‹ Amour aux enfersChapitre 3 sur 8 · LES FEUILLES MORTES · texte numérisé non relu

LES FEUILLES MORTES

Qu'elle était belle ma Maitresse, Quand se berçait pour m’apaiser, La frêle rose de l’ivresse

Qui se brisait sous mon baiser.

Qu'elle était tiède dans ma main Cette vallée que j'aime encor

Quand frissonnaient jusqu’au matin Ses deux beaux seins au bouton d’or.

Qu'elle était douce sur mon cœur, Sa voix légère qui me grise, Lorsqu'il me semble entendre encor Son chant d'automne sur la brise !

Qu'elle était fraîche sa joue rose Comme un matin de gai printemps Lorsque sur ma lèvre morose, Frissonnaït son cœur de vingt ans !

ms À en

Mais qu’il est triste dans la nuit Son souvenir qui vient souvent, Dans le remords qüi me poursuit Comme un écho qui vole au vent !

Sous mon manteau couvert de neige, Qui flotte aux grés du souvenir,

Je n'ai plus rien qui me protège, Qu’un grand portrait qui va jaunir !

Les feuilles mortes et fanées, Dans le ruisseau de mes regrets Voguent sur les jeunes années, De mes amours pleins de secrets.

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