CHAPITRE m
THÉORIE DU MARIAGE 1. Héfoltat général de la diiciiwSoB
XXIX. — Rédaction de Tamour à Tabsurde par mouvement même et sa réalisation ;
Réduction de la femme au néant par la démonstration de sa triple et incurable infériorité :
Voilà où nous a conduits jusqu'à présent Tanalyse. L'amour et la femme, deux éléments indispensables de la Tie, se réuniraient pour son malheur : le premier en serait le poison, la seconde apparaîtrait comme ragent de séduction qui nous verse cette coupe fatale. Dans la femme, nous crient les nères de TEglise, et dans Famour qu'elle inspire, 86 trouve le principe de toute corruption et de toute discorde : elle est la croix, la contradiction et la honte du Senre humain. Impossible de vivre avec elle et de se passer 'elle : se passer d'elle I c'est pour la dignité virile le dernier des outrages, un crime digne de mort.
Raisonnons cependant. La cause qui nous a fait aboutir à cette conclusion désespérante ne serait-elle pas précisément (jue nous avons considéré les choses d'une manière analytique et séparatiste, tandis qu'il faut les voir dans leur synthèse, là où seulement l'harmonie peut leur conférer la rationalité?
Ainsi, nous plaçant dans l'hypothèse chrétienne et platonique de l'éçalité des sexes, et considérant la femme dans l'indépendance de son individualité, abstraction faite des rapports d'amour, de maternité, de domesticité, qu'elle soutient avec l'homme, nous l'avons trouvée irrationnelle dans son existence et compromise par l'infériorité de sa nature. Que conclure de là r Sans doute que l'utopie platoniquO) spiritualiste, mystique et erotique de l'égalité sodale
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des sexes est inadm!' dible, mais aussi Que ce n'est pas do ce point de vue qu .a faut envisager la femme. Conçu à la manière Ae Platon, Tandrogyne est un monstre ; aest la faute de Platon.
Ainsi encore, nous plaçant dans cette autre hypothèse qui fait do Tamour le souverain bien, le droit le plus sacré, le principe même de tout droit, manifestation la plus haute de la Divinité ; puis, suirant cette notion de Tamour dans ses conséquences, nous en avons bientôt reconnu la mal- {aisance, et nous Tayons signalée comme Tune des causes les plus puissantes de la corruption sociale. Que conclure de la encore? Que Tamoar est mauvais de soi, une tentation du démon , un effet de notre déchéance originelle ? Non : ce serait manquer aux règles d'une saine logique» Nous conclurons seulement que Tamour, comme toutes les passions, comme toutes les forces de Tâme, comme la propriété, le travail, etc., est antinomique de sa nature; qu'en conséquence il fait partie d'un système plus grand que lui, dont la loi doit le soumettre et lui donner Téquilibre* L'amour ayant son point de départ dans l'animaUté, son moteur dans l'imagination, oscille entre deux extrêmes inséparables et irréductibles, qui sont les sens et l'espriti la chair crue, si j'ose ainsi dire, et l'idéal. Par la oontra« diction de son essence, l'amour suppose donc quelque chose qui le dépasse, une loi plus haute, une puissanco supérieure.
L'homme lui-même, mal|pré toute sa puissance, l'homme, considéré dans son individualité, paridtrait irrationnel, incomplet, incapable de toute dignité et élévation : irionsnous pour cela nier l'homme? Autant vaudrait nier l'uni* vers. Disons seulement que l'homme fait partie essentielle d'une collectivité hors ae laquelle il n'a plus sa raison d'être, chose qui n'a rien que de parfaitement concevable^ et que toute philosophie s'empressera d'admettre. Or, ainsi que nous le verronsbientôt, rhomme tient à la société par la femme, ni plus ni moins que l'enfant tient à sa mère par le cordon ombilical : reprenons donc, de ce point de rue de l'ensemble, notre examen de la femme; considérons, de ce sommet élevé de la collectivité humaine, les faits que nous avons recueillis^ et l'ordre ne tardera pas à y
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