CHAPITRE y
Goirapitoa di raaov M di Baitef» ehti m «luntiaat, CMmUi* «•!» MdMtf»
Biod«nti
XLI. — A l'idéal d'amour qu'avaient rêvé Tune aprèi l'autre, de la diversité de leur point de vue, l'école spiritualiste de Socrate et l'école sensu^iste d'Êpicure, le christianisme ne fit donc aue substituer, de son point de Vue particulier, un autre iaéal, Tamour mystique. Des réformateurs judideuz n'eussent eu à faire qirune chose» c'était, en interprétant le sjrmbole sacramentel, de rétablir le sens juridique du mariage. Fidèles à leur haine de la nature et de rhumanité, les missionnaires du CSbrist enchérirent sur tous les raffinements de la philosophie Saienne. La même cause qui avait perdu la ifamule antique evait perdre aussi la famille nouvelle : de quelque manière que vous absorbiez le poison, en poudre, en liquide ou en vapeur, il vous tue.
Qu'est-ce d'abord que cet amour mystique?
L'amour mystique, variété de l'amour platonique, consiste à rapporter à Dieu, beauté étemelle, amour créateur, le sentiment que la nature a établi entre l'homme et la femme, et que les Grecs indiscrets avaient étendu à la nature entière, sans distinction de règne, d'espèce ni de sexe. Du reste, de même que l'amour platonique, et bien plus encore que Pamour platonique, Tamour mystique tend à une continence absolue^ à la castration mentale ;
100 AMOm ET MABIAGC
ce oui emporte toujours la n^ation de la sexualité, et finalement de l'amour même.
L'origine de ce mysticisme se confond avec celle des religions. Sans parler des mystères aphrodisiaques, qui y conduisaient, on sait que chaque cité se regardait comme unie conjugalement à un dieu, qui la prenait sous sa protection et a qui elle se dévouait par un culte spécal. Les prophètes sont pleins de cette idée : Jéhovah a trouvé la cite Israélite nue et proscrite; il Ta recueillie, épousée, chargée de parures et d'or ; la Loi est son contrat de mariage, le fameux Cantique son épithalame.
La poésie mystique de Tlnde a pour texte habituel l'amour passionné et extatiqae de l'âme pour son ei^teur. Cet amour» le plus éthéré et le plus saint que l'homme puisse sentir, s'j exprime par les images sensuelles du Cantique éki eamiiqnâs^ mais STec une candeur d'exprèstion que l'hébreu lui-même n'atteint pas. On j sent la nudité innocente de l'homme et de la femme dans la pureté sans tache et sans ombre d'an antre Eden. {Omn familier de litiérature, par M. de Laxabxub, eitatioB du baron d'£ckstein.)
Le christianisme, condamnant la chair et tout attachement à la ci*éature, devait porter au plus haut degré Famour mystique, le développer, l'enseigner sous toutes les formes, en faire un précepte et une condition de salut. — " Je vous ai fiancés tous à un seul époux ^ dit Paul aux * Corinthiens , au Christ^ comme une Vierge chaste. „ Le Nouveau Testement, les Pères, les mystiques , les sermonaires, ne parlent que des noces du Christ avec son Eglise, du mariage de l'âme avec son Créateur, de l'union des vierges avec Jésus, leur divin époux. De même çue le paganisme, on peut dire que le christianisme se résout tout entier dans une idée, l'amour.
On comprend que dans ce système le mariage soit re-
fardé comme une esçèce d'infidélité, dont l'auteur de tout ien, de toute beauté et de tout amour. Dieu, est jaloux, et qu'il ne permet que par un excès de miséricorde.
Celui qui est sans femme» dit l'Apôtre, ne songe qu'à plaire à Bien, tandb que l'homme marié doit contenter encore son épouse. PareiUemeat la fierge qui se garde pure de cœur et de corps ne songe à plaire
AMOlll ET MARUGiî 101
qjffvx Seîgaeor; au lieu que la femme mariée doit a'oocuper eaeoxe du monde et plaire à son mari.
De fait et de droit le mariage chrétien, accordé par to* lérance, réservant à Dieu, à TÉglise, au prêtre, les préfé* rences intimes du cœur, est un concubinage, pis que cela, un adultère.
Suivons , dans ses conséquences logiques et pratiquflti cette nouvelle théorie de Famour.