CHAPITRE II
Le caractère d’Ammien Marcellin
Si Ammien n'a pas été un des hommes les plus honnêtes : de son siècle, son livre est bien trompeur. Point de vertu que ce livre n’exalte, non pas sous une forme directèé, comme ferait un manuel de morale, mais d’une manière détournée, en flagellant les vices de la société romaine au IVe siècle. Donnons une idée du procédé d’Ammien, qui nous renseignera en même temps sur son caractère.
En face de ses contemporains et de leurs vices, Ammien prend l'attitude d’un moraliste indigné. Les nobles sentiments, amour de la famille, amour de la patrie, amour de la justice, lui paraissent s’en aller à la dérive. Il fait effort de toute son âme pour arrêter le courant. Peignant les mœurs des habitants de Rome, que constate-t-il ? Partout le triomphe du faux orgueil, du luxe criard et de la paresse. Les Romains les mieux nés montrent un goût scandaleux pour les danseuses, même pour les prostituées. ( Tournez les yeux où vous voudrez, » s’écrie-t-il, vous verrez (et en quelle quantité !) des femmes » aux cheveux bouclés qui, si elles avaient été mariées, pour- » raient être déjà mères de trois enfants ; elles usent les dalles » à se trémousser jusqu'à la satiété en leurs rapides évolutions, » afin d'exprimer les innombrables figures inventées pour la
» scène » (1). Ne croirait-on pas entendre gronder le brutal
(1) Amm., 14, 6, 20.
bon sens de Caton le Censeur ? A quel degré de légèreté et de bassesse n'était pas descendue une population qui permettait qu’à une époque de famine on chassät de Rome les étrangers, les philosophes, tandis qu'on n’inquiétait même pas trois mille danseuses avec les chœurs, et autant de maïtres de danse (1) ? Entrent-ils au bain, ces nobles Romains, « si on leur annonce » qu'une courlisane inconnue vient d'apparaître, une ancienne » prostituée de petite ville, une vieille débauchée au corps » vénal, ils courent à l’envi, et ils n’ont pas honte d’accabler » l’étrangère de flatieries caressantes, et de l’exalter comme » les Parthes feraient Sémiramis, les Égyptiens Cléopâtre, les » Cariens Artémise, les Palmyréens Zénobie. Ils osent se » conduire ainsi, eux dont les ancêtres virent un sénateur » frappé du blâme censorial pour s'être permis, ce qui alors » était inconvenant, d’embrasser sa femme en présence de sa » fille » (2).
Noblesse oblige! crie Ammien à ces Romains dégénérés,. Vous ne voyez donc pas où vous êtes nés (3) ? N’est-il pas honteux que l'historien, quand ïil raconte ce qui se passe à Rome, n'ait à parler que d’émeutes, de tavernes, de vilenies (4) ? Ah! qu'il voudrait, lui, être un enfant de cette glorieuse cité ! Comme il en serait fier! Le grand souvenir de la Rome des ancêtres plane sur son livre. Dès qu'il se prend à réfléchir sur ce que Rome est devenue de son temps, son imagination aime à se détourner de la réalité qui la blesse et l'attriste, pour se représenter la « Ville Éternelle » de la République et des premiers empereurs, et chercher dans cette vision une sorte de réconfort. Ce Grec a l’âme toute romaine. Sans doute il a
puisé ces sentiments dans son éducation, et aussi dans les
(1) Amm., 44, 6, 19.
(3) Id., 44, 6, 7: Ubi nati sunt non reputantium.
(4) Id., 44, 6,2: Cum oratio ad ea deflexerit quaejRomae gererentur, nihil praeter seditiones narrotur et tabernas et vilitates.
