Cf. Odart, Ampél. Unicers., p
La forme noire du Gouais blanc est peu iconnue; c'est peutêtre le Petit Goix de l'Aisne. La grappe du Gouais^ assez semblable à celle du Chasselas^ est plus longue que celle de VEn/arln/», Tous deux sont caractérisés par une acidité extrême, persistant à la maturité.
Piquant-Paul. Piguepoul, Pirpouille, Picapulla. Il y a le noir, le gris et le blanc. Ce dernier est un cépage très ancien, dit H. Mares (Cépages Méditerranéens, p. 67) ; bien qu'il soit cultivé en Espagne, il paraît être originaire du Bas-Languedoc.
Raisin Suisse. Probablement le Tressot panaché.
Frementeau. Frumenteau et Fromenteau, Auternas gris^ Pinot burot, etc.
Roche blanche. Folle blanche. Porte, en effet, le nom de Bordelais en Gôte-d'Or; c'est le seul rapprochement possible avec le Verjus, cépage qui n'offre aucune analogie ampélographique avec lui.
Malvoisie. Synonyme du Pinot burot dans le centre de la France. Diffère totalement des deux autres Malvoisies.
Surin. Suren ou Saucignon. C'est le cépage de Château- Yquem qui, planté par Henri IV, à Prépaton, près Vendôme, donna l'excellent vin de Suren que les courtisans, peu au courant des crus et des cépages, baptisèrent bientôt vin de Suresnes. D'où, la légende de ce cru parisien qui n'a jamais produit que du vinaigre, mais de l'excellent vinaigre.
Rognon -de-Coq. Désigne habituellement le Côt ou Malbeck^ Merlet l'indiquant à grains blancs, allongés et tardifs, ce doit être une Olivette quelconque.
Bourdelas. Ce cépage, décrit exactement par Merlet, a été souvent' confondu par les anciens auteurs avec d'autres variétés à gros grains, fort différentes. Étant de ces grappes chanaanesquesla plus communément répandue, on a cherché à lui assimiler le* autres, comme la Bicane et le Grec. C'est ainsi que, en Ile-de- France et en Picardie, on l'appelait Grey et Grégeoir. Originaire du sud de VltaLUe, le Bourdelas n'est autre que la fîtvmes^fa bianca. Cf. ce que nous en avons déjà dit. p. 124, h, l'article Pergule.
Ploqué. Adjectif de vieux français qui signifie panaché, mélangé. Raisin probablement de maturité irrégulière, à grains de couleur différente. On a bien fait de l'éliminer ; il en reste encore assez de bons sans s'encombrer encore des médiocres et des mauvais.
Biographie :
Jean Chardin, flls d'un bijoutier protestant de Paris, fut envoyé^ par son père, à l'âge de vingt-deux ans, aux Indes Orientales, pour affaires concernant son commerce. Le jeune Français traversa la Perse en gagnant Surate, puis il revint séjourner six ansà Ispahan. Il eut le temps de visiter à loisir les ruines de Persépolis ; et les descriptions détaillées qu'il nous a laissées des ruinesde cette région n'ont probablement pas été inutiles aux Français du XIX* siècle, qui ont été les découvrir à nouveau. De retour à Paris, en 1670, il y fût mal accueilli, à cause de sa religion, à laquelle il avait l'exorbitante prétention de demeurer fidèle. Il repartit en Asie, chercher la liberté qui lui manquait en France, et il vécut encore une dizaine d'années, en Perse. Quand il revint définitivement en Europe, il alla droit à Londres, où le roi Charles II lé combla de faveurs et lui conféra le titre de chevalier^
Chardin passa les dernières années de sa vie à mettre ses notesen ordre et à publier ses récits de voyage. La première partie de cet intéressant journal parut à Londres, en 1686, et la seconde, à Amsterdam, en 1711.
Dans chacun de ces deux ouvrages, il est souvent question devins et de raisins.
Texte : JOURNAL DU VOYAGE du Chevalier
CHARDIN en Perne et aux Iruies orientales par la Mer Noire et la Colchide, Londres, 1686, in-folio.
P. 314. Il y croist ' le plus beau raisin de Perse. On l'appelle Chaoni, c'est-à-dire Royal. Il est doré, transparent et gros comme une petite olive. On en transporte du sec dans tout le royaume. On en fait du vin le plus violent du monde, et aussi le plus délicieux, qui est épais comme tous les vins de liqueur. Cet excellent raisin ne croît qu'à de jeunes ceps. On ne les arrose point, et ils