Le Baumier ou Se r cime n est propre à faire du vin
16. yitis Damascena H. Par. La Vigne de Damas. Les grains sont gros et ambrés et n'ont qu'un pépin et les grappes sont grosses et longues. Il y en a de blancs et de rouges. C'est un raisin de treille; il mûrit tard.
17. Le Mélier. Il y en a de noir et de blanc. Celui-ci est meilleur soit pour manger soit pour faire du vin, et il se garde longtemps. Ce qu'on nomme Mélier cert est blanc. Le vin qu'on en fait ne jaunit pas.
18. Vitis subliirsuta C. B. P. Le Bourfjidijtion, ou ReAseau, ou Tresseau, ou Morillon taeonné, est noir et moins bon à manger qu'à faire du vin. On l'appelle encore Fromenté, Meunier et Farineau parce que les feuilles sont couvertes d'un duvet 'cotonneux et blanc. Les grappes sont courtes. Les grains sont oblongs ; et comme ils sont fort serrés, il y en a presque toujours une partie qui ne mûrit pas. Il y a du Meunier blanc ^ du tjri^ et du noir.
19. Le Samznoireau ou Quille de coq a de gros grains et est assez bon à manger. Ce peut être le n" 21. Dans le Gâtinais on nomme Rognon ou Quille de coq des raisins niollasses, blancs et oblongs. Voyez encore le n* 28.
Il y a dans l'Orléanais un raisin que l'on nomme Gros noir ou Samoreau fourchu j dont le suc est fort noir.
20. Le Noiraut, la Teinse, le Teint, le Teinturier ou Raisin d'OrléanSy charge beaucoup la couleur du vin. Son suc est d'un rouge foncé, au lieu que les autres raisins, quoique fort noirs, ont le suc ordinairement blanc. Les feuilles de cette espèce sont très rouges, les grains ne sont pas gros. Ils font un vin plat ; mais, comme nous l'avons dit, fort utile pour donner de la couleur.
Les Provençaux appellent Taulier, ou Plan de Manosquo, un raisin noir, assez commun dans leurs vignes, rond, un peu ferme, doux au goût et qui noircit les lèvres.
21. Yitis Pergulanay acinis pninorunij niagnitudine et forma. C.B. Le Rognon de coq ou Raisin pâle^ espèce plus propre pour leg treilles que pour une autre situation. Le grain est oblong et foTt gros, et il mûrit très tard. En Provence on l'appelle Barlantin^ Pendoulau ou Vin de ponso. Voyez le n" 18. *
M. Garidel croit pouvoir distinguer cette espèce avec une autre assez commune dans les vignes des environs d'Aix, où on la nomme Grand Guillaume. Les grappes sont prodigieuses en gros-
seur et en longueur, quelques-unes pèsent jusqu'à douze livres. Les grains sont noirs et ressemblent à de petites prunes.
22. Ch. Estienne parle de Raisin de licre ou Daufifié, que M. Tournefort croit être le Vitis Allobrogica de Pline. On l'appelle Raisin grappe ; les grains sont ovales.
23. Le Raisin de Hambourg, apporté en Angleterre par un nommé "Warner, donne de grosses grappes. Les grains, tantôt rouges, tantôt noirs, sont un peu allongés, de médiocre grosseur^ très sucrés et vineux quand ils ont atteint leur maturité; ce qui est en octobre dans le climat de Londres.
24. Le Raisin de Péter sbourg est en très belles grappes. Les grains sont gros, allongés et très noirs. Ce fruit a ainsi une magnifique apparence; mais on ne trouve pas qu'il ait beaucoup de goût en Angleterre, où il ne mûrit que tard.
25. Le Jouanens de Provence mûrit de bonne heure, en juillet, quelquefois même à la fin de juin. Ses grains sont pointus, verdâtres, mollets et assez doux. C'est une espèce commune dans lesvignes du pays.
26. Aux environs d'Aix-en-Provence, on nomme Raisin grec, d'assez petites grappes dont les raisins sont serrés, d'un rouge foncé, durs, croquants, et dont la saveur, quoique fort douce, laisse sur la fin un peu d'astriction. En latin, citis acino rubro duriori^ sapori dulce. Garidel.