4o AMMIEN MARCELLIN
voyages qui ont offert à son admiration le prestigieux spectacle d'un empire encore si fort malgré la décadence. Aussi est-ce avec une sorte de tendresse qu’il parle de cette ville d’où tant de gloire est sortie, maintenant délaissée par des empereurs qui s'y sentiraient mal à l'aise, tant ils sont éloignés de ressembler aux Romains d'autrefois. « Cette ville vénérable, » écrit-il, après avoir écrasé la tête hautaine de nations féroces, » après avoir porté des lois qui sont pour toujours le fonde- » ment et le frein de la liberté, à l'exemple d’une mère honnête, » sage et riche, a confié aux Césars comme à ses enfants son « patrimoine à gouverner » (1).
Volontiers je me figure qu'Ammien a été obsédé depuis son adolescence par le désir de voir et de connaître Rome. Conçoit-on l'attrait que devait exercer sur les jeunes imaginations cette cité, cœur du monde, toujours maîtresse, toujours reine (2) ? Il vint, le cœur ému, à ce foyer de l’empire et de toutes les vertus, imperü pirtutumque omnium larem (3). Il admira la splendeur majestueuse et hautaine des monuments qui décoraient les sept collines, « le temple de Jupiter Tarpéien, dominant » tout le reste comme le ciel domine la terre ; des bains grands » comme des provinces; la puissante masse de l'amphithéâtre, » bâti en pierre de Tibur, dont l’œil peut à peine atteindre » le sommet; le Panthéon, tout un monde, avec la rondeur de » sa coupole si étrangement haute; des colonnes élevées portant » sur leur plate-forme, où des here donnent accès, les » statues des consuls et des premiers empereurs ; le temple de
» Rome; le forum de la Paix; le théâtre de Pompée; l'Odéon;
(1) Amm., 14, 6, 5 : Ideo urbs venerabilis, post superbas efferatarum gentium cervices oppressas, latasque leges, fundamenta libertatis et retinacula sempiterna, velut frugi parens et prudens et dives, Caesaribus tanquam liberis suis regenda patrimonii jura permisit.
(2) 14., 14,6, 6: Per omnes quotquot sunt partes terrarum ut domina suscipitur et regina.
(3) Id., 46, 40, 43.
LE CARACTÈRE D’AMMIEN MARCELLIN 4x
» le Stade, et tous les autres ornements de la Ville Éter- » nelle » (x).
Mais lorsque, détournant le regard des monuments, il jeta les yeux sur les habitants de ce séjour auguste entre tous, augustissima omnium sedes (2), lorsqu'il vit à quelle population indigne (3) était désormais confiée la garde de ces gloires, son âme s'attrista. Il fut frappé de la disproportion qui existait entre le cadre et le tableau, et par une réaction toute naturelle, ‘il se rejeta vers les exemples consolants des anciens. Voilà pourquoi sans doute l’histoire d’Ammien trahit un effort constant de l’auteur pour s’arracher à son siècle. Voilà pourquoi il y est si souvent question des vertus antiques, et des hommes qui les pratiquèrent, les Publicola, les Fabricius, les Scipion.
La légende et l’histoire de l’ancienne Rome vertueuse soutiennent et nourrissent le livre d’Ammien. Est-il téméraire d'en conclure que cette légende et cette histoire furent aussi les soutiens de sa vie morale ? Il n’écrit pas seulement avec son imagination : on sent que le cœur est touché. I1 y a une façon profonde, naïve, gauche même un peu, de louer les vertus des autres, qui montre qu'on les admire sincèrement et qu'on s'efforce de les pratiquer, et cette façon-là est celle d’Ammien.
Parmi les qualités bien romaines qu'Ammien possédait, une
des premières est le souci de la tenue, le culte de la dignité
(4) Amm., 16, 10, 1% : Jovis Tarpei delubra, quantum terrenis divina praecellunt : lavacra in modum provinciarum exstructa : amphitheatri molem solidatam lapidis Tiburtini compage, ad cujus sûmmitatem aëegre visio humana conscendit : Pantheum velut regionem teretem speciosa celsitudine fornicatam : elatosque vertices scansili suggestu consulum et priorum principum imitamenta portantes, et Urbis templum, forumque Pacis et Pompei theatrum et Odeum et Stadium aliaque inter haec decora Urbis aeternae.
