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L'AME DES POETES

Ne VOUS étonnez point, vous que la Musc entraîne. Vous, dont le cœur fléchit à sa voix souveraine

Qui commande toujours; Ne vous étonnez point, créatures divines. Que la sève bouillonne et batte vos poitrines

Jusqu'à tuer vos jours.

Ne vous étonnez point, hommes à forte tâche,

Qu'un esprit inconnu vous jette sans relâche

Hors d'un monde borné; Ne vous étonnez point que l'insomnie amère Vous berce entre ses bras, comme une jeune mère

Berce son premier né;

Car vous portez au front je ne sais quels mystères. Car votre âme n'est point de ces lampes vulgaires

Qu'endort un froid sommeil; Elle brûle toujours. — 0 poètes, votre âme Est un rayon sublime, un atome de flamme

Détaché du soleil!

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