XII. Je n'ai aucun renseignement sur cette vigne
XIV. Les auteurs alsaciens traduisent généralement le nom allemand de Klemnior par celui de Bureau^ qu'on donne aux Pineaux noirs et gris. Est-ce cette dernière forme que l'auteur a eu en vue?
XV. Les caractères donnés il y a trois siècles, par Bauhin, au raisin du Valtelin, lui sont encore exactement applicables aujourd'hui.
XVI. Au temps de Bauhin, la culture du gamé était interdite non seulement à Besançon, mais dans toute la province, en vertu de l'édit promulgué par Philippe II le 1" décembre 1567, non parce que le vin de ce plant n'était pas de garde, mais parce qu'il « étoit préjudiciable à la santé » et le Parlement tenait rigoureusement la main à l'exécution de cet édit. En 1613, l'année qui suivit celle de la mort de Bauhin, le magistrat de Salins, accompagné d'experts, vaquant à la destruction des Gamais, en vertu d'un ordre du Parlement, ne trouva, dans le vignoble du Bourg-Dessus, comprenant alors le vignoble de Bracon (et d'une contenance totale d'environ trois cents hectares* ou neuf cents journaux), que 222 ceps de gamés à extirper, en deux ou trois jours de vacations. Ainsi le gamé n'entrait pas pour un dix-millième dans les plantations de ce temps : il y était
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une curiosité rare ! En était-il dififéremment dans d'autres partiesde la province?
XVII. Tout le monde reconnaît ici le Noirin ou Pineau dr • Bourgogne.
. XVIII. On voit que Bauhin réserve la dénomination de Tramin ou Traminer à des raisins rouges. M. Pulliat regarde le Traminor rouge ou rose comme la forme rouge ou rose de notre Sacagnin (Nature). Le nom allemand de Schwarts-Klemmet\ qui désigne aussi le Noirin ^ prouve que les vignerons allemands n'ont pas échappé à l'inconvénient de désigner d'un môme nom deux plants différents.
XIX. Les Grappenans ou Grappenoux, cultivés encore aujourd'hui aux environs de Besançon, 4)nt toujours passé pour être identiques au Beclan de Poligny, ou Petit Margillien d'Arbois, auquel convient ce que Bauhin vient de dire des Grappenans.. Tout au plus pourraient-ils en être une forme très voisine.
XX. On croirait cette note écrite d'hier par un Bisontin de nosjours.
XXI. Je dois avouer qu'ici Bauhin nous laisse un peu dans la confusion. Il nous a déjà mentionné un raisin rouge qualifié à Montbéliard de Grises, et un autre également rouge qu'il nomme Tramin ou Traminer d'après les Wirtembergeois. Que faire d'autre part de « ce raisin rouge, assez petit, qu'on nous dit semblable de forme et de couleur aux Bregins, qui ont de grands raisins noirs »?
XXII. Chacun sait que notre Poulsard est qualifié de Plant d'Arbois dans le nord de la province, à partir de Besançon. On voit que cette appellation est ancienne.
Charles Rouget s'est arrêté, dans sa traduction, à l'Uva MonBtrosa barbata, qui forme un paragraphe spécial. Espèce très rare, dit Bauhin, qui a été observée en 1599, en Palatinat, par leprince Ernest de Bade, et envoyée, par lui, à Dorlach, pour qu'un graveur fidèle transmît ce phénomène à la postérité. Suit la description de Rentzius. C'est une double grappe dont les grains laissent pendre des filaments jaunâtres, entremêlés et longs de deux pieds, véritable crinière d'où l'on a tiré le nom de ce raisin extraordinaire.