(2) Id., 46, 10, 20, cf. 27, 3, 3: Urbs sacratissima.
(3) 1 y a, bien entendu, des exceptions sur lesquelles nous aurons plus tard à revenir. Il ne s’agit ici que d'indiquer l'impression générale ressentie par Ammien.
personnelle. Un des reproches les plus vifs qu'il adresse à Julien est d'oublier trop facilement à combien de gravité l'oblige son rang de souverain. Ce n’est pas une marque de simplicité de la part d’un empereur que de suivre à pied le cortège des consuls, le jour de leur inauguration (1), ni, lorsqu'il rend solennellement la justice, de s’interrompre pour sauter au cou d’un philosophe (2). Dans l'esprit d'Ammien, ce n'est que de l'affectation déplacée.
Julien, qui n’est pas Romain, ne fait pas, comme Ammien, un effort pour le devenir. Il garde dans son caractère des traces de ce que l'historien appelle la légèreté asiatique (3) ; il tombait quelquefois, de son propre aveu, dans d'assez graves excès, par l'effet d’une sensibilité trop vive (4). Cette sensibilité toujours en éveil, si facile à blesser, est aussi le principal défaut de Libanius, le compatriote d’Ammien, ce rhéteur au tempérament inquiet, qui promena sa vanité souffrante et exaltée à Athènes, à Constantinople, à Nicomédie, jusqu’au jour où il vint l’étaler pendant quarante années dans Antioche, sa ville natale (5).
Ammien est beaucoup plus pondéré. Non, vraiment, s’il ne nous avait pas avertis, jamais nous ne l’aurions pris pour un Grec d'Asie. Les anciens Romains, ses modèles, l’auraient considéré sans peine comme un des plus dignes parmi leurs fils. Soldat, il a de la bravoure et du sang-froid. Malgré la
modestie très simple avec laquelle il parle de lui-même, on se
(1) C’est ce que fit Julien au 1° janvier 362. Les consuls étaient Mamertin et Nevitta : humilior princeps visus est, in officio pedibus gradiendo. cum honoratis, quod laudabant alii, quidam ut adfectatum et vile carpebant, D; Ds
(2) Amm., 22, 7, 3 : Cum die quodam ei causas spectanti venisse nuntiatus esset ex Asia philosophus Maximus, exsiluit indecore, et, qui esset oblitus, effuso cursu a vestibulo longe progressus exosculatum
(3) Id., 16, 7, 6 (Julianum) asiaticis coalitum moribus, ideoque levem.
(4) Id., 22, 10, 3 : Levitatem agnoscens commotioris ingenii.
(5) Voir Petit: Vie de Libanius. Thèse de doctorat, Paris, 1866.
rend compte, à la lecture de son récit, que sa conduite pendant la campagne de Perse, en 359, lui fit le plus grand honneur. IL n’a d’ailleurs pas les allures d’un soldat emporté et brutal. Bien loin de ressembler à ces officiers farouches, intraitables, si nombreux dans l’armée romaine à une époque où les barbares fournissaient à cette armée un contingent considérable, il déteste au contraire la suflisance et l’orgueil soldatesques, et il reproche sévèrement à Valentinien d’avoir, par sa complaisance, donné un libre essor à l’arrogance militaire (1). |
Ammien, comprenant que le fondement même de l'esprit militaire est la discipline, en déplore l’affaiblissement « A ces » hontes s'ajouta (sous Constance) la licence introduite dans la » discipline militaire. En fait de chants de guerre, le soldat » apprenait de molles cantilènes. En campagne, il ne se con- » tentait plus, comme autrefois, de coucher sur la pierre ; il » lui fallait de la plume, des lits pliants, des coupes à boire » plus lourdes que son glaive ; il avait honte désormais de » boire dans une écuelle de terre; il recherchait les palais de » marbre ; et on lit dans l'histoire ancienne qu'un soldat » spartiate fut sévèrement puni pour.avoir, en campagne, été » vu sous un toit! À la même époque, le soldat devint insolent » et pillard en pays ami, lâche, au contraire, et mou devant » l'ennemi » (2). Les contingents barbares, les Gaulois surtout donnaient le mauvais exemple. On a vu qu’au siège d’Amida les légions gauloises refusèrent d’obéir à leurs tribuns (3). Lors du séjour de Julien à Antioche, les Celtes et” les Pétulants,
soldats d'élite pourtant, gorgés de nourriture et de vin, trou-
(4) Amm.., 27, 9,4. .….hunc imperatorem omnium primum in majus militares fastus ad damna rerum auxisse communium. Cf. 30, 7, 10: Voraces militarium fastus ferre nequiens Firmus...
