‹ Amour et amourette drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 41 sur 57 · DIV1VIF.H · texte numérisé non relu

DIV1VIF.H

Eh bien , quand vous m aures entendue, si vous le roules toujours, ce mariage t'accomplira.

Pauline , avec joie.

Grand Dieu!... se peut-il!... oh! parles, parles vite, madame ; par quels sacrifices puis-je acheter un pareil bonheur... Dites sans crainte, je n'hésite pas... je suis prête !

M"* duvivie».

Ce qu’il vous faudra sacrifier, Pauline, c'est la fortune, c'est l’avenir de mon fils !

PAULINE

Son avenir! je ne vous comprends plus !

B®* DFVIVIEK.

Ecoutes-moi donc ; écoule-moi, pauvre fille... car il s'agit d'Ernest et nous devons nous comprendre! Oui, grâce à toi, à tes soins, à tes conseils, Ernest est devenu un homme distingué; grâce à toi, il peut arriver un jour aus emplois les plus élevés; mais pour entrer dignement dans le muDde, il lui faut une fortune que nous ne pouvons pas lui donner nous, une fortune que doit lui apporter celle qu’il épousera ; une femme

dont la position, le nom ou le passé ne seront pas un obstacle à sa carrière.

PAULINE

Madame!

m®* ncvivmn.

Une femme, enfin, qui ne sera ni ce que tu es, ni ce que je fus moi-mfme !

PAULINE

Vous !

m"* mmvten.

Eh! mon Dieu, oui, j'étais une simple grisette comme toi; monsieur Dttvivier m'a aimée, il m'a épousée malgré sa famille, et tandis que ses deux frères, grâce à de brillants mariages, se sont élevés dans la magistrature et le commerce, lui seul est reslé avec son modeste patrimoine. Eh bien! si lu l'ordonnes, Ernest aussi refusera le mariage qu'on lui offre, il sacrifiera à l'amour de quelque temps l'avenir et la considération de toute sa vie!

PAULINE

Si je l'ordonne... Mais comment cela peut-il dépendre de moi?

M"* OCVIVIER.

Je l'ai dit que j'étais à la discrétion; tu vas maintenant apprendre pourquoi.

PAULINE

Je vous écoute, madame.

si"* nuvtvtiB. •

Le ciel m’est témoin que j’ai toujours été bonne mère, que j'ai toujours respecté mon titre d’épouse, et que personne n'a mictii que moi mérité l'oubli et le pardon d'un égarement ou d'une faute de jeune fille. Eh bien! un homme qui s’intéresse à ton sort, monsieur Oscar.

PAULINE

Oscar!

SI®* DUVIVIEB.

Possède depuis longtemps les preuves de cette erreur passée, il peut en les livrant détruire la paix de mon ménage.

PAULINE

Oh ! il ne le fera pas, madame.

M®* DUVIVIEIl.

Il le fera, car II m'en a menacée; il le fera, car il exige pour prix de son silence ton mariage avec Ernest.

PAULINE

Mon mariage! ob! je comprends tout!

M®* nCYlVIER.

Tu vois bien que mon sort est entre tes maint; si tu l'exiges, il faudra que je consente à cette union pour racheter ses lettres.

PAULINE

Assez, assez madame... Je vous ai d'abord écoutée en silence, parce que vous ne me parliez que de l’obstacle que je pourrais apporter à l'avenir d’Ernest, et qu'il me semblait que celle qui avait su guider jusqu'ici son espritSet son coeur pourrait peut-être l'encourager encore, parce qu'il me semblait que s'il m'avait nommée sa femme, ce titre sacré m’aurait donné de la force, de l’in-

telligence, pent-éire, que j'aurais été ambitieuse pour lui, et que cette noble ambition aurait pu remplacer la fortune... .Mais vous parlez de papiers qui peuvent vous perdre, et dont je me servirais pour forcer votre consentement ! Oh ! non, non. c’est un marché qu'on a fait en mon absence, un marché honteux, que je n’accepte pas !

DI VIVIER

Se peut-il 1

PAOLIXE.

Ain : Époux imprudent.

|\a*sar**z-vou'*, rassurer- tou s madame,

Car ce portrait, ces preuves, tes écrits,

Qui trop longtemps ont fait trembler votre âme,

Dès ce soir vous seront remis,

Oui, je renonce à votre fils.

Être sa femme et sa plus sûre amie,

Oh ! c’était là le seul vœu de mon cœur ;

Mais je ne veux pas d'un bonheur Acheté par une infamie.

M m * DIVIVIRR.

Chère enf.nl! pourquoi ne suis-je'passeule maîtresse du sort de mon fils! Pourquoi ne lui ai-je pas apporté de forlunel c'est toi seule alors que j'aurais voulu...

PAULINE

Oh ! ne me donner pas de regrets... Les regrets m'enlèveraient mon courage, et j'en ai tant besoin... Quand devez-vous revoir monsieur Oscar?

»“* DCVIVIER.

Ce soir même, à la Chaumière.

PAULINE

A la Chaumière !

M"* DCVIVIER.

Il l'a esige... mon fils et mon mari m'y accompagneront.

PAULINE

Voua m’y trouverez, madame.

DCVIVIER.

Toi!

PAULINE

U faut bien que je sois là pour cette restitution, il faut aussi qu'Ërnesi m'y rencontre; il croira que je l'oublie déjà, il croira que je ne l'aime plus, et vous le trouverez alors plus docile à vos projets; vous lui direz , madame, que I indifférence est entrée dans mon cœur; vous lui direz... que sais-je I que j'en aime un autre, et que je suis heureuse..' Seulement, le jour où il conduira à l’autel la femme que vous lui destinez, vous, madame, pensez en secret à la pauvre Pauline dont le cœur se brisera de désespoir, et quand plus tard vous embrasserez ses enfants, priez Dieu pour moi, madame, car la douleur m'aura tuéel

M mc DCVIVIER.

Oh! non, non, ne dis pas cela... écoute, je te verrai quelquefois, je viendrai t'embrasser comme monenfant... Tiens prcndscelte bague... porle-la en souvenir de moi !

Cette bajue!... oh! toujours! toujours. [Elle r embrasse. On frappe à la parte. ) Quelqu'un ! » ernest, en dehors. '

Pauline! c'est moi!

M“' DCVIVIER,

Grand Dieu !

PAULINE

C'est Ernest!

DUÏIV1ER.

S’il me voit, toutes! perdu!

ernest, en dehors.

Mais ouvre doncl

PAULINE

Par ici, madame, par ici !

Elle la fait entrer dans le cabinet à gauche et court ouvrir à Ernest.

WW vmsMvmvvwwtvHtutuvAstwtvwtvvHVVtwwMtvttv

Page 1