27. On y donne encore le nom de Grec et celui de Barbaroux, à une espèce fort commune dans les vignes, qui a les feuilles^ d*un vert gai, de belles grappes assez lâches, dont les grains sont ronds, d'un rouge ou roux qui laisse apercevoir du blanc ou une marbrure, assez gros, fort nious et d'une saveur très douce.
28. Ce qu'on appelle dans le pays Aulivetos ou Testicule de Gau mûrit de bonne heure, après les espèces les» plus hâtives. Les grains sont longuets, pointus, d'un noir rougeâtre et d'une saveur douce. (Voyez le n* 19.)
29. Vitis americana^ abutyli folio, acinis atropurpureis. Plumer. La Vigne des boucaniers. Les sarments sont pleins de jus et on les suce pour se désaltérer. Les feuilles sont entières, fortes, épaisses, succulentes. Les grains sont d'un violet foncé. M. Duhamel en a élevé de pépins, qu'il avait reçus du Canada.
30. Vitis Canadensis, aceris folio. Inst. R, Herb. Ses feuille? sont grandes et assez ressemblantes à celles de l'érable. M. Duhamel a élevé de pépins une vigne du Canada, qu'il croit être celle-ci r elle pousse et fleurit plus de quinze jours avant les autres vignes. Mais ces fleurs sont dépourvues d'étamines, ce qui fait qu'elle ne donne pas de fruit. Comme elle défleurit avant que les autres vignes entrent en fleur, on n'a pas encore pu la mêler avec^
quelque espèce propre à la féconder. Elle se dépouille aussi plus tôt que les vignes de France.
31. Vitls quinquefolia Canaclensis Scandent, Inst. R. Herb. La Vigne vierge, ainsi nommée de ce qu'elle donne rarement des fruits. Ses sarments grimpent de manière à tapisser les plus hautes murailles en s'y cramponnant, et faisant toujours de nouveaux progrès pendant une longue suite d'années. Elle s'est fort bien naturalisée en France, où on l'a apportée du Canada. Ses pédicules sont alternes, et chacun d'eux porte cinq feuilles, plus ou moins volumineuses, en ovale allongé, pointues par les deux bouts, terminées en longue pointe à leur extrémité antérieure, dentelées de loin à loin en scie sur leurs bords. Elles rougissent en automne, ce qui produit un bel effet : après quoi elles tombent.
Chaque vignoble affecte certaines espèces et certains noms. Souvent même les noms varient d'un village à l'autre. Et la plupart de ce que l'on qualifie d'espèces particulières ne sont que des variétés. La nomenclature de ce genre de plantes est donc très embarrassante
P. 344. Du plant du raisin noir. Les plans dont je fais cas et dont je tire un très bon vin, sont : 1" le Salcagnin ou Serragnin^ comme nous l'appelons. On le nomme Pinaut en Bourgogne. 2** Surtout le Petit Fendant que nous appelons Penotset. 3" Le Muscat noir. 4* Si on veut du vin rouge velouté et foncé, j'ai le Teinturier d'Espagne, raisin d'un acabit et d'une douceur admirable, il ne pourrit jamais et il sert à augmenter la couleur du vin rouge et k lui donner de la finesse.
Biographie :
Le jeune Duhamel fut un élève, plutôt médiocre, sur les bancs du collège. Il passa sa vie à se rattraper, et il y réussit pleinement; car il a laissé la réputation d'un savant et d'un travailleur. Logé près du Jardin des Plantes, il se lia avec son directeur, Dufay, et avec Bernard de Jussieu, dont les utiles conseils orientèrent ses goûts vers les sciences naturelles. Dès lors, il partagea son temps entré la Bibliothèque du Muséum, à Paris, et ses terres du Gâtinais. C'est là qu'il étudia la maladie du safran, qui lui
fournit la matière d'un Mémoire à l'Académie des sciences. Cette illustre compagnie l'admit ensuite dans son* sein, en 1728. Il lui présenta plus de soixante Mémoires sur les sujets les plus variés: Cordene, af/iirulttiro, architecture navale, sylviculture, pisciculture, ifaranee, arboriculture fruitière^ rien ne lui était étranger. Nommé inspecteur général de la marine, il fut astreint, par ses fonctions, à de nombreux voyages qu'il utilisait au mieux de son instruction agronomique. En 1751, il publia les six volumes de son Traité de la culture des Terres : il y préconise, d'après l'anglais Jethro Tull, la substitution des labours fréquents aux engrais. En 1768, il donne son œuvre pomologique, à la rédaction de laquelle avaient contribué son frère Denainvilliers et quelques -autres écrivains secondaires, tels que Le Berryais. C'est dans ce Traité des arbres fruitiers qu'il décrit, avec autant d'art que de vérité, quatorze variétés de raisins propres aux jardins.
