‹ Ammien Marcellin Étude d'histoire littéraireChapitre 7 sur 26 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La méthode historique d’Ammien.

Ses idées sur la manière d’écrire l’histoire.

Composition générale de son œuvre.

L'ouvrage d'Ammien trahit un effort de composition. L'auteur a réfléchi sur la manière d'écrire l’histoire, et il nous expose très volontiers ses idées sur ce sujet.

A plusieurs reprises il aflirme son intention de ne jamais s'écarter à bon escient de la vérité, nusquam «a veritate sponte propria digressurus (1). ( Mon livre fait profession » de vérité, et jamais, je pense, je ne l'ai sciemment gâté par » le silence ou le mensonge (2). — Celui-là ne trompe pas » moins qui omet sciemment des faits, que celui qui en » invente (3). — Et puisque j'en suis arrivé à cette partie de » mon récit (l'invasion des Goths), je prie mes lecteurs, s'il » s’en trouve, de ne pas exiger de moi une narration scrupu- » leusement minutieuse, non plus qu'un dénombrement des » morts impossible à faire. Il me suflira, en effet, sans voiler

» la vérité sous aucun mensonge, de mettre en ordre les faits

(1) Amm., 44, 6, 2.

(2) Id., 31, 16, 19.

(3) Id., 29, 1, 45.

» saillants. L'histoire doit toujours être écrite avec honnêteté » et bonne foi » (1).

Dans ce dernier passage une nouvelle préoccupation se fait jour. Il se garde d'étouffer son œuvre sous l'accumulation des détails. Son idéal serait de se tenir sagement entre une brièveté excessive et affectée, et une longueur qui pourrait être fastidieuse. « Je n'ai pas peur, dit-il, des reproches qu'on » pourra m'adresser sur la longueur de mon ouvrage. La » brièveté est louable quand elle évite les lenteurs inutiles, » mais aussi quand elle n’enlève rien à la claire connaissance » des faits ». Et ailleurs : ( Si je m'étends un peu longuement » sur cette description (celle de la Perse), ce sera au profit de » la science. Tous ceux qui affectent une brièveté excessive dans » le récit de faits inconnus ne font pas effort pour expliquer » les choses avec plus de soin, mais pour savoir ce qu’ils » devront omettre » (2).

Cependant il insiste encore davantage sur la nécessité de ne pas faire trop long et de ne pas embarrasser l’histoire par des détails inutiles : « Passons, dit-il, sur les menus détails, » praetereamus negotiorum minutias » (3). Voici, à ce sujet, une déclaration formelle autant qu'importante : ( Après avoir » mis tout mon soin à raconter la série des événements » accomplis jusqu'à la limite d'une époque toute proche, il » aurait mieux valu ne pas aborder des faits plus connus, afin » d'éviter les dangers qu'entraîine souvent avec elle la vérité, » et de ne pas avoir à subir les critiques intempestives de » gens qui crient qu'on leur a fait tort, si l’on oublie de » noter un propos tenu à table par l’empereur, si l'on omet

» de dire pourquoi de simples soldats ont été châtiés en cam-

(1) Amm.., 31, 5, 40.

(2) MIA MS MES NC UE (S)NTd 23 IE

» pagne, si, négligence fâcheuse dans la description complète » d’une région, l’on a laissé de côté quelques petites forte- » resses, si l'on à pas donné le nom de tous ceux qui assis- » taient le préteur urbain le jour de son inauguration, et » autres choses semblables, qui n’ont rien à voir avec les » règles de l'histoire. L'histoire, en effet, parcourt les sommets » et ne descend pas jusqu'à la recherche minutieuse des petites » causes. Vouloir connaître ces dernières, c'est espérer que » l’on pourra dénombrer ces corpuseules invisibles volant dans » le vide, et que nous appelons atomes. De pareilles craintes » sont cause que cerlains parmi les anciens n’ont pas publié » de leur vivant des histoires longuement développées, comme » l’aflirme Cicéron, ce témoin si respectable, dans une lettre à » Cornelius Nepos. Mais dédaignons l'ignorance du vulgaire, » et continuons notre récit » (1). «

