ténèbres, à nous croire au » pays des Cimmériens, en proie à la même épouvante que » les convives de Denys de Sicile, qui, tandis qu’on les gorgeait » de festins plus tristes que toutes les famines, voyaient » pendre du plafond des salles où ils étaient attablés des épées

» attachées à des crins de cheval et menaçant leurs têtes » (1).

ss

C’est dans le même chapitre qu'Ammien regrette éloquemment que les lumières de la philosophie n'aient pas jeté quelque clarté dans l'esprit ténébreux de Valens, dont l'ignorance orgueilleuse et les colères implacables ont accumulé tant de ruines. il se console, comme ïl l’a déjà fait ailleurs, à la pensée que la justice divine ne ferme jamais les yeux sur les crimes des hommes. ( Après tant d’iniquités commises, après » ces tortures, qui laissèrent sur des corps d'hommes libres, » pour ceux qui survécurent, des traces abominables, du » moins l’œil toujours ouvert de la Justice, cet œil, juge et » vengeur éternel, veilla attentivement. En effet, les suprêmes » malédictions des victimes émurent de leurs justes plaintes » la divinité éternelle; elles allumèrent les torches de Bel- » lone, pour la confirmation de l'oracle qui avait prédit » qu'aucun de ces crimes ne serait commis impunément » (2). La tristesse d'Ammien en présence des calamités publiques

est quelquefois bavarde et pédante. Elle est certes moins

(1) Amm., 29, 2, 4: Universos invaserat terror. Namque, ut pressius loquar, omnes ea tempestate velut in Cimmeriis tenebris reptabamus, paria convivis Siculi Dionysii pavitantes, qui, cum epulis omni tristioribus fame saginarentur, ex summis domorum laqueariis, in quibus discumbebant, setis nexos equinis et occipitiis incumbentes gladios perhorrebant.

(2) Id., 29, 2, 20: Post commissa iniquitatibus variis ante dicta, et impressas faede corporibus liberis, quae supervixerant, notas, inconnivens Justitiae oculus arbiter et vindex perpetuus rerum vigilavit attente. Namque caesorum ultimae dirae, perpetuum numen ratione querelarum justissima commoventes, Bellonae accenderant faces, ut fides oraculi firmaretur quod nihil impune praedixerat perpetrari. — Il s’agit d'un oracle qui annonçait la mort violente de Valens.

discrète et moins pénétrante que celle de Tacite. Elle a pourtant, malgré l’enflure de son expression, dans les deux chapitres que nous venons d'étudier, des accents énergiques et sincères. D'ailleurs, un Maximinus, un Héliodore et un Valens n’arrivaient pas à la taille d’un Tigellin, d’un Narcisse et d’un Néron. |

C'est en moraliste surtout qu'Ammien jugeait les empereurs ; c’est en moraliste aussi, nous venons de le voir, qu’il apprécie le personnel de l'administration impériale. Toute sa politique consiste en définitive à demander que les souverains fassent un choix de fonctionnaires intègres, justes, exempts de cruauté. J1 voudrait par-dessus tout que les fonctions judiciaires, dont son esprit droit se fait une si haute idée, ne fussent confiées qu’à des hommes d’une sagesse et d’une honnêteté éprouvées, tant c'est une chose grave et qui demande de la prudence « que de » prononcer une sentence d’où dépend la vie d’un homme, qui » est une partie du grand tout, et qui complète la série des » êtres animés, de pita et spirilu hominis, qui pars mundi est » et animantium numerum complet, laturum sentenliam diu

» multumque cunctari oportere » (x).

Page 1