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LA LANGUE ET LE STYLE ar1
langue apprise, artificielle. compliquée, quelquelois bizarre, est
au moins la langue d'un écrivain de bonne volonté, soucieux de se mettre à bonne école. Si, en dépit qu'il en ait eu, son latin reste si éloigné de la perfection classique, acceplons de bon gré les denx excuses qu’il nous donne, et ‘appelons-nous,
en le lisant, qu'il fut (un Grec et un soldat ).
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LA LANGUR KE LE APYLR ui)
1, $, s1 Omni aetas concurrebat et dignitas (c'était un concours de tous les Ages, de toutes les dignités): de même Jo, 3, 14 Jugulate «@etate promiseua (on tua pêle-mêle den gens de tout âge). Omnis aetas se rencontre dans Tite-Live, Treïte, Suétone: c'est l'expression aelas promisena qui nou parait surtout intéressante et hardie,
Avee les mots res, dignitates, henores, Aimmien compose den loeutions abstraites employées dans le sens concret, analogues aux précédentes et Us éloignées de l'usage classique ; 29, 9, 23, rerum apices signifie des personnages d'un rang élevé ; Jo, $S, 10, dignütatum apices maxi offre le même sens, un peu plus fort; de mème 13, 3, 3, honorum vertices, — Comparez 1S, ©, à, cinilatum ordires (les magistrats des cités); 3x, 8, 8, adulte virginitas castitasque nuptarum ore abjeeto flens ultima ducebatur (au dernier rang marchaient les vierges adultes et les ehastes épouses, la tête basse et pleurant); et encore 15, 7. 3. ab omni toga apparilioneque rogabatur (praefeetus) ; toga et apparitie désignent iei les personnages importants et les appariteurs qui accompagnaient le préfet de la ville.
Antiquitates (les livres où monuments de l'antiquité): 29, &. 6, quum scriptum sit antiquitatibus.
Caritates (les personnes chères) : 29, 8, 42, eisque... caritates plaustris ümpositae sunt: 18, 5, a (profectus) cum conjuge, liberis et omni vinculo caritatum. Dans cette dernière phrase, l'ensemble de l'expression est plus remarquable encore que l'emploi de caritatum.
Commilitium : 15. 8, 4, adrocato omni quod aderat eommilitio (ayant appelé tous ses compagnons d'armes qui étaient présents).
Geographia (les géographes): 22, 8, 10, geographiae totius adsensione.
Ministerium : 14. 6, 17, atratum coquinae ministerium (la
gent barbouillée du service de la cuisine). De même (ibid.) Textrinum omne (tous les esclaves tisserands).
Mortalitas (les hommes) : 14, 11, 26, mortalitatis fastus (l’orgueil des hommes).
Speculationes est employé dans le sens de speculatores : 14, 2, 15, praedocti speculationibus fidis (avertis par des espions sûrs).
Universitas (l'univers): 15, 1, 14, magnitudo universitatis.
Vicinitas, qui, au singulier, dans le sens de « les gens du voisinage », est classique, se trouve dans Ammien au pluriel avec le sens de regiones vicinae : 16, 8, 11, materia (prétexte) per vicinitates eorum late grassandi.
Ammien Marcellin remplace volontiers un adjectif par un substantif abstrait. Il dira, par exemple : 16, 7, 10, vexatam asperitate morborum pour asperis morbis. Comparez 14, 8, 14, Cyprus abundat fertilitate omnium rerum; 16, 11, 9, opimitate praedarum onustli; 18, 5, 2 (profectus) cum omni penatum dulcedine, c’est-à-dire ( avec tout ce qu’il avait de cher dans sa maison »; 15, 4, 4, Rhenus..….. undarum quietem permeans ; 14, 11, 20, Jurandi crebritate confirmans (affirmant par des serments répétés); 14, 5, 2, injecto onere catenarum, etc., etc.
Voici encore quelques substantifs abstraits dont l'emploi nous paraît mériter d’être signalé
Falsitas : 15, 5, 12, longe alia quam dictarat Silvanus, ex libidine consarcinatae falsitatis adscripta (on avait, par des mensonges cousus à plaisir, altéré grandement le texte de la lettre de Silvanus.)
Potestates (les hautes charges) : 18, 6, 22, duces eminentes aucloritate et potestatibus ; 30, 9, 3, scrupulosus in deferendis potestatibus celsis.
Pulchritudo Jsocratis, 30, 8, 6 (le beau talent d'Isocrate). Cf. 30, 4, 3, amplitudo Platonis.
Quantitas (quantité) : 14, 5, 4, accedebant... iracundae
suspicionum quantitati.... (à la quantité de soupçons qu'il
atèié |
concevait dans sa colère s’ajoutaient...) L’accouplement insolite des mots iracunda quantitas témoigne d’une singulière recherche de style, encore attestée par des expressions comme les suivantes : 14, 5, 1, exsulari maerore multavit ; 14, 5, 3, insulari solitudine damnabatur, et beaucoup d’autres du même genre (1).