Il choisit donc, il ne raconte que ce qu'il juge digne de mémoire : ( ut quaeque memoria digna sunt, explanabo » (2). « Outre ces combats, beaucoup d’autres ont été engagés dans » les différentes régions de la Gaule, qu'il est superflu de

» conter avec détails, puisque leurs résultats ont été insigni-

(1) Amm., 26, 1, 1 et 2: Dictis impensiore cura rerum ordinibus ad usque memoriae confinia propioris, convenerat jam referre à notioribus pedem, ut et pericula declinentur veritati saepe contigua, et examinatores contexendi operis deinde non perferamus intempestivos, strepentes ut laesos, si praeteritum sit quod locutus est imperator in cena, vel omissum quam ob causam gregarii milites coerciti sunt apud signa, et quod non decuerat in descriptione multiplici regionum super exiguis silere castellis, quodque cunctorum nomina, qui ad urbani praetoris ofliciuin convenere, non sunt expressa, et similia plurima praeceptis historiae dissonantia, discurrere per negotiorum celsitudines adsuetae, non humilium minutias indagare eausarum, quas si scitari voluerit quispiam, individua illa corpuseula volitantia per inane, gtowouc, ut nos appellamus, numerari posse sperabit. Haec quidam veterum formidantes, cognitiones actuum variorum stilis uberibus explicatas non edidere superstites, ut in quadam ad Cornelium Nepotem epistula Tullius quoque testis reverendus adfirmat, Proinde, inscitia vulgari contempta, ad residua narranda pergamus,.

(2) Id., 28, 1, 2.

» fiants, et qu'il ne convient point que l’histoire se traîne » parmi des minuties sans valeur. — Comme je pense que » quelques lecteurs peut-être, en examinant de près mon » ouvrage, se plaindront tout haut que ceci a précédé cela, et » que des choses qu'ils ont vues ont été omises, je ne puis » les satisfaire que dans une certaine mesure, car tout ce » qui concerne des personnages sans conséquence ne mérite » pas d'être rapporté » (tr).

Cette façon de voir est juste. Cependant la méthode est dangereuse et demande à être maniée avec délicatesse. Ammien saura-t-il toujours faire le départ entre ce qu'il convient de raconter et ce qu'il convient de taire? Prenons un exemple. Julien vient d'être malgré lui proclamé Auguste par ses troupes, à Paris. Il écrit à Constance, alors en Perse, pour lui rendre compte de ce qui s’est passé et lui exposer ce qu'il pense faire. Ammien analyse la lettre, qui est de première importance (2). Puis il ajoute : « À cette lettre il en » joignit une autre, confidentielle, pour être remise en parti- » culier à Constance; elle était injurieuse et mordante. Je n'ai » pu en examiner la teneur, et, quand je l'aurais pu, ül » n'aurait pas été convenable de la produire en publie ». La raison qu'il donne pour ne point analyser cette lettre est excellente. Il ne l’a pas lue. Mais s'il l'avait lue, il ne le ferait pas davantage, par convenance. C’est là une affirmation grave. La lecture de cette lettre, en effet, n'aurait pu manquer de nous éclairer sur les sentiments de Julien. Un historien qui, connaissant un document de cette importance, n’en donnerait pas le contenu, montrerait des scrupules exagérés et encourrait à bon droit le reproche de partialité. Ne pas tout

dire est bien; encore faut-il dire tout le nécessaire. IL est donc

(D)PAmETe 27 22 MASSE:

(2) Id., 20, 8 sqq.

à craindre qu'Ammien n'ait pas toujours tout dit, non sans doute dans le dessein de cacher la vérité, mais par excès de scrupule.

