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à D RMC A AMOUR DE TÊTE ns
en lui malgré sa natureexclusivement sentimentale, Où les choses de l'intelligence avaient compté pour lui, et relégué dans l’ombre les puérils soucis de ses fonctions mondaines.
Il lui parut que cette rencontre nouvelle de l'ami allait inaugurer encore une pareille rénovation. Mais la brusque rupture de sa vie intellectuelle et de son amitié pour François, au sortir du collège, lui fut rappelée par l'arrêt brusque de la musique. Le quadrille était fini, François venait. L'émotion de Marcel se compliqua d’un remords. Son imagination, induite par les velléités de symbolisme que procure la fantasmagorie d’un bal costumé, fut bizarrement affectée par deux plumes hérissées de part et d’autre à la coiffure de François, comme celles qui couronnent, à l'Opéra, le démon de Faust; et grâce à cet intermédiaire que la conscience RApeTenE même point, Marcel eut une intuition de l’énorme influence que François exerçait sur lui. Le sentiment d’une possession inéluctable, un mépris sans espoir de LPInEMe) envahirent son cœur incroyablement humilié, à la manière dont les chrétiens veulent qu'on ne et qui pourtant s’irradiait d’une joie lumineuse et tiède à mesure que RIANGES approchait.
Leurs mains se touchèrent, et le geste cordial de François renouvela l'effet qu'avait produit d'abord la douceur de son regard; il détermina toutes les émotions ambiguës de Marcel vers
l'unique joie. Son cœur fut pénétré d’une recon-
issance infinie pour l'ami retrouvé qui avai daigné le voir et venir à lui avec plaisir. Il chercha par quelle plus ingénieuse parole il lui ferait déli- catement sentir son affectueux intérêt; celle-ci lui fut inspirée : « Il paraît que ta sœur est souf- frante? » À son insu et parce qu'il avait prononcé cette simple phrase, ses impressions actuelles de réjouissance et d’épanouissement s’unirent à l’idée - de cette jeune fille dont il ignorait encore le nom, et dont il ne savait l'existence que depuis une heure. Elle cessa donc d’être irréelle à ses yeux : des possibilités d'émotions se réservèrent autour de cette image inconnue dans un coin secret de son souvenir; elles s’inscrivirent comme sur un carnet que Mlle Gaïldraud eut dès lors à la caisse d'épargne de sa mémoire. ;
Il ne prêta d’ailleurs aucune attention à la réponse, qui lui était indifférente. François repartit, affairé. Lui demeura seul, en proie aux objets extérieurs qui le sollicitaient par tous les sens. Mais il se rendit compte que le bal, dont 1l percevait enfin les splendeurs, ne lui procurait pas un plaisir brut des oreilles et des yeux : chacune de ses impressions semblait avoir sur le cœur, vibrant encore du récent coup d’archet, une action directe et spéciale, pour en faire jaillir une incomparable variété d'émotions.
Parfois cependant, malgré le jeu précipité des
‘sation perçue et l'émotion qu’elle provoquait : c'étaient des grappes d’antiques associations, des
images, 1l saisissait un intermédiaire entre la sen-
ce ombres. de souvenirs, l’écho ét ten ble des | joies ou des tristesses lointaines. Ainsi toute une valse de la plus vulgaire mélodie lui fut chère et admirable, parce qu’un seul bémol imprévu évoqua sans cause assignable un jour sans date de sa première enfance, dont le souvenir était un éblouissement de joie.
‘4 - Il médita. Il affirma qu’il possédait, et que tout homme possède à son usage particulier, un système de lois ourdi par les contingences de sa vie passée, et qui attachent, pour lui, à certains