‹ Amour et foiChapitre 52 sur 55 · ROSA MYSTICA · texte numérisé non relu

ROSA MYSTICA

0 jeune rose épanouie Près du tabernacle inimoitel , Vier|]^e pure, tendre Marie, Douce fleur des jardins du ciel; O loi qui sais parFunier l'ànic Mieux que la myrrhe et le cinnanic

Et l'encens même du saint lieu; 0 toi donl la grâce est l'empire , Toi qui ramènes d'un sourire Le pardon aux lèvres de Dieu :

Mère du Christ, reine de l'ange.

Oh ! laisse tomber jusqu'à nous Cette auréole sans mélange Que nous demandons à genoux; Cette lumière intérieure Qui fait que la vie est meilleure Et le poids du siècle moins lourd , Lumière féconde en délice, Où le cœur boit à plein calice Les ivresses d'un pur amour 1

Hélas 1 il est tant d'amertume , Faut de douleurs à consoler, Tant d'êtres qu'un chagrin consume Et qui n'osent le révéler!

AMOUK KT loi :\\7

Leur existence est si tioublée Que la pierre du mausolée Brille à leurs yeux coinine le; porl , Et que vaincus par la tempête Ils ne veulent poser la lète Que sur l'oreiller de la mort.

0 Viei'ge! écoute leur prière.

Sois indulgente et souris-leur;

N'abandonne pas sur la terre

Ces déshérités du bonheur.

Sois leur appui, sois leur patroinie ;

Que ton bras sur les environne

Et défende leur doux sommeil ;

Kelève, relève, Marie,

Cliaque fleur mourante cl flétrie

Qui n'a point de place au soleil.

Oh 1 s'il est une àme oppressée , Une femme au cœur imiocent.

3i8 AMOUR ET FOL

Qui garde un nom dans sa pensée Et qui pleure en le prononçant ; Oh ! verse l'espoir sur cette âme Vacillante comme une flamme :

Dis-lui qu'ailleurs on s'aime mieux ; Dis-lui qu'elle a toujours un frère y Et que, séparés sur la terre, Ils seront unis dans les cieux.

Rends à l'exilé qui t'implore

Un ciel plus calme, un jour plus beau ,

Et comme un reflet de l'aurore

Qui souriait à son berceau ;

Rends à l'orpheline égarée

Un peu de cette paix sacrée ,

Trésor d'en haut qu'elle n'a plus ;

Adoucis le fiel de ses larmes ,

Et dans un songe plein de charmes

Fais-lui voir ceux qu'elle a perdus.

AMOUR i:t foi :mî)

Kt puis sur cette route auière Où Dieu sème tant de couibats , S'il était une pauvre mère Dont le seul fils ne revînt pas, Soutiens dans sa longue détresse, Soutiens l'enfant de sa tendresse Qui marche avec peine et lenteur:

Vierge sainte, Vierge divine, Ne laisse pas croître l'épine Dans le sentier du voyageur.

Et nous qu'un regret suit encore, Quand nous te supplions bien bas Au nom de ce Christ qu'on adore Et que tu berças dans tes bras , O Vierge ! ô toi qu'un regret touche.

Laisse descendre de ta bouche Un langage délicieux:

O rose 1 entr'ouvre tes corolles Et tes parfums, et tes paroles iNous feront respirer les cieiix î

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