(3) Cf. ci-dessus page 31.
vaient plaisant de se faire porter à leurs quartiers sur les épaules des passants (1). |
Ammien fut le soldat le plus discipliné, le plus soumis à l'autorité de son chef Ursicinus.
Si nous sommes assez bien renseignés sur ses qualités militaires (2), nous connaissons moins ses vertus civiles. Cependant, un mot, qui revient souvent sous sa plume, nous paraît les contenir toutes : ce mot est l'adjectif sobrius (3). La vie présente n’est pas sobre, dit Ammien, «in hac vita nostra nec parca nec sobria » (4); les nobles Romains n'aiment point les hommes érudits et sobres, « homines enim eruditos et sobrios ut infaustos el inutiles vitant » (5). La sobriété au contraire était autrefois une vertu romaine, (petus illa romana virtus et sobria » (6). Ammien appelle l'antiquité antiquitas sobria (7). Dans ces différents passages, le sens ordinaire de sobrius est dépassé. Il comprend ici un ensemble de qualités solides et fortes: tempérance, courage, maîtrise de soi-même, résistance, qui s'opposent aux excès, aux folies, au laisser-aller que l'historien reproche à ses contemporains. Le pir sobrius n'est pas un héros, mais c’est un homme au tempérament sain et énergique, à la volonté ferme, au caractère sage et droit, en un mot l'idéal du citoyen de la république romaine, idéal qu'Ammien, nous devons le croire, s’efforçca de réaliser en lui-même.
Peu nous importe d’ailleurs de savoir exactement dans
quelle mesure Ammien possède telle ou telle vertu. Il est plus
(2) Voir le chapitre précédent.
(3) Cf. dans l'ouvrage de M. Gimazane (p. 85 sqq.) le développement intitulé : « L'homme sobre au IV: siècle », développement qui a été inspiré à l’auteur par une note d’H. Valois sur un passage d’Ammien, 15, 4, 3.
(4) Amm., 22, 16, 18.
(GMA MAN UE (6) Id., 15, 4, 3.
(7) Id., 31, 10, 6.
intéressant pour nous de démèêler le principe auquel il demande sa règle de conduite. Or la lecture de son livre ne laisse aucun doute à cet égard. Il a essayé de vivre comme un de ces vrais Romains qui aimaient par-dessus tout leur patrie, et s’efforçcaient de contribuer par toutes leurs actions à sa prospérité et à sa gloire. Ammien achève de nous renseigner par la citation qu'il fait d’une pensée du poète Simonide : « Ut enim Simonides lyricus docet, beate perfecta ratione victuro ante alia patriam convenit esse gloriosam » (x). Point de parfait bonheur pour l’homme dont la patrie n’est pas glorieuse. Telle est l’idée fondamentale qui nous paraît avoir dominé sa vie. La gloire de Rome était nécessaire au bonheur d'Ammien. De là sa tristesse à constater les défaillances de la société romaine. De là son mépris pour Constance qui n'a vaincu que des Romains (2); de là en partie son admiration pour Julien, vainqueur de tant de Barbares. N’avions-nous point raison de prétendre tout à l'heure qu'Ammien avait l’âme d’un bon citoyen ?
