LORSQUE L'OISEAU S’'ENVOLE
S’il me faut oublier, en effeuillant la rose
Qui se fane en silence et qu’emporte le vent,
Que la brise du soir, sur ma pensée morose,
À déjà dans la nuit caressé mon auvent ;
S'il me faut oublier, lorsque vient le printemps,
En agitant déjà des lambeaux de linceul,
Que l’on pleure à tout âge, et qu’on aime à vingt ans, Dois-je donc oublier que je suis toujours seul ?
Vous qui m’aimiez peut-être ! Oh vous l’unique Amie, Qui sut dans mon passé, dans mon humble chaumière, Sur mon cœur oublier, et mon âme endormie,
Y verser quelques fois un rayon de lumière,
Est-il vrai que ce soir, sans me tendre la main,
Quand vos pas s’enfuieront, sur la route déserte,
Vous laisserez pour moi votre porte entr-ouverte
Que les vents et l’oubli refermeront demain ?
Si c’est vrai tout cela, adieu donc mes gaités !
Dès ce soir je viendrai, de mon pas solitaire Parcourir en rêvant vos jardins enchantés
Pour y rider mon front dans l’oubli salutaire ! Vous m’oublierez demain ! chère Amie vous partez ! Mais l'étoile des Mers n'aura plus dans les cieux Son Image sanglante et ses feux argentés,
pen
Puisque déjà les nuits auront voilé mes yeux !