V. la note 1 de la p
3. Berget et Camuzet. Notes ampélographiques sur la Famille des Pinots, p. 24. Mâcon, Protat, 1899. Excellente, étude, où tout ce qui concerne cette question si délicate des Pinots et des Morillons a été traité de main de maître par les auteurs, tous deux observateurs sagaces et sincères, également praticiens et bons écrivains.
4. V. PuLLiAT. Les Raisins précoces pour le vin et la table, p. 42. Coulet, Montpellier, 1897.
240 AMt>ÉLOGRAPHIE RÉTROSPECTIVE
Mantoue serait le SiUcion ou Panse précoce. Mais cette Panse^ malgré son surnom de précoce, mûrit rarement dans nos régions au point d'avoir le grain «jaune ambré» et d'être «d'un suc extraordinaire». Je pencherais volontiers pour le Lignan.
Raisin d'Autriche. Le Cioutat était autrefois beaucoup plus répandu qu'aujourd'hui. Son infériorité de qualité par rapport aux autres Chasselas l'a fait éliminer, petit à petit, des cultures, malgré l'étrangeté de son feuillage.
Chasselas. Le nom de Bar-sar-Aube^ appliqué au Chasselas, existe encore dans l'Aisne, où les vignerons le prononcent en patois Bdssiraube. Sur les confins de la Côte-d'Or et de la Haute- Saône, le Chasselas est dit Marlan, forme de Mourlon ou Meurland. Quant à M oscadc'i, troisième synonyme de Merlet, il semble qu'il y ait eu pour lui confusion et permutation de noms. Muscadet a dû s'appliquer d'abord au Saurignon, très répandu autrefois dans les régions Centre-Est, puis s'étendre, par erreur, à d'autres variétés, telles que le Melon et le Chasselas, qui, peu à peu, se mêlaient à lui et l'ont remplacé.
Chasselas noir. Encore rare aujourd'hui ; n'est guère cultivé qu'à Mornant; médiocre quoique fertile; plus pourrisseux que le type blanc. J'ai vu quelques treilles de Marlan noir dans le Valde-Saône. Raisin insignifiant.
Muscats. Les différents Muscats cités par Merlet sont bien reconnaissables. Le noir doit être le Calllaba. Autrefois la culture des raisins muscats était fort importante; c'étaient les fruits préférés du dessert. Aussi, les vieux auteurs les décrivent-ils presque toujours exactement. Dans le sud de la Haute-Marne, on appelle encore les Chasselas des Muscats et l'on donne aux vrais Muscats le nom de Muscat musqué. Le goût du public a changé, et, seuls, les Anglo-Saxons ont conservé le vieux culte des gî'appes à saveur de musc et même de fox.
La médiocrité des vins de liqueur, fabriqués actuellement par des industriels sans pudeur, fait regretter les anciens produits. Les Alsaciens cherchent un cépage muscat approprié à leur climat et susceptible de leur donner ces vins, genre Tokai, si recherchés •des consommateurs. Pour cela, ils ont introduit VOttonnel, un peu tardif et irrégulier, et la Muscadelle, de Bergerac, non musquée malgré son nom.
Quelques hybrides, producteurs directs, pourraient peut-être leur rendre service, tels que le Delaware, et les n»» 117-3 et 199-88 de Couderc.
Vigne grecque. Merlet compare le Grec Rouge au Bourdalais ou Verjus^ parce que celui-ci est le plus gros raisin anciennement connu. Mais le soin qu'il met à décrire sa feuille, panachée de rouge à la maturité, nous indique bien qu'il s'agit ici du Grec et
non du Verjus. Saint-Jacques est une fausse assimilation. C'est peut-être le Cinsaut. Il y a deux Saint-Jar(jw*i*, musqués tous deux, l'un blanc et Tautre noir^
Jennetin. Ce Muscat d'Orléans est : soit le Sauriffnon de Pouilly-sur-Loire, soit le Romorantin mal déterminé alors, soit même le Pinot yris,
Baunié. Quel est ce cépage sinon VAlif/otêf Le Beaunois signifie habituellement le Chardonnay. Mais Merlet, qui ne connaissait pas, je suppose, le Pinot blanc rrai^ a désigné déjà celui-ci sous le nom de Morillon hlanr. Il est donc probable que son Baunié est bien V Aligoté. A Champlitte, on l'appelle encore Ganiay Idanc^ et à Prauthoy, Malain blanc.
Bourguignon. Indications confuses qui s'appliquent, soit au Tressot de l'Yonne, soit au Trousseau du Jura. Les raisins de la Franche-Comté n'ont été connus en France qu'assez tard, sans quoi le Bourguignon aurait pu être le Saragnin.
Raisin d'Abrioot. C'est encore une variété à gros grains <;onfondue avec le Verjus, peut-être la Hicane citée par Kabelais.
Mélié. Le Moslier noir existe encore dans la Haute-Marne, mélangé, en faible proiK)rtion, aux vignes de Meslicr blanc. A Champlitte, Heuilley-Coton, sur les confins de la Haute-Saône et du sud-ouest de la Haute-Marne, dans la vallée de l'Amance, on trouve encore aujourd'hui les Mesliers de toutes couleurs. Le cru de Soyères, dans la Haute-Marne, tirait môme sa réputation de -c-et encépagement. Le Meslier vert, d'après les vignerons de cette région, ne serait que le Meslier jaune, sélectionné, serré et moins coulard que le type, et demeurant vert à l'ombre. Plus fertile que Je jaune, il lui est préféré. LArbonne de la vallée de l'Amance est encore un autre Meslier^ qui n'est ni le doré ni le gros du (TÛtinais. Par sa grappe grosse, son pédoncule vert et sa maturité un peu tardive, il se rapprocherait plutôt du second que du premier. Parfois, dans le Centre, le Meslier cert désigne le Peurion.
Sauvignon. Ce n'est pas le raisin de Sauternes, puisqu'il est noir. Serait-ce le Saragnin f Peut-être Merlet a-t-il eu en vue le (^abernet^ la forme noire du Sauvignon étant rarissime.
Gamet blanc. Quel est ce Ganiay blanc f Espérons qu'il ne s'agit pas ici du Ganiay Gloriod^ qui n'aurait pas lieu d'en être bieii glorieux. Le cépage visé ici est soit le Melon, soit le Peurion^ soit le Romorantin.
Gouais bland. Variété spéciale, identique dans Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Aisne, Aube, Côte-d'Or et Jura. Le Gouais tiolet est Y Enfariné du Jura, appelé Gouais noir dans l'Aube, Grisard •dans la Haute-Marne et Gaillard dans le Val-de-Saône.