D'après la planche de Bauhin et ses explications sincères, voire naïves, nous nous trouvons certainement en présence d'un raisin atteint de cuscute. On sait qu'il existe une Cuscute de la vigne, susceptible de vivre, tantôt sur les pampres, tantôt sur les fruits^
1. ViALA et BoYER, La Cuscute de la Vigne (Cuscuta monogyna^ Vahl.), in Reçue de viticulture^ 1899.
Il est probable que si Bauhin avait pu voir, autrement qu'en image, la grappe en question, il aurait diagnostiqué le parasitisme accidentelvde cette étrange barbe : à coup sur, il n'aurait pas consacré tout un paragraphe à cette pseudo -monstruosité.
Au début du chapitre, avant d'attaquer les descriptions de cépages, Bauhin cite déjà quelques phénomènes analogues.
Théophraste, dit-il, signale parmi les prodiges du règne végétal une vigne de plant noir qui donne des raisins blancs. Les aruspices en tiraient des présîiges, sauf quand il s'agissait de la vigne Capneia, coutumière, paraît-il, de semblables transformations. Bellon a observé à Gallipoli, dans un monastère d'Augustins, une vigne toujours chargée de fruits, et que les moines affirmaient avoir déjà vendangée 7 fois d»ns l'année.
S'agit-il, dans le premier cas, d'une décoloration accidentelle, comme le Pinot blanc rral, ou simplement d'un aspect trompeur, comme le Chasselas clolet; et, dans le second, d'un cépage fertile en conscrits, comme VUca dl tri rolte et nos Ganiayt< teinturiers; ou bien d'une vigne à grappes dont les grains mûrissent inégalement, comme celle signalée à Gai veston par Michaux \ et, de nos jours, à Madagascar, par le général Gallieni*? Il est bien difficile de le savoir.
Dans son examen de l'antiquité, Bauhin saute Caton, apprécie Varron, résuiîie Columelle et le cite souvent; il examine avec Dalechamp quelles sont les espèces citées par Pline qui existaient encore de son temps. Arrivent là les monographies Rouget suivies de YUca barbatà. Il étudie ensuite, et longuement, la vigne au point de vue philologique, botanique et cultural, suivant pas à pas les anciens et commentant leurs dires avec beaucoup d'art. De la vigne il passe au verjus, du verjus au raisin sec, du raisin sec aux différents vins : bref, il consacre, soit à la viticulture, soit à l'œnologie, trente pages, grand in-folio, d'une impression très serrée. C'est dire la mine inépuisable qu'offre au vigneron intellectuel ce botaniste éminent.
1. Bosc, in art. Vigne de Y Encyclopédie métJwdique^ t. VII, p. 767.
2. Lettre du général Gallieni à M. Gloriod, in Bulletin dé la Société des Viticulteurs de France et d Ampélog rapide ^ 1899.
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GASPARD BAUHIN
Biographie :
Destiné d'abord à la théologie pour laquelle il montra peu de goût, Gaspard Bauhin, frère cadet de Jean, fut pris, comme lui, de la passion de la médecine et de la botanique. Il étudia successivement en Suisse et en Italie, puis en France, à Montpellier d'abord, et à Paris ensuite, où il suivit le cours de chirurgie de Severin Pineau. Il acquit ainsi rapidement le renom d'un très docte médecin, si bien que, en 1596, le duc de Wirtemberg l'adjoignit à son frère aîné, comme' médecin de sa cour, mais sans l'obliger à la résidence. Gaspard, définitivement fixé à Bâle où venait de mourir son père, succéda, en 1614, à Félix Plater, premier professeur et premier médecin de la ville.
Dans son Pinaœ^ entreprise hardie, il conçut le- projet de faire la concordance de tous les noms que les divers auteurs avaient donnés à la même plante. Il se livra, dans ce but, à d'immenses recherches et entretint, toute sa vie, une volumineuse correspondance. Il ^tait meilleur botaniste qu'anatomiste. Telle était du moins l'opinion de Riolan, doyen de la Faculté de Paris et médecin de la reine Marie de Médicis, opinion de confrère, il est vrai, plus jaloux qu'éclairé. Mais il est certain qu'il a classé les plantes avec une sagacité rare. C'est ainsi que, contrairement à l'avis de son frère Jean, il rangea dans les Solanées la pomme de terre, tubercule déjà cultivé en Italie à cette époque. O Parmentiep !
