Voir la lettre que nous citons à la note l de la page
est plus d'un qui, honorés de la faveur publique, ont été dans leur vie privée exigeans, tracassiers, d'une avarice sordide jusqu'au ridicule, souvent même d'un égoïsme révoltant; mais les familles qui en ont fait la pénible expérience sauraient se taire , si des provocations injurieuses et publiques pouvaient rester sans réponse. »
Félicité mariée n'a point été malheureuse, expliquait Aimé Martin; ceux qui l'ont prétendu sont des calomniateurs : il suffirait pour les confondre de publier les lettres très intimes que s'adressaient les deux époux; mais ces secrets de famille ne seront pas livrés au public. « Non, Monsieur Aimé Martin — était-il répliqué dans la Vérité, avec un bel élan d'indignation et de sincérité — la famille Didot jeune le déclare à regret puisque vous l'y forcez, on n'a pas calomnié M. de Saint- Pierre, on a gémi sur une victime.... Et si vous en avez le courage, accusez-en et sa mère, et ses
frères, et tous ses parens Vous parlez de
lettres ! eh ! monsieur, la famille aussi a des lettres ! Elle en a où le fatal mot de divorce est prononcé ! Ce mot que M. Bernardin de Saint-Pierre lui-
même n'a pu taire, qui se trouve tracé et avoué dans une lettre de sa propre main ' : réfléchissez à ce qu'il y a de force, à ce qu'il suppose de souffrances, pour être échappé à une jeune femme docile et dévouée, qui, en recevant sa main, avait cru s'unir au génie de la gloire et du bonheur ! . . . C'en est assez, c'en est trop même sur ce sujet pénible. Ah! que le panégyriste de Bernardin de Saint-Pierre eût bien plus respecté sa mémoire! quel gage sincère d'intérêt et d'attachement il eût donné à ses enfans et à leur mère, s'il eût jeté un voile officieux sur ces calamités domestiques, au lieu de les révéler lui-même, en cherchant à les cacher sous d'odieuses insinuations contre la famille qui en a le plus souffert ! »
Et Léger Didot terminait en prenant à partie Mlle de Pelleporc; car, Aimé Martin n'ayant connu Bernardin que dans ses dernières années, bien des circonstances de sa vie n'avaient pu lui être révélées que par sa veuve, et cette femme, qui avait remplacé Mlle Didot pour être la protectrice et la deuxième mère de ses enfants, se con-