Texte : TRAITÉ DES ARBRES FRUITIERS,
contenant leur fi (jure, leur description y leur culture, etc.
Paris, Saillant et Desaint, 1768.
T. II, p. 261. La connaissance' et la culture des vignes dont le fruit est des^tiné à faire du vin ne font pas l'objet de ce traité, qui ne comprendra que celles qu'on cultive avec succès dans les jardins de notre climat, et dont les fruits se mangent cruds, confits, ou séchés.
J. Vitis acino pavpo, subrotimdo, nif/rieante, prœcoci. Morillon hâtif. Raisin précoce. Raisin de la Madeleine,
Cette vigne devient moins grande que la plupart des autres. Ses bourgeons sont de force médiocre, d'un vert clair. Les nœuds sont peu éloignés les uns des autres. Sa feuille est petite, d'un vert clair en dedans et en dehors. La dentelure est large et peu aiguë. La grande découpure directe est longue d'environ quatre pouces et demi; les deux petites, de trois pouces; et les deux moyennes, de trois pouces et demi.
Ses grappes sont petites, bien garnies de grains, sans qu'ils soient pressés. Le grain est petit, un peu allongé, ayant cinq lignes et demie de diamètre, sur un peu plus de hauteur. Sa peau est dure, d'un violet noir, un peu fleurie. Sa chair est verdâtre. Son eau est un peu sucrée,
presque insipide. On y trouve deux petits pépins d'uni vert clair.
La précocité fait tout le mérite de ce raisin, qui neparoît ordinairement sur la table que pour le plaisir desyeux. On distingue plusieurs variétés de Morillon, à fruit blanc, à fruit noir commun, à feuilles blanches et farineuses, etc. Quoique le fruit en soit meilleur, comme il est moins hâtif, on les laisse dans les vignobles, et on neles cultive point dans les jardins.
- IL Vitls acino medio, rotundo, ex albido flavencente^ Chasselas, Chasselas doré. Bar-siir-Aube blanc. (PI. L)
Cette vigne est plus grande que la précédente. La feuille est de grandeur moyenne, découpée assez profondément. La grande découpure est longue de cinq pouces et demi ;. les deux moyennes de quatre pouces et demi et les deux latérales de trois pouces. La dentelure est large et peu aiguë. La queue est longue de trois pouces et demi à cinq pouces et demi. La grappe est grosse. Les grains sont ronds, de grosseur différente; ceux de grosseur moyenneont environ huit lignes de diamètre, et un peu moins de hauteur. La peau est dure, d'un vert clair; dans la parfaite maturité, elle tire un peu sur le jaune, et le côté du soleil prend une couleur d'ambre. La chair est très fondante,, d'un blanc un peu verdâtre. L'eau est très douce et sucrée^ Les pépins (de deux à quatre), sont verts marbrés de gris.
Cette vigne est la plus commune dans nos jardins ; parce que son fruit, qui est excellent, mûrit plus parfaitement qu'aucun autre raisin dans notre climat, et peut se conserver jusqu'en mai.
IIL vais acino medio, rotundo, riibello. Chasselas rouge.
Cette vigne est une variété de la précédente. La grappe est ordinairement moindre que celle du Chasselas dore, et les grains, un peu moins gros, sont légèrement teints de rouge sur un côté ; souvent le côté de l'ombre devient vert clair.
