‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 110 sur 180 · A Casbin · texte numérisé non relu

A Casbin

sont cinq mois d'été en un terrain sablonneux, et sous un ciel brûlant sans recevoir une goutte d'eau. Quand la vendange est faite, on laisse aller le bétail dans les vignes pour brouter, puis on en coupe le plus gros bois, et on ne laisse que de jeunes ceps hauts d'environ trois pieds, qu'on n'a pas besoin, comme on voit, de faire soutenir par des échalas. Aussi ne s'en sert-on point.

P. 73. En Colchide les fruits sont sauvages, seul le raisin est bon.

La vigne croist au tour des arbres et monte à la cime des plus hauts. J'ay vu de si gros seps, qu'à peine pouvois-je les embrasser. On taille la vigne tous les quatre

ans une fois. Le vin de Mingrélie est excellent Si les

gens du pays savoient faire le vin comme nous, le leur seroit le meilleur du monde ; mais ils n'y apportent aucun des soins nécessaires. Ils creusent de gros troncs d'arbres et s'en servent de cuves. Ils foulent là dedans le raisin.

P. 256. Les Arméniens ont par tradition que Noé planta la vigne tout proche d'Irivan, et il y en a même qui marquent l'endroit, et qui le montrent à une petite lieue de la ville.

VOYAGES de M. le Chevalier CHARDIN, en Perse et autres Ueuœ de VOrient.

Amsterdam, 1711, en 10 vol. in-12.

T. IV, p. 53. Après les Melons, les fruits excellens de Perse sont le Raisin et les dattes. Il y a plusieurs espèces de raisins, jusqu'à douze ou quatorze; de violet, de rouge et de noir. Les grains en sont si gros, qu'un seul fait une bouchée. Celui dont ils font le vin à Ispahan s'appelle Kich mich, qui est un petit raisin blanc, pour la plus grande partie, et meilleur que nos muscats. Mais quand on en a beaucoup mangé il prend à la gorge ; et il échauffe si l'on en mange avec trop d'excès. Il est rond et sans pépins ; au moins ne s'aperçoit-on pas en le mangeant qu'il y en ait. Mais quand le vin cuve, on voit les grains de ce raisin flotter dessus comme de petits filamens déliez,

presque comme la pointe d'une épingle, et fort tendres. On garde en Perse le Raisin tout l'hiver, le laissant la moitié de l'hiver attaché à la vigne, chaque grappe enfermée dans un sac de toile, pour empêcher les oiseaux d'y toucher. On le cueille à mesure qu'on le veut manger. C'est l'avantage du bon air que les Persans respirent qui est sec, et qui conserve tout, au lieu que par la qualité de nos airs humides, tout se gâte et se pourri t"chez nous. Ils font le raisin sec en pendant les grappes au plancher, d'où le Raisin tombe grain à grain. Au Pais de Kourdeston et vers Sultanie, où il y a beaucoup de violettes, on en mêle les feuilles avec le raisin sec ; et l'on dit que cela tient le ventre en bon état : le raisin en a assurément meilleur goût. Le meilleur raisin qu'on mange aux environs d'Ispahan est celui que les Guêbres, ou anciens payens Persans, cultivent, et particulièrement celui de Negesabad... Ils cultivent le raisin avec plus de soin que les Mahométans, parce que le vin leur est permis par leur religion, comme aux Juifs et aux Chrétiens

P. 201. On fait du vin dans toute la Perse, hormis dans les lieux où il n'y a personne à qui il soit permis d'en

boire Le meilleur se fait en Géorgie, en Arménie, en

Médie, en l'Hyrcanie orientale, à Chiras, à Yesd, ville capitale de la Caramanie. Le vin d'Ispahan était le pire de tous, avant que les Européans délicats se mêlassent de le faire ; ce qui est arrivé depuis quinze à vingt ans. On le faisoit de ce petit raisin doux qui n'a point de pépins, et il étoit très-fumeux, rude à boire, et froid à l'estomach, disoit-on. Les Arméniens imitent les Francs, et le mêlent avec de gros raisins, de quoi ils font de fort bon vin, et qui porte fort bien Teau

Les Arabes donnent en revanche un nom honoraJ)le à la vigne, ils l'appellent Keram, c'est-à-dire libéral, parce que le jus qui en sort porte à la libéralité et aux belles actions.

P. 226. Chardin raconte qu'on ne cultive pas la vigne, mais qu'elle croit spontanément et librement sur les arbres. On l'enterre l'hiver de crainte de fortes gelées.

« Le raisin qui croît à Casbin est le plus gros que j'aye vu, et des plus excellents du monde. Il croît dans un climat extrêmement chaud et brûlant. Cependant, depuis que la vigne est en fleur, il ne pleut pas une goutte d'eau <iessus, ni on ne l'arrose pas. »

T. IX, p. 187. «La fertilité du terroir de Chiras est merveilleuse Mais le meilleur fruit est le raisin, dont il y

a de trois sortes principales : le Kismioh, qui est un petit raisin doux et sucré, auquel l'on ne sent point de pépin, quoiqu'en effet il y en ait, mais si petit et si tendre qu'il «st insensible; le gros raisin blanc/, et le gros raisin qu'on appelle de Damas, dont la couleur est rouge, et dont «oh voit des grapes pesant douze et treize livres. C'est de •cette troisième sorte de raisin et seulement de celle-là, que se fait ce vin si excellent et si renommé, qu'on appelle Vin de Chiras, qui pour la beauté de sa couleur, et pour la bonté de son goût, est estimé le meilleur de la Perse et de tout l'Orient. Ce n'est pas de ces vins de liqueur, qui plaisent d'abord à la bouche; au contraire, il me parut rude la première fois que j'en bus; mais lorsqu'on en a bu quelques jours, on le préfère à tout autre ; et ceux qui •s'y sont accoutumés, ne peuvent plus goûter d'autre vin. On le tient fort cordial et stomachal, excellent aux convalescents; mais comme il a beaucoup de chaleur et de •corps, il n'en faut pas faire d'excès. Quelques excès cependant qu'on en fasse, il ne donne jamais à la tête, à ce que disent généralement, et en tous païs, ceux qui en font leur boisson ordinaire. Sa couleur est du plus beau rouge, et «du plus vif, que l'on puisse voir ; mais ce vin n'est pas de ^arde, s'aigrissant d'ordinaire à la troisième année ; ce qui vient de ce qu'on ne le fait pas assez cuver, et qu'on le met trop tôt en bouteilles. Il a en revanche cette bonne «qualité qu'il ne se gâte point au transport. »

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