Il est plein de précaution. Il sait combien le rôle de l'historien est diflicile, combien ses devoirs sont étroits. Aussi il craint d'exagérer, et il ne raconte rien qui ne soit fondé sur des témoignages authentiques : « Plein de précaution, ou pour » mieux dire de timidité, nous n’exagérons rien, mais nous ne » rapportons que des faits qu'ont prouvés des témoignages » sûrs et dignes de foi » (1). Il se compare, en parlant ainsi, aux historiens des guerres médiques, et sans doute il songe à Hérodote (2).

Ce qu'il a vu ou lu sur la Thrace, il va le signaler avec une éclatante bonne foi, perspicua fide monstrare (3). H a soin de noter qu'il parle souvent de choses vues par luimême. « Disons brièvement quelques mots de l'Égypte, dont » nous avons parlé longuement en racontant les règnes » d’'Hadrien et de Sévère. Nous racontons presque toujours » des choses vues, pisa pleraque narrantes » (4). Les fables des poètes et les opinions diverses des géographes ( fabulantes poetae variantesque geographi) sur les sources cachées du Nil ne s'accordent pas; il choisira celles de leurs opinions qui lui paraissent confiner à la vérité, « opiniones eorum perilali confines, ut arbitror, expediam paucis » (5). En présence de la variété des témoignages, il aime mieux quelquefois les passer sous silence que s’exposer à se tromper, se contentant d'indi-

quer ce qu'il se souvient d’avoir vu : «( La description de la

(1) Amm., 18, 6, 2 et 3.

(2) LL est en effet question dans ce passage du dénombrement de l’armée de Xerxès.

(3) Amm., 22, 8, 1.

(5) Ed., 22,-15, &.

» Thrace serait facile si les écrits anciens concordaient: mais » leur obscure diversité n'étant d'aucun secours pour un » ouvrage qui fait profession de dire la vérité, il me suilira » d'exposer rapidement ce que je me souviens d’avoir vu » (1).

Un haut sentiment de la noble fonction de justice que remplit l'historien apaise dans certains cas ses scrupules et fixe ses hésitations. Dans le tableau qu'il trace des cruautés de Valentinien, il manifeste tout d’abord la crainte qu'on ne l'accuse d'avoir composé de propos délibéré un réquisitoire contre l'empereur. Mais la justice de l'histoire exige qu'on ne passe pas certaines choses, « illud tamen nec praeleriri est aequum nec sileri quod.… » (2). Enfin il s’affermit dans son dessein d’être toujours véridique par la considération que la postérité qui lira son ouvrage est un juge qui ne se laisse point surprendre : (Je viens de passer rapidement en revue » les actions du prince. Maintenant, dans la confiance que j'ai » que la postérité ne se laisse enchaïiner ni par la crainte ni » par la basse adulation, mais qu'elle est spectatrice incorrup- » tible du passé, je ferai en gros le compte de ses vices pour » raconter ensuite ce qu'il a fait de bien » (3).

C'est une joie pour lui que de démentir un conte imaginé pour flatter la vanité de Constance. Il s’agit de l’obélisque que ce prince fit ériger à Rome en 357. On prétendait, dans l’entourage de l'empereur, qu’à l'époque où Octave Auguste avait enlevé d'Héliopolis deux obélisques, il n'avait point osé toucher à celui-ci, tant il était énorme. La difliculté de transporter une pareille masse l'avait effrayé. ( Je vais apprendre la vérité à » ceux qui l'ignorent, discant qui ignorant », s'écrie Ammien

d'un ton impérieux qui prète à sourire. Auguste n'a pas-touché

(1) Amm., 27, 4, 9.

(2)814%, 293,29) (3) Id:,.30,-8: 47 .

à cet obélisque parce qu'il était spécialement dédié au Roi Soleil dans un temple magnifique, où il dominait tous les autres. C'est Constantin qui l’enleva de sa place, parce qu'il pensait ( avec raison » (la remarque est curieuse et confirme ce que nous avons déjà dit de l'adoration d’Ammien pour Rome) « que l’on pouvait arracher une merveille à un temple » particulier, pour la consacrer dans la ville de Rome, c’est-à- » dire dans le temple de l'univers entier, in templo mundi » totius ». Constantin mourut lorsque cet obélisque était déjà transporté à Alexandrie. Donc Constance le fit seulement venir

de cette dernière ville à Rome (1).

