LE BARON FAIT PREUVE DE LÉGÈRETÉ DESPRIT
heures. Le baron se livra innocemment au petit jeu de société qui consiste à souvent prononcer devant sa maîtresse le nom de la femme avec qui on la trompe ; passe-temps assez peu relevé, en somme ! Il dit : « J'ai rencontré hier madame Muserolle à l'Olympia ; tu sais, cette personne qui gardait la femme de Z... Je lui ai rendu visite dans sa loge. » Une seconde fois, il prit du thé ; il devait en prendre une troisième fois, le soir, en compagnie d'Ella.
A minuit il rentra rue de Rome ; il monta l'escalier, d'un pas habitué, et frappa. Madame Muserolle s'était déjà couchée ; elle vint ouvrir, balbutiant encore des lambeaux de rêve, et clignant des paupières. M. de Sembach eut l'impression d'un mari qui réintègre son home et trouve un souper préparé, un feu allumé, le lit tiède, et une femme prête aux caresses ; il éventa le « piège du bienêtre ! »
Il n'avait pour madame Muserolle qu'un pauvre caprice de passage ; cependant, il appréciait fort les soins dont elle l'entourait. Un jour viendrait peut-être où il s'enfoncerait peu à peu dans cette douceur, au point de ne plus pouvoir s'en évader. Clarence est bien mort, noyé dans un tonneau de malvoisie ! On prétend qu'à partir d'un certain âge la femme la plus dangereuse pour un homme faible est encore sa cuisinière. M. de Sembach souffrit toutes les horreurs du ménage irrégulier ; prompt à imaginer les possibilités les plus
^^^ AMOUR, AMOUB..
extravagantes - qualité utile à qui veut vivre vue! :I s'évoqua, dix ans plus tard, amii énerve de satisfactions médiocres, incapable d^ fuir un esclavage honteux. Et cela le décida sur 1 heure a demander la mai« d'Ella ; à IWu de madame Muserolle, il prenait près d'elle le goù de 1 inteneur et le dégoût du faux ménage i expérimentait les joies calmes du dîner à heire fixe, du coin de l'âtre, du souper fin après le bal 1 terminait son apprentissage de mari par des
::n7mor^"^^^*''^^^'^™^'^'--p'i-
Par malheur, madame Muserolle ne sut se garder d'être trop encombrante. Il lui passa n«r la tétela fantaisie d'avoir un enfant ;Ï7^ I espoir d'être mère d'un petit Sembach : << Tu verras, il sera pour moi toute seule; je l'élèverai tu n en auras aucun ennui ; il me tiendra corn: pagnie ; ce sera quelqu'un à choyer, à dorloter. Il sera très beau. Je désire tant un bébé! j'aurais au moins une raison d'être !» J => du
On juge si cette proposition tombait à point e SI le baron l'accueillit avec enthousiasme en dix phrases il développa sa volonté formelle de n être perpétué par aucune descendance. A qui se lier; mon Dieu ! puisque madame Muserolle ellemême aspirait à la maternité ! « Tiens, tu n'es pas gentil, tu as peur de ce qui peut t'attacher à
Comment lui dire : « Ma chère amie, l'amour