X. — Devant cette complication d^embarras, j;)rovenaDtt
Îoit de la défaillance iuéntable de Tamour, soit de la fatlesse onéreuse de la femme et de la fragilité de ses at* traits, soit enfin de Talimentatiou plus onéreuse encore des enfants; eu présence de cette lassitude inévitable, de ce mécompte humiliant, de cette dépravation imminente, de cette tyrannie du plus fort qui attend la femme, de ce péirîl qui va frapjxer une malencontreuse progéniture, ou devine quel a du être, & toutes les époques, le yœu secret du cœur humain, et ce qui a douue uaisance à Tiustitutiou mystique du mariage.
L'amour : on le voudrait réciproque, fidèle, constant, toujours le inème^ toujours dévoué, toujours dans TidéaJ.
La femme ; quelle belle créature, si elle ne coûtait ries, si du moius elle pouvait se suffire à eUe-mémOy et jMur sou travsil couvrir ses frais 1
l^es ep&uts : ou «'eu coniolerait, s^ils oe g&toieot |^S8
la màrSi si Tamour et ses plaisirs u*7 peirâaiéut itoi» si
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{)lu8 tard les enfants pouvaient rembourser les parents de eurs avances.
Or, le mariage, dans la spontanéité de son institution, a précisément en vue de satisfaire à ce triple vœu : c'est nn Sacrement en vertu duquel 1"^ Tamour, d inconstant que Ta fait la nature, serait rendu fixe, égal, durable, indisso* lubie, ses.intermittences adoucies, son réveil plus soutenu , 2® la ferdme, de si peu de ressources, deviendrait un auxiliaire utile ; 3"* la paternité, si coûteuse, serait Textension du moi, Torgueil de la vie et la consolation de la vieillesse.
Le mariage, enfin, tel que Ta conçu Funiversalité des lé^slateurs, est une formule d'union par laquelle la domination serait donnée aux époux sur Vamour, cette fatalité redoutable née de la chair et de Tidéal ; la femme acquerrait une valeur économique, et les enfants seraient offerts comme une bénédiction et une richesse.
Ceci est-il sérieux?
La garantie que le mariage prétend offrir contre les défaillances de Tamour, en la supposant efiicace, en serait la dénaturation. Elle suppose, en effet, que Tamôur n'aurait pas seulement pour objet de servir à la génération , qu'il aurait encore une autre fin, soit de volupté pure, soit de suprême moralité : deux choses qui, ce semble, également lui répugnent.
Quant à- la femme, le calcul fondé sur sa capacité productrice est tout ce ^u'il y a de plus faux, comme on verra : mauvais associé, qui coûte en moyenne beaucoupplus qu'il ne rapporte, et dont Texistence ne repose que sur le sacri* fice perpétuel de Thomme.
Ne parlons pas, de grâce, des fruits de Tamour : de par la nature qui seule préside à leur procréation, Tingratitude est leur lot, j'ai presque dit leur droit. Uamour^ dit fort bien le proverbe, ne remonte pas.
Cependant ne préjugeons rien, même contre le préjugé. La raison de l'humanité ne procède pas, comme celle aes philosophes, par des inductions et des syllogismes; elle s'affirme par ses actes, d'ensemble et d emblée, sans se donner la peine d'écrire ses motifs sur le sable des ririères ou Pécorce des hêtres, laissant aux sages le soin de la comprendre et de la justifier. Suivons-la donc, et sans nous
AMOUR F.T MARIAGE tl
étonner de sa marche énigmatione, recueillons ses dédi^ rations à mèsnre qu'elles se proauisent.