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Parmi les diflicultés que l'historien rencontre dans la composition de son ouvrage, une des plus grandes est peut-être d'y introduire de l'ordre, de débrouiller le chaos d'événements complexes ou simultanés. Ammien s’en est rendu compte. L'ordonnance de son œuvre est régulière et correcte dans ses grandes lignes. Il prend en général les événements année par année, et nous les fait passer devant les yeux dans l’ordre où ils se sont accomplis. C'est la manière la plus simple d'écrire l’histoire ; c'est la méthode par laquelle la vérité a le plus de chances d’être respectée. Cependant Ammien ne se fait point l'esclave de l’ordre chronologique, et avec raison. L'art de l'historien réclame une certaine indépendance. IL faut de temps en temps composer des ensembles, et réuni, pour en faire un tout, des événements qui ne sauraient sans grand dommage être racontés séparément.

Ammien, dont la timidité est grande en face de son lecteur,

et qui prend soin d'expliquer tous ses procédés, nous demande

(1) Amm., 17, 4, 12 sqq.

la permission d'agir comme il le fait : « Comme des troubles » lamentables ont éclaté en même temps dans les deux parties » de l'empire, nous les raconterons tour à tour en place conve- » nable, nous occupant tout d’abord de ce qui se passa en » Orient, ensuite des guerres barbares. En effet, la plupart de » ces événements se sont accomplis dans le monde occidental » et oriental durant les mêmes mois; or, nous ne voulons » pas, en passant par sauts brusques d’un endroit à l'autre, » mettre le tout dans une affreuse confusion, et brouiller » l'ordre du récit » (1). Et ailleurs : «11 m'a paru bon de » réunir ce qui suit dans une narration continue, de peur » qu'en interrompant, pour y intercaler des faits différents, le » récit d'événements accomplis au loin, le manque d'unité » n'amène nécessairement de la confusion » (2).

Il est fâcheux que la sûreté de l'exécution ne réponde pas toujours chez Ammien à la sagesse des résolutions. En effet, la composition de son œuvre est, à certains égards, défectueuse. Cette œuvre ne se développe pas avec l’impeccable facilité, avec la calme abondance de l'histoire de Tite-Live. Le récit ne va pas sans des heurts et des accrocs, représentés par des digressions à prétentions scientifiques, des anecdotes oiseuses, et un vain étalage d’érudition. Cependant chacun des différents livres, ou à peu près, emprunte une sorte d'unité à un fait principal qui le domine, à un récit plus important qui prime tous les autres. Ainsi le livre XIV, bien qu'il y soit question des incursions des brigands Isauriens, des ravages exercés par les Sarrasins, des mœurs du Sénat et du Peuple romains, et incidemment des Alamans, s'ouvre et se ferme sur les cruautés du gouvernement de Gallus César à Antioche,

misères et cruautés qu'il paie de sa mort. C'est la Gaule qui

(1) Ana: 26,5, 45.

(2)R1d 20/0 UE

fait presque tous les frais du livre XV, au moment où Julien en prend la direction avec le titre de César, et les deux suivants, XVI 'et XVII, nous content les efforts du jeune prince pour la pacification de ce pays, avec, comme point culminant, la bataille d’Argentoratum. Les livres XVIII et XIX nous conduisent et nous laissent en Perse jusqu'après le siège et la prise d'Amida. Le livre XX est dominé tout entier par le changement survenu dans la situation de Julien proclamé Auguste par ses troupes à Lutèce. D'où ses premiers démêlés avec Constance qui se transforment au livre XXI en hostilité déclarée. Ce livre se termine sur la mort subite et opportune de Constance. Des quatre suivants, qui nous conduisent jusqu'a la mort de Jovien, et qui sont, excepté les six derniers chapitres du livre XXV, remplis exclusivement par Julien, le XXII° rapporte les faits et gestes de cet empereur à Constantinople et à Antioche avant la guerre de Perse, le XXII les préparatifs et les débuts de cette guerre, le XXIV: la marche des Romains jusqu'au Tigre, le XXV: la mort de Julien et ses conséquences.