Ajoutons, pour être complet, que l'honnêteté d’Ammien n’est pas indifférente et passive, mais au contraire ardente et passionnée. Ses aspirations au bien, ses appels à l'équité, ses indignations véhémentes contre la cruauté et l'injustice, ont un caractère de sincérité enthousiaste, par où l’on constate qu'il écrit vraiment avec son âme (3). Il ressent jusqu'aux moelles avec les gens de bien les malheurs de l'empire et les hontes de la défaite (4). Il s’emporte jusqu’à la violence et jusqu’à la
haine, lorsqu'il maudit des hommes comme le notaire Paulus,
(1) Amm., 14. 6, 7.
(2) ., 21, 46, 45: Ut autem in externis bellis hic princeps fuit saucius et afflictus, ita prospere succedentibus pugnis civilibus tumidus et intestinis ulceribus rei publicae sanie perfusus horrenda.
(3) Id., 29, 3, 9: Horrescit animus omnia recensere. — 30, 1, 22: Ingemiscat, si quis vita digressis est dolor, hujus adrogantiam facti Fabricius ille Luscinus.— 29, 2, 18: O praeclara informatio doctrinarum, munere caelesti indulta felicibus, quae vel vitiosas naturas saepe excoluisti! Quanta in illa caligine temporum correxisses, etc...
(4) Id., 25, 9, 8: Illud tamen ad medullas usque bonorum pervenit...
Ë . 2 , comme le chambellan Eusebius, comme le préfet de l'annone Maximinus, et tant d’autres ministres des injustices et des cruautés impériales (1). Préservé par son éducation militaire de l'aflinement excessif qui peut amollir la volonté du bien, et conduire à une indulgence ironique ou lassée pour le mal, il conserve la fermeté d’un juge sévère en présence de la mollesse et des vices de ses. contemporains.
Ammien a tracé quelque part le portrait d'un homme pour lequel il sent de l'affection et de l'estime, Eutherius, chambellan et conseiller intime de Julien. Nous ne pouvons nous empêcher d'en appliquer les principaux traits à l'historien. Qu'on en juge plutôt : « Eutherius, appelé au palais, s’y montra toujours » sobre et ferme entre tous. Il y cultiva la fidélité et la » modération, ces deux belles vertus, au point qu'il ne trahit » jamais un secret, sinon dans l'intérêt du salut d'autrui, et » qu'on ne peut l’accuser, comme tous les autres, d’avoir été » dévoré par la passion de s'enrichir. Voilà pourquoi, désormais » retiré à Rome où il a fixé son domicile, il y vieillit, portant » partout avec lui sa conscience, fidèle compagne, respecté et » aimé des citoyens de toutes les classes » (2). N'est-ce point sous cet aspect qu'il faut nous représenter Ammien, retiré lui aussi à Rome au déclin de son existence, en ajoutant, si l'on veut, à sa physionomie, pour la compléter, un air de morosité bien compréhensible chez l'historien qui a étudié ses contemporains, et réfléchi sur les misères de son siècle ?
(1) Amm., 22, 3, 11 : Paulum notarium, cum multorum gemitu nominandum.— 22, 3, 12: Eusebium... alte spirantem et dirum... quem ab ima sorte ad usque jubendum imperatori (Constantio) paene elatum, ideoque intolerabilem, — 28, 1, 10: Maximinus effudit genuinam ferociam pectori erudo adfixam, ut saepe faciunt amphitheatrales ferae, diffractis tandem solutae posticis.
(2) 1d., 16, 7. 6 et 7: ...adscitusque postea in palatium semper sobrius et in primis consistens ita fidem continentiamque virtutes coluit amplas, ut nec prodidisse aliquando arcanum, nisi tuendae causa alienae salutis, nec exarsisse cupidine plus habendi arcesseretur ut ceteri. Unde factum est
ut subinde Romam secedens ibique fixo domicilio consenescens, comitem circumferens conscientiam bonam, colatur a cunctis ordinibus et ametur.