Il est regrettable que les deux frères aient vécu toujours loin l'un de l'autre. Réunis dans une collaboration plus immédiate , leurs efforts parallèles eussent été plus féconds et auraient peutêtre abouti à nous doter d'une classification générale, que, séparément, fls n'ont pu qu'ébauchera
Cité par les ampélographes avec les lettres fatidiques C. B. Pin., (Caspardi Bauhini Pinaœ), Gaspard Bauhin est, cependant, loin
1. Avec Gaspard ne s'éteignit pas l'illustre lignée du médecin d'Amiens. Son fils, Jean-Gaspard Bauhin (1606-1685), marcha sur les traces de ses parents et fut professeur à Bâle. Et c'est un enfant de celui-ci, Jérôme Bauhin (1637-1667), qui publia, en 1664, VHerbier de Tabernamontanus. La science était, dans cette famille, une noblesse héréditaire.
d'avoir montré une tendresse excessive pour la vigne, plante grimpante quelconque. Pour s'en convaincre, il suffît de parcourir son PinaXy où il lui consacre beaucoup moins de place qu'au chiendent et au géranium.
Texte : CASPARI BAUHINI, rirô clariss.^
IIINAS Theatri Botanici, opus XL annorum. Bâle, Jean Roy, 1671.
Lib. VIII, sect. i, p. 298, il dit : a On divise la vigne en vigne cultivée et en. vigne sauvage. La plus importante est la première. Ses raisins diffèrent de couleur et de grandeur, leurs grains sont verts, blancs, dorés, rouges plus ou moins foncés et roses. Certaines variétés ont des grains oblongs de la grosseur et de la forme des prunes, telles que la Pergulana; d'autres ont les grains ronds, de grosseur variable, tantôt serrés et tantôt clairs. Il en est qui manquent de pépins ou qui n'en offrent qu'un seul. Il est plus rare de rencontrer VUva barhata, La vigne sauvage est à grains noirs, très rarement blancs ou dorés, avec des pépins petits et mous. La saveur des raisins diffère, elle est tantôt simple, douce, âpre ou musquée, comme dans le Vitis apiana de Pline. Les feuilles offrent aussi des différences, les muscats profondément incisés jusqu'au pédoncule, comme ïltalica, les autres plus pleines. Tantôt minces, tantôt épaisses, vertes, rouges ou tachetées,, rugueuses ou lisses, certaines sont enfin presque hérissées [alia denique suhhirsuta), »
P. 299, il cite rapidement les vins, variables suivant les lieux, mais dont les plus réputés sont, pour la France^ ceux de Bourgogne, d'Arbois et le Muscat de Frontignan, — ce qui est plutôt court. — Il passe aux vins exotiques.
En Egypte, il y a un vin léger et aqueux, bien que la région soit très chaude. Hésiode semble l'avoir appelé Oinon Bihlinon peut être parce qu'il provient de la région où croît le Papyrus ou Biblos, Suidas en tire le nom de la ville de Biblon, dans le Liban, ou de la vigne Biblia,..
Dans les Indes, l'île de Baly a des vignes qui produisent deux vendanges par an.
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Après ces considérations générales et ces préliminaires historiques, l'auteur décrit huit types de vignes, quatre cultivées et quatre sauvages.
I. La Vitis vinifera proprement dite, dont les raisins verts servent à confectionner le verjus, le Sirupus de A g resta,
II. Ura passa major, Boumastos des Grecs. Non seulement ces grappes, mais encore leurs grains, gros et oblongs, sont d'une taille extraordinaire. Les Arabes la nomment Uca Zibibl, les Latins Passa, les Allemands Zibehen Meertreubel, c'est-à-dire Uva Marina,