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temps à autre, lorsqu'il lui semblerait que son cœur l'y poussât irrésistiblement.
Tout autre eût été ridicule au dernier point dans cette pose de contemplation ; mais Marcel était assez élégant et sobre de manières pour la
risquer sans péril. Si discrète pourtant que fût
son attitude, François, passant devant lui, la remarqua, et, par une inspiration, l’interpréta surle-champ : « Ah! çà, se dit-il, voilà qu'il fait la
cour à Suzanne maintenant ! » Cela lui sembla
tellement médiocre que, leurs regards se croisant, il parut dans le sien un peu de ce‘mépris narquois que Marcel connaissait si bien. Celui-ci en fut chagriné un instant ; mais il reprit vite son calme et son âffectation, il se dit : « Ah ! si François pouvait savoir combien le sentiment qu’elle m'inspire est délicat et indéfinissable ! Quel dommage que je ne puisse pas me justifier à ses yeux! » Non certes, il ne le pouvait pas, car cela l'eût obligé à un aveu qui était quelque chose de trop positif. Mais comment se faisait-il que François, cet infaillible analyste, n’eût point démêlé du premier coup . d'œil les originalités de sa passion? Marcel eut
pour lui un peu de pitié intellectuelle, et son orgueil <
fut au comble, car ii se sentait pour la première fois supérieur à son ami.
L'espèce de délire où un sentiment siexceptionnel le jetait, lui inspira un projet puéril : comme il n’y avait point de souper assis, à la fin du bal il conduirait Suzanne au buffet ; il insisterait pour qu'elle se dégantât, et, au moment de la quitter,
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conseil grave de Marcel. Mais elle se fit au bout du doigt une grande tache, elle dit en riant : « Vous aviez raison, » et tira ses longs gants de suède. Il y eut un bref silence ; puis, beaucoup trop tôt et. à limproviste, Marcel dit : « Adieu, » et sans répondre à la question de Suzanne : « Comment, vous païtez déjà? » il lui saisit la main, n'osa point y poser ses lèvres, mais la retint, invoquant toutes les forces de l’amour pour obtenir à ce contact un instant de trouble, et se répétant, avec une innocente pédanterie, un vers approprié de Pétrarque :
À belle main qui me déchires le cœur.
rière lui, très bas : « Vous l’aimez donc? » C’est
- Mme Gaïldraud, qui, à la fin lasse de ce jeu, veut w brusquer le dénouement par un coup d’audace.
É Le mépris que Marcel Dehaynin conçut pour elle instantanément, fut énorme. Il faillit hausser
les épaules. Pauvre esprit ! Serait-elle capable de comprendre, s’il répondait comme il aurait dû : « Je ferais également un mensonge et je dirais
également la vérité, si je prétendais que je l’aime
fut subitement rappelé, sinon par la réflexion, du ‘moins par une instinctive terreur, à la réalité É ' Î
— No 1e ji parter pour moi?
Oui.
— Tout de suite, je vous en prie... Et quand pourrai-je vous revoir?
— Demain, à quatre heures.