IV. Vitis acino rnedio, rotundo, albido, Moschato. Chasselas musqué.
La feuille de cette vigne est moindre, et d'un vert plus foncé que celle du Chasselas doré; les découpures sont moins profondes ; la dentelure est plus aiguë. La grande découpure est longue de quatre pouces, et les deux moyennes de trois pouces et demi. La queue est longue de trois pouces et demi à quatre pouces. Le grain est rond, à peu près de même grosseur que celui du Chasselas dore; la peau est dure comme celle du Chasselas, et non croquante comme celle du Muscat; elle est d'un vert blanc et ne s'ambre pas comme celle du Chasselas, La chair est d'un blanc tirant sur le vert. L'eau est abondante, sucrée et musquée. Les pépins (ordinairement deux) sont petits, gris, figurés en Calebasse. Ce raisin mûrit à la fin de septembre, environ quinze jours plus tard que le Chasselas doré. S'il est inférieur en qualité au Muscat blanc, il a l'avantage de mûrir parfaitement dans notre climat.
V. Vitis folio laciniato, acino medio, rotundo, albido. Cloutât. Ciotat. Baisin d'Autriche, (PI. IL)
Cette vigne est un peu moins grande que celle de Chasselas. Ses bourgeons sont d'un jaune, couleur de bois claire, et les nœuds sont peu distants les uns des autres. Ses feuilles sont palmées, laciniées en cinq pièces. La queue, longue de trois à quatre pouces, se partage à son extrémité en cinq pédicules quelquefois séparés les uns des autres dès leur naissance, quelquefois tous, ou seulement quelques-uns, joints ensemble dans une partie de leur longueur, et ensuite séparés. Ces pédicules sont une partie découverte des arrêtes qui s'étendent dans toute la longueur des cinq découpures de la feuille. La découpure directe est elle-même découpée régulièrement et assez profondément en cinq pièces inégales bordées de quelques dents peu régulières. Les deux découpures voisines sont moins étendues et divisées par l'arrête en deux parties inégales (la plus grande vers le bas de la feuille) bordées
de plusieurs moindres découpures ou grandes dents. Les deux découpures inférieures sont encore moindres et divi sées par leurs arrêtes en deux parties beaucoup plus inégales ; le côté inférieur a une découpure profonde ornée de trois ou quatre dents ; le reste de ces deux découpures inférieures est bordé de petites découpures ou grandes dents longues et aiguës. La grande découpure directe est longue d'environ trois pouces et demi ; les deux découpures inférieures, de deux pouces et demi ; et les deux moyennes, de trois pouces.
La grappe est moins grosse et moins garnie de grains que celle du Chasselas doré; le grain est un peu moins rond. Sa couleur, sa chair, son goût, etc., n'en diffèrent point, et le temps de sa maturité est le même. Très peu de grains ont deux pépins.
VL Vitis apiana, acino medio, subrotundo, albido, moschato. Muscat blanc. (PI. III.)
Cette vigne est à peu près de même grandeur que le Chasselas, Sja feuille n'est pas profondément découpée ; mais elle est d'un vert plus foncé, et ses dents sont beaucoup plus aiguës que celles du Chasselas, Sa grande découpure est longue d'environ cinq pouces et demi ; ses deux moyennes, de quatre pouces trois lignes ; et les deux plus basses, de trois pouces. La queue, médiocrement grosse, est longue de trois pouces et demi à cinq pouces.
La grappe est longue, étroite, presque conique, se terminant en pointe. Les grains sont ordinairement trop serrés, un peu alongés, plus renflés par la tête que vers la queue; leur diamètre est de sept lignes et demie, et leur hauteur de huit lignes. La peau est croquante, d'un vert clair, un peu fleurie, ambrée du côté du soleil. La chair est moins fondante que celle du Chasselas, d'un blanc un peu bleuâtre. Les pépins (trois ou quatre) sont petits, blancs marbrés de gris mêlé de violet.
Ce raisin, le plus excellent de tous, acquiert rarement une parfaite maturité dans notre climat.
VII. Vitis apiana, acino medio, rotundo, rubro, Moschato. Muscat rouge. (PI. IV.)
La feuille de cette vigne est de même forme que celle de la précédente, un peu moins grande ; les découpures ne sont pas plus profondes ; la dentelure est semblable, longue, étroite, très aiguë. La découpure directe est longue de quatre pouces neuf lignes; les deux moyennes, de quatre pouces, et les deux petites, de trois pouces. La queue, grosse, ronde, est longue de trois pouces et demi à quatre pouces et demi. La feuille et la queue se teignent de bonne heure de rouge foncé tirant sur le violet.
