‹ Amour, amour ..., romanChapitre 6 sur 11 · LE BARON PAIT PREUVE DE LÉGÈRETÉ DESPRIT · texte numérisé non relu

LE BARON PAIT PREUVE DE LÉGÈRETÉ DESPRIT

entre personnes trop civilisées n'est qu'un passetemps provisoire ou bien une expérience de psychologie intensive ; l'instinct, sous la surcharge des complications que les siècles ont apportées, a fini par s'amoindrir ; il n'est plus que le prétexte d'une foule de raisonnements dont la puérile chinoiserie scandaliserait un paysan du Danube (s'il s'en trouvait encore), mais alimente un nombre inquiétant de romanciers ; et après tout, cela vaut mieux que d'aller au. café ! Par conséquent, ne tentez pas de couper les cheveux de votre Samson. Considérez plutôt qu'il est le passant qui fait un bout de route avec vous ; efforcezvous d'être bonne, heureuse si possible, aimante en tout cas, afin qu'il subsiste de ce court voyage à deux un souvenir qui dans la suite occupe votre vieillesse. Evitez soigneusement les regrets, lesquels suscitent plus tard les mauvais fantômes ; et pour cela, gardez-vous de river des chaînes que l'on ait trop de mal à briser quand viendra l'heure inévitable où il faut s'enfuir. » Comment lui dire tout cela ? Elle n'eût pas compris, ou elle eût mal compris. Le baron préféra s'excuser autrement : « Que rien ne nous sépare ! » proclama-t-il.

Madame Muserolle n'insista plus ; elle orienta d'une façon différente son ambition de maîtresse. Elle supplia son amant de la mener au théâtre. Il ne s'y refusa pas ; imbu de préjugés paradoxaux, il croyait comme parole d'Evangile que : « les plus imprudents sont le moins souvent pris en

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