En abordant, au livre XXVI, l’histoire des règnes de Valentinien et de Valens, Ammien s'arrête un moment pour se recueillir. Il s'engage sur une route nouvelle; ïil va raconter des choses plus connues, notiora. Nous avons traduit plus haut cette espèce de préface.

A ce propos, il n’est pas inutile de remarquer qu'Ammien a, de lui-même, divisé ce qui nous reste de son œuvre en trois parties. La première, tronquée, se termine après le livre XIV. La seconde commence au livre XV; elle est précédée, comme la troisième, d'une préface intéressante. ( Recherchant » la vérité du mieux que nous avons pu, nous avons rapporté » des choses qu'il nous a été permis de voir, en raison de » notre âge, ou d'apprendre, en interrogeant avec soin les

» personnes qui avaient été mêlées aux événements. Nous

Dautremer. — 8.

» avons exposé en ordre la diversité des faits. Je mettrai » plus de soin encore à raconter ce qui suit, selon mes forces, » sans craindre les critiques des gens qui pourront trouver » mon ouvrage trop long » (1). La troisième, dont le début est marqué par le premier chapitre du livre XXVI, comprend les règnes de Valentinien Ier, Valens, Gratien et Valentinien II jusqu'en 378.

Dans cette dernière partie l’auteur est moins à l'aise. Les événements sont encore trop récents; et, au point de vue particulier de la composition, la diversité plus grande des faits rend la tâche de l'historien plus diflicile.

Au moment de l'avènement de Valentinien, qui, presque aussitôt, associe à l'empire son frère Valens, nous sommes en Orient, et nous y restons durant le livre XXVI tout entier. La tentative malheureuse de Procope pour détrôner Valens en occupe les deux tiers. Dans les deux livres suivants, XXVII et XXVIIL, l’auteur a dû abandonner la pensée de mettre quelque unité dans le récit d'événements qui se déroulent à la fois d’une extrémité de l'empire romain à l’autre. La Bretagne, la Germanie, la Gaule, Rome, l'Afrique, les Goths, l'Arménie fournissent au livre XXVII une matière hachée, disparate; et le livre XXVIII présente à peu près le même aspect; seulement les affaires intérieures de Rome, et la campagne de Théodose en Bretagne sont un peu plus. développées que le reste:

Bien qu'il ne soit pas aussi difficile de se reconnaître dans la composition des livres XXIX et XXX, cependant la continuité en est assez souvent rompue. Le XXIX: contient entre autres deux longs récits, la conspiration du notaire Théodore en Orient contre Valens, et la campagne de Théodose en Afrique contre Firmus; le XXX°, la mort de Valentinien arrivée subitement au milieu de son expédition contre les Quades.

CAGE a ENte

Enfin le XXXI: livre clot. magistralement l'ouvrage, C’est le plus long, et en même temps un des plus unis, des plus compacts. Il conte l'invasion des Goths, et la mort de Valens

à la bataille d'Andrinople.

Nous venons de rechercher comment, d’une manière générale, Ammien envisage son rôle d’historien. Nous avons trouvé chez lui le souci de dire la vérité, le souci de tout dire sans surcharger inutilement le récit, le souci de mettre de l’ordre dans la composition. Que demander de plus? Si Ammien avait eu la force de suivre à la lettre le programme qu'il s'est luimême tracé, ne serait-il pas un historien sans défauts ? Il a eu la conscience nette, la vue juste de ce qu'il avait à faire. Comme il est très honnête homme, c’est là pour nous une

garantie sérieuse de l'autorité de son témoignage.

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