‹ Amour aux enfersChapitre 2 sur 8 · LORSQUE L'OISEAU S’'ENVOLE · texte numérisé non relu

LORSQUE L'OISEAU S’'ENVOLE

S’il me faut oublier, en effeuillant la rose

Qui se fane en silence et qu’emporte le vent,

Que la brise du soir, sur ma pensée morose,

À déjà dans la nuit caressé mon auvent ;

S'il me faut oublier, lorsque vient le printemps,

En agitant déjà des lambeaux de linceul,

Que l’on pleure à tout âge, et qu’on aime à vingt ans, Dois-je donc oublier que je suis toujours seul ?

Vous qui m’aimiez peut-être ! Oh vous l’unique Amie, Qui sut dans mon passé, dans mon humble chaumière, Sur mon cœur oublier, et mon âme endormie,

Y verser quelques fois un rayon de lumière,

Est-il vrai que ce soir, sans me tendre la main,

Quand vos pas s’enfuieront, sur la route déserte,

Vous laisserez pour moi votre porte entr-ouverte

Que les vents et l’oubli refermeront demain ?

Si c’est vrai tout cela, adieu donc mes gaités !

Dès ce soir je viendrai, de mon pas solitaire Parcourir en rêvant vos jardins enchantés

Pour y rider mon front dans l’oubli salutaire ! Vous m’oublierez demain ! chère Amie vous partez ! Mais l'étoile des Mers n'aura plus dans les cieux Son Image sanglante et ses feux argentés,

pen

Puisque déjà les nuits auront voilé mes yeux !

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