La grappe est alongée comme celle du Muscat blanc, moins garnie de grains, parce que la fleur est plus sujette à couler. Le grain est bien rond, de hauteur et diamètre égaux (sept à huit lignes). Son pédicule est assçz gros. La peau est plus ferme que celle du Muscat blanc; les grains qui ont été frappés du soleil sont d'un rouge, vif, presque pourpre; les autres sont d'une teinte pâle, et comme marbrés de jaune et de rouge clair. La chair est fernie, d'un blanc bleuâtre. L'eau est musquée, relevée et agréable. Dans la plupart des grains il ne se trouve qu'un pépin.
Si ce raisin est moins excellent que le Muscat blanc, il a le mérite d'acquérir plus de maturité dans notre climat.
VIII. Vitis apiana^ acino magno, oblongo, molaceo, Moschato, Muscat violet.
La feuille de cette vigne diffère très peu de celle du Muscat blanc, pour la grandeur, la forme, la dentelure, etc., etc.
Le fruit est gros, un peu alongé, ayant huit lignes de diamètre, sur neuf lignes de hauteur. La peau est très dure, d'un violet assez foncé et fleuri. La chair est un peu verdâtre. L'eau est musquée et fort agréable, moins cependant que celle des deux précédents. On trouve dans chaque grain deux ou trois pépins assez nourris.
IX. Vitis apiana, acino medio, subrotundo, nif/ricante^ Moschato, Muscat noir.
La feuille de cette Vigne est découpée encore moins, profondément que celle des autres Muscats; les découpures étant si peu sensibles, qu elle paroît presqu'entière. Sa grande découpure n'a que quatre pouces trois lignes de longueur; et les deux moyennes, trois pouces neuf lignes. La queue est longue d'environ trois pouces et demi. Le fruit est moindre en grosseur et moins alongé que le Muscat violet ; son diamètre est de sept lignes trois quarts, et la hauteur de huit lignes. Sa peau est noire, ou d'un violet très foncé et fleuri. La chair est très légèrement teinte de rouge sous la peau. L'eau est musquée. Ordinairement chaque grain contient quatre petits pépins, pointus, rougeâtres d'un côté.
Ce Raisin est bien inférieur en qualité au Muscat blanc; cependant il est estimable, étant sucré et agréable, et mûrissant beaucoup mieux, quoique le grain soit aussi serré : d'ailleurs cette vignje est de bon rapport.
X. vais apiana, acino maximo, ovato, e viridi flavencente, Moschato Alexandrina, Muscat d'Alexandrie.
Pa^se-longue musquée, (PI. V.)
Les feuilles de cette vigne, un peu moindres que celles des autres Muscats, sont découpées plus profondément, garnies de dents plus fines et un peu plus aiguës.
La grappe est grosse et alongée comme celle des autres Muscats. Le grain est fort gros, ovale, régulier, un peu plus renflé par la tète que vers la queue. Les gros grains ont un pouce de hauteur sur huit lignes et demie de diamètre. La peau est dure, d'un vert clair, et devient un peu ambrée dans la parfaite maturité. La chair est blanche et ferme. L'eau est relevée de plus ou moins de musc, suivant le degré de maturité. Les pépins (un ou deux) sont fort petits.
Ce raisin, qui ne mûrit bien qu'en espalier au midi dans les terres et les années chaudes, ne laisse pas d'être
très estimable lors même qu'il n'acquiert qu'une maturité imparfaite, soit qu'on le mange glacé de sucre, soit qu'on l'emploie en confitures, qui sont excellentes et très relevées. Il se conserve longtemps.
XI. Vitis acino maximo, ovato, sature violaceo. Raisin de Maroc.
Cette Vigne est très grande. Ses boui'geons sont gros et vigoureux. Sa feuille, portée par une grosse queue longue d'environ dix pouces, est grande, découpée profondément, «t garnie de dents grandes et aiguës. La grande découpure est longue de cinq pouces et demi, et les deux moyennes de quatre pouces un quart.
La grