‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 121 sur 180 · CATALOGUE DES CHARTREUX · texte numérisé non relu

CATALOGUE DES CHARTREUX

Le Chasselas blanc est un bon raisin qui mûrit parfaitement, quand on a soin de le découvrir, il devient amlMré et d'un goût excellent, il se giairde longtemps.

Le Chasselas musqué est semblable au Chasselas blanc pour la couleur, mais il est musqué ; il mûrit parfaitement et de bonne heure; c'est un excellent raisin, il n'est pas fort connu.

Le Chasselas rouge n'est différent des autres que par sa couleur, c'est un bon raisin, il est rare.

Le Cloutai ou Raisin d'Autriche est presque semblable au Chasselas pour son goût et pour sa couleur, sa feuille «st découpée comme celle du persil. y

Le Corinthe blanc est petit, rond, sans pépin, il est très sucré et passe vite, c'est un excellent raisin.

Le Corinthe rouge ^st tout semblable au blanc, hors qu'il est rouge, il est aussi bon et sans pépin.

Le Muscat blanc est un excellent raisin, très musqué, d'un goût très relevé, il a de la peine à mûrir dans les années froides, il faut l'éclaircir pour que les grains soient moins serrés, pour lors il mûrit mieux.

Les Muscats rouges et les violets sont semblables aux précédents hors leur couleur, ils mûrissent mieux parce qu'ils sont moins serrés, ils sont très excellents et fort estimés.

Le Muscat d'Alexandrie ou Passe-longue musqué est ■excellent, se garde beaucoup de temps, il a de la peine à mûrir dans les années et dans les terres froides.

Le Muscat d'Alexandrie rouge est tout semblable au blanc, hors qu'il est rouge. Il est fort rare et fort estimé des curieux.

Le raisin panaché de noir et de blanc n'est estimé que par sa singularité.

Le Bourdelais ou Verjus est excellent pour confire et pour le verjus.

Il y a beaucoup de sortes de raisins qui sont curieux et qui mûrissent difficilement, comme les Cornichons rouges et blancs, le Grec^ etc. »

Notes :

La riche collection de vignes des Chartreux de la rue d'Enfer ayant formé le fond de la Pépinière du Lu<rcmbourfi , il n'est pas hors de .proix>s de rappeler ici ce qu'a dit de ce célèbre établissement le comte de Gasi>arin, pair de France et éminent agronome. Du même coup, nous connaîtrons ses vues en ampélographie et son jugement sur Odart.

Comte de Gasparin. Cours d'agriculture, t. IV, p. 603 et seq. — Le nombre des variétés connues est très considérable; leur surabondance contrariait déjà les anciens. Virgile les comparait aux grains de sable de Libye et aux flots de la mer Ionienne.

M. le duc Decazes est parvenu à en rassembler plus de 1,300 dans la Pépinière du Luœemhourtj ^ dans lesquelles, à la vérité, il y a beaucoup 'de double emploi; mais quelque soin qu'il ait mis dans ses recherches, il est loin d'avoir complété sa tâche. On ne lui a envoyé que les cépages les plus connus, et les 'anciennes vignes sont peuplées d'une multitude de plants inférieurs, qui n'ont pas de nom et qui disparaissent chaque jour.

Tout le zèle de M. Hardy, jardinier en chef, chargé de tant d'autres détails, ne peut suffire à l'étude de cette collection. Il faudrait qu'un savant fût chargé spécialement de ce travail qui pourrait être si utile, il faudrait qu'un double de la collection fût établi dans nos provinces méridionales ix)ur contrôler les résultats les uns par les autres, et pour obtenir la maturité des cépages qui nfe peuvent pas mûrir sous le climat de Paris.

On devrait d'abord s'attacher à comparer les plants recueillis, à établir leur synonymie, à les diviser en familles d'après leurs qualités domin<intes. On les suivrait ensuite pendant plusieurs années, et l'on noterait : 1" l'époque de la maturité; 2" la quantité de raisins portée par la souche; 3" la quantité de moût fourni par le raisin soumis à la presse; 4* la quantité de sucre contenu dans Je moût. On peut» même pousser plus loin Tanalyse et rechercher combien il contient de potasse, de tannin, de mucilage.

!• L'époque de la maturité est indiquée par la cessation des fonctions des vaisseaux qui transmettent la sève au raisin. Le pédoncule brunit et se vide; il s'arrache sans effort en entraînant les vaisseaux nourriciers; la couleur des pépins devient de plus en plus noire.

2» La quantité des raisins se détermine par leur poids et non par le nombre des grappes et des grains. Si l'on considère rque les sphères sont entre elles comme le cube de leur diamètre, et qu'ainsi un grain sXWramon, de 0"020rde diamètre, a une capacité huit fois plus grande qu'un grain de Pinot 0"010, on comprend

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