Virtutes : 26, 2, 6, exulto... moderamina orbis romani mihi vestras detulisse virtutes (je suis fier de ce que vos courages ont mis entre mes mains la conduite du monde romain). Virtutes est employé ici à peu près de la même façon que les appellations honorifiques usitées à la cour impériale au
IVe siècle, Aeternitas tua, Majestas tua, Eminentia tua, etc.
2° Modification du sens de certains mots.
Le sens des mots dans Ammien n’est pas toujours conforme à l'usage classique. On s’en rendra compte par les quelques exemples que nous allons donner.
Absolvere : 16, 11, 6, barbari innoxit absoluti sunt (on laissa les barbares s'échapper sans dommage). Le sens de absolvere dans cette phrase se rapproche du sens étymologique délivrer, délier, admis plusieurs fois par Ammien, ainsi que par quelques écrivains dont la latinité n’est pas très pure, comme Apulée, Pline l'Ancien, Martial (cf. le dictionnaire de Forcellini). Ex. d’Ammien : 29, 3, 3, adultus quidam... spartanum canem relinere dispositus, ante praedictum tempus absolvit.
Adulabilis avec le sens actif : 14, 11, 11, sermo adulabilis
(un discours flatteur) ; 31, 12, 9, adulabilis sententia. Les
‘adjectifs verbaux en — bilis sont très nombreux chez Ammien,
comme chez saint Jérôme et en général chez les auteurs ecclé-
siastiques du IV: et du V: siècle (2). Il leur donne souvent une
signification active.
(1) Cf. Hassenstein, loc. cit., p. 21.
(2) Cf. Goœlzer, loc. cil., p. 138.
Anbhelare : 26, 6, 1, velut imperatoris cognatus, altius anhelabat (en sa qualité de parent de l’empereur, il avait de hautes aspirations). Cet emploi singulier de anhelare, d'une langue si peu naturelle, n’est pas rare dans Ammien.
Aventer remplace avide, dont il a le sens : 18, 5, 6, aventer suscipitur (il est: reçu avec empressement), et d’autres phrases analogues, 19, 9,7; 29, 2, 10, etc.
Bellator est devenu absolument synonyme de miles, qui sans doute paraissait à Ammien trop simple et trop peu ronflant: 16, 12, 37, peritissimi bellatores.
Captus. Par analogie avec une expression très classique : ut est captus servorum, hominum (selon la manière d'être des esclaves, des hommes), Ammien a composé une expression originale, dont il use très volontiers : 16, 10, 1, pro captu temporum (étant données les circonstances) et très souvent.
Circumspecte vestili, 27, 3, 14 (vêtus magnifiquement, de façon à attirer les regards). On trouve 14, 6, 6, circumspectus employé dans le même sens: populi romani nomen circumspectum et verecundum (le nom admiré et vénérable du peuple romain). Circumspectus a ici la signification du grec mept6hentos. Dans une note à propos de cette dernière phrase, Adrien Valois s'exprime ainsi : ( Hic aperte graecissat Marcellinus; est enim graece 7ù reot6kemrov üvoua xoù aidécumoy ». Il est naturel que l’on rencontre des grécismes chez Ammien, qui était d'origine grecque. C'est également en rapprochant le latin du grec que l'on s'explique une expression comme la suivante : 16, 1, 2, res magnae quas per Gallias virtute Jelicitateque correxit (Julianus). Corrigere correspond ici au verbe grec xarocboëv, dont le sens est ( mener une chose à bonne fin » ; Ammien a donc donné au mot latin le sens d’un mot grec de forme analogue, ce qui prouve qu'en écrivant
en latin il pensait quelquefois en grec.
Citerior vita (la vie intime) : 16, 10, 11 et assez fréquemment. Cet emploi de citerior semble être particulier à Ammien.
Diuturnus : 16, 2, 2, velut dux diuturnus viribus eminens et consilüs, c'est-à-dire comme un chef rompu à son métier. Ammien explique lui-même cette acception : 30, 7, 11, usu castrensis negotii diuturno firmatus.
Erga. Ammien se sert de cette préposition très souvent et très librement avec les sens fort peu classiques de à propos de, à l'égard de, quand il s'agissait de: 31, 14, 2, erga deferendas potestates nimium tardus (très circonspect quand il s'agissait de conférer les charges); 14, x, 8, adulescebat autem obstinatum propositum erga haec et similia scrutanda (son obstination à s’enquérir des faits de cette nature grandissait).
Latera (les quartiers d’une ville) : 14, 1, 6, per Antiochiae latera cuncta; 14, 9, 16, per latera civitatis cuncta discurrunt.
Laxare : 27,9, 7, cum eis nec quiescendi nec inveniendi ad sictum utilia copia laxaretur (comme on ne leur laissait la possibilité ni de se reposer ni de trouver des vivres) ; 16, 12, 19, cum nullae laxarentur induciae (sans laisser aucun répit). Comme on le voit, ce verbe a perdu son sens propre pour - prendre ici la signification très affaiblie de laisser. Cet emploi très intéressant est l’indice de la transformation qui menait le latin aux langues romanes.
Miles. Voici deux exemples très hardis de l'emploi de miles avec le sens collectif : 16, 11, 14, militis pars (une partie des soldats) ; 19, 11, 2, coacta andique multitudine militis ad bella promptissimi (une multitude de soldats.)
Mundus (le monde, les hommes), comme chez les écrivains chrétiens : 14, 8, 8, Antiochia mundo cognita civitas.
Ordinare se rencontre dans Ammien avec le sens de
ordonner, donner l’ordre de : 17, 2, 3, lusoriis navibus discur-
rere flumen ultro ciroque milites ordinavit (il ordonna aux soldats, etc.)
Pervius signifie ordinairement ( par où il est possible de passer ». Ammien dit : 34, 11, 13, civilates perviae (les villes qui se trouvaient sur la route, que l’on devait traverser).
Pulsare est synonyme de laedere dans l'expression suivante : 14, 7, 7, pulsatae majestatis imperii reus (accusé de lèsemajesté).
Sperare a souvent, dans Ammien, le sens de attendre : 16, 12, 24, ubi ardor praelü sperabatur ‘immanis ; 14, A ÈSS inedia.... quae per multas difficilesque causas jam adfore sperabatur, etc... Ce sens, qui correspond à un des sens du verbe grec ëkr{eiv, n’est, à l’époque classique, qu’une exception assez rare.
Ammien reprend à l’ancienne langue latine certaines acceptions qu'avaient abandonnées les écrivains classiques. Par exemple, impetrabilis. employé plusieurs fois dans le sens de actif, énergique, capable de réussir : 14, 8, 5, efficaciae impetrabilis rex; 15, 8, 21 (Julianum), optatum quidem et impetrabilem; 31, 11, 5, dux impetrabilis. Ce sens se retrouve dans Plaute. Forcellini en donne plusieurs exemples.
On peut en dire autant de nimius et nimium, employés dans le sens de grand et grandement, qui sont d'un usage
constant chez Ammien.
3° Expressions figurées et poétiques.
Ammien Marcellin ne fait guère de distinction entre la langue de la poésie et la langue de la prose. Son livre fourmille d'expressions que l’on est accoutumé à rencontrer chez les poètes plutôt que chez les historiens. Par exemple
15, 12, I, niveae ulnae, des bras blancs; 16, 12, 15, sidere
urente brumali, pendant l'hiver; 98, 4, 31, nondum solis puro Jubare; 15, 5, 31, solis ortu jam rutilo ; 30, 7, 7, adolescentem in primo flore genarum; 14, 8, 3, cespite punico tecti manes; 96, 8, 11, hoc Marte Cyzico reserata (la ville de Cyzique ayant été ouverte par cette ruse de guerre); 16, 12, 61, cineribus Galliarum insultans, etc.
Voulant signifier «( des tragédies terribles », Ammien se sert de cette périphrase, qui serait, du reste, aussi bizarre en poésie qu'en prose : cothurni terribilis fabulae 28, 6, 99. Il emploie l’abverbe cothurnate (d'une façon tragique) : 28, r, 4, cum cothurnatius stilus procederet lacrimosus (comme le ton plaintif de la tragédie s'élevait davantage). Sa manière ampoulée s’accommode de ce mot cothurnus, qu'il répète à plusieurs reprises : 20, 1,2, Lupicinum... bellicosum sane, sed supercilia erigentem ut cornua, et de tragico, quod aiunt, cothurno strepentem ; 21, 16, 1, imperaloriae auctoritatis cothurnum ubique custodiens (gardant partout la majesté de l'autorité impériale) ; 27, 11, 2, Probus videbatur, cum sibi fideret, de cothurno strepere tragico, et, ubi paveret, omni humilior socco.
Des constructions poétiques comme sétrepens immania, 16, 6, r, comme durare avec l’accusatif, dans le sens de supporter, 16, 11, 13, ne sonitum quidem duraturus armorum, ne sont pas rares dans Ammien.
Nombre de phrases indiquent chez l'auteur une tendance au style poétique : |
14, 1, 10, pelut contumaciae quoddam vexillum allius erigens 16, 8, 11, inflabant has malorum civilium buccinas potentes, (les puissants sonnaient de toute leur force la trompette des malheurs civils).
20, 4, 1 (fama), magnorum ejus laborum factorumque vehens adoreas celsas (la renommée répandant la gloire sublime de ses grands travaux et de ses hauts faits).
26, 10, 10, Catonianae vel Cassianae sententiae fuco perliti
Jjudices (des juges se couvrant du masque de la sévérité des Caton et des Cassius). Cette phrase est d’une langue tout à fait bizarre et maladroite. :
28, 1, 1: saeviens per Urbem Æternam urebat cuncta Bellona ; 29, 2, 14, ut videretur aures occlusisse ceris quasi scopulos Sirenios transgressurus (on aurait dit qu'il avait bouché ses oreilles avec de la cire comme pour passer devant les rochers des Sirènes).
Ammien, pour désigner les rives d’un fleuve, dit volontiers. superciliaflueit (cf: 1418}; 9544) n8 men 6 tre ro etc.), expression imitée du grec, ogoùs tToù morauoÿ, et rare dans la prose latine. Il semble d’ailleurs avoir eu une véritable prédilection pour le mot supercilium. IL l'emploie à plusieurs reprises d’une façon très singulière : 16, 10, 12 (Constantius) elatus in arduum supercilium « (Constance) élevé au pouvoir suprème » ; de même 29, 2, 12, ad ardua imperü supercilia. Voulant parler d'un homme à l'attitude hautaine, il dira : ardua sübrigit supercilia : 16, 12, 4, princeps audendi periculosa rex Chnodomarius ardua subrigens supercilia. Je ne pas parle pas des phrases où supercilium est employé avec une épithète comme grave, triste, dans le sens de front sévère, sévérité, ce sens, d’ailleurs poétique, étant très classique.
Lorsqu'un écrivain se plaît à s'exprimer en style imagé, il doit prendre garde à ce que ses images ne soient pas incohérentes. Notre historien n'est pas toujours, à cet égard, très attentif. Je relève, par exemple, cette expression : 14, 10, 9, sententiarum via concinens. On dirait très bien sententiae concinentes, tandis que la tournure employée par Ammien est d'une langue impropre.
Qu'on lise les trois citations suivantes, et l’on saura jusqu’à quel point Ammien peut perdre le sens délicat de la simplicité
et de la justesse dans la langue
14; 1, 1, Fortunae saevientis procellae tempestates alias rebus infudere communibus (les ouragans de la fortune introduisirent d’autres bouleversements dans l'État). |
14, 11, 3, Spadones per arcanos susurros nutrimenta criminibus subserentes (les eunuques fournissant, par de secrètes insinuations, de nouveaux aliments à des accusations fictives).
31, 1, 1, interea et Fortunae volucris rota.... Bellonam, Furiis in socielatem adscitis, armabat (la roue ailée de la Fortune armait Bellone avec l’aide des Furies).
Peut-on rien imaginer de plus étrangement malhabile que cette dernière phrase? Et que penser de procellae infudere tempestates, et de subserentes nutrimenta per arcanos susurros ?
Cependant, si nous notons le mal, nous devons signaler le bien. Les expressions figurées heureuses, brillantes, ne sont pas rares chez Ammien. Par exemple, une métaphore hardie nous - peint avec bonheur la méchanceté agressive des hommes d’affaires sans foi ni loi, toujours prêts à « dégainer leur rouerie comme un poignard », sicam ingeniü destringentes, 30, 4, 9. Aüïlleurs, les amis de l’opulent sénateur Probus, désireux de tirer profit de son crédit, « le plongeaient malgré lui dans les affaires publiques », dit Ammien, mergebant in rempublicam, 27, 11, 3. L'image prête ici à l’idée une grande force.
Mais nous aurons à revenir sur ces qualités du style
d’Ammien dans le prochain chapitre.
4° Quelques remarques sur la syntaxe
Dans son ensemble, la syntaxe d’Ammien Marcellin n’est pas aussi barbare qu’on pourrait se le figurer. Sans doute, si on la compare à la syntaxe de (Cicéron ou de César, elle paraîtra très incorrecte. Mais ne peut-on pas en dire presque autant de la syntaxe de Tacite? Justement, un certain nombre
des incorrections d’Ammien viennent de l’usage moins discret
et plus étendu qu'il fait des irrégularités déjà introduites dans la langue par le grand historien du I‘ siècle. Ajoutez à cela une certaine quantité de tours empruntés au grec et à la langue populaire, quelques bizarreries spéciales, et vous aurez une syntaxe de décadence assez semblable à celle de saint Jérôme, par exemple, mais qui, dans ses grandes lignes, demeure encore fidèle au génie de la langue latine.
Ceci dit, nous allons relever et mettre en ordre quelquesunes des irrégularités qui contribuent à donner à la syntaxe
d'Ammien une physionomie particulière.