PAULINE, ERNEST
ernest, jetant autour de lui des regards fn-
quiets.
Pauline, tn n'étais pas seule !
Moi, non... si... j'étais...
ERNEST
Tu ne sais pas mentir, et quand tes paroles ne te trahiraient pu, tes regards seuls te dénonceraient.
PAULINE
Mes regards... je ne sais... je ne comprends pas.
ernest, d part.
Tiburee ne m’a pas trompé ; il est là 1
Il va vers la porte.
PAULINE
Arrêtez!... je désire... je veux que vous n’entriez pat.
ERNEST
Tous voulez ?... Vous êtes chez vous, je dois me soumettre.
PAULINE
Ah!
ERNEST
Seulement vous me permettrez de vous dire qu'un pareil mystère est étrange et pourrait me surprendre, si Tiburee ne m’avait instruit de tout ce qui se passe.
PAULINE
Monsieur Tiburee ! et qu'a-t-il pu roui dire ?
Peu de chose; que Sosthènc avait fait un héritage, qu’il vous offrait sa fortune et sa main... et qu'une jeune fille balançait rarement à accepter un offre pareille.
PAULIN*
Il vous a dit cela, et vous l'avez cru?
ERNEST
Non, j'ai d'abord pensé qu'il voulait me tromper, ou qu'il s'abusait lui-même, et je venais ici, pauvre fou que j'étais, vous renouveler mes serments de tendresse et de fidélité.
Pauline, à part.
Oh! c’est bien, c'est bien !
EnSRST.
Et quand j'arrive prés de vous, plein de confiance, quand j'ai,besoin de vous voir, de vous parler, moi, qui ai tant souffert de notre séparation, j'apprends que j'ai souffert seul—
PAULIN*
MAGASIN THEATRAL
Seul !...
Oui, seul, puisque vous acceptez les consolations d'un rival, puisque je vous trouve enfermée avec une autre personne qui est il... et qui se cache licitement!
PAULINE
Ernestl... oh! pas d'injures!... au nom du ciel! pas d’injures.
ERNEST
Ah! vous convenez donc?.,.
PAULINE
Qu'il j a quelqu’un dans celle chambre',- eh bien, oui, j'en conviens... et cette personne, que j’estime, vous devez la respecter aussi.
ERNEST
Moi!
PAULIN*
Vous devez la respecter, vous dis-je !
ERNEST
C'en est assez, mademoiselle; ainsi, vous refusez de me laisser entrer la?
Pauline , regardant la porte.
le refuse.
ERNEST
Vous avouez alors que vous m’avez trompé, que vous m'avez trahi.
Pauline , idem.
Je l’avoue.
ERNEST
Et c'est au moment oh je viens de braver la colère de mon père, au moment où je viens pour vous de résister à sa volonté, à ses ordres... Oh I c’est infime I
Pauline , d par*.
Pauvre Ernest !
ERNEST
Air : Un Page aimait la jeune Adèle.
Ah ! répondez, Pauline, cet outrage
Me voilà prêt encore à l'oublier.
PAULINE, d port.
Mon Dieu 1 mon Dieu ! soutenez mon courage.
ERNEST
Quoi t pas un mot pour vous justifier 1
Au nom du ciel, dissipez mon alarme,
Je le sens là, tout peut se reparer';
Pour pardouuer, je (t'attends qu’une larme.
Pauline, « part.
Ah ! malheureuse ! et je ne puis pleurer i
ERNEST
Ecoutez, Pauline... il faut choisir... ou vous me donnerez la clef de celte chambre... ou je sortirai d'ici pour ne vous revoir jamais.
Pauline , à part.
Oh! ma promesse!... ma promesse I
ERNEST
Eh bien ! répondez doue, j'attends.
Pauline, d'une voix étouffée.
Adieu, Ernestl
ERNEST, après un long temps et avec résignation.
Adieu! (1/ remonte la scène, s’arrête sur le seuil de la porte , et ajoute avec force:) Je vous l’ai dit, c'est pour toujours l
il sort en formant rudement la porte.