II. — MOYEN AGE et RENAISSANCE
Nous voici au Moyen Age. Un trou noir se fait dans l'histoire de l'agriculture. Le fer, à cette époque, servait plus à forger des glaives que des socs de charrue. Certes, on continue à cultiver la vigne et à faire du vin, mais
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probablement sans grande recherche. Lepincetma, l'échanson des siècles précédents, verse plus souvent le criicium, boisson des domestiques, qualifiée d' insuave par Isidore de vSéville% que les nobles vins de Chalon et de Mâcon, loués par Grégoire de Tours, -ou le muscat de Béziers, et le vin, plus précieux encore, de Gaza, coupé d'eau chaude •et de miel*. Les famines sont fréquentes, et l'on fait du pain avec tout ce qui tombe sous la main, des noisettes, des racines de fougère, et même des pépins de raisins ^
L'ampélographie de cette période n'est pas beaucoup plus féconde que celle des âges précédents : elle n'en -est d'ailleurs que le trop pâle reflet. Dès le XIII® siècle pour l'Italie, et le XIV^- pour la France, apparaissent en langage vulgaire les noms de quelques-uns de nos cépages actuels, mais les auteurs qui les citent s'astreignent rarement à des descriptions suffisantes : ils n'ont pas même l'air de se douter de leur utilité. On peut donc glaner dans leurs œuvres quelques indications utiles : mais le temps de la moisson n'est pas encore venu.
Dans le vague horizon de cette nuit intellectuelle, c'est l'Orient qui nous éclaire aux rayons, crépusculaires de la splendeur byzantine, dont les pâles clartés se fondent déjà dans l'aube resplendissante de la civilisation arabe.
A la requête de l'empereur Constantin Porphyrogénète (905-959), on publie, à Constantinople, les Géoponiques, recueil d'auteurs anciens dont il ne nous reste malheureu- ■sement que des fragments. Nous y voyons Florentinus indiquer l'adaptation de certains plants et décrire assez minutieusement la fameuse vigne Mersitès, Il est regrettable que cette estimable collection ne nous soit pas parvenue intégralement : elle contenait,, avec Démocrite, plusieurs autres écrivains, originaux et précieux, que nous ne connaissons plus guère que par* ouï-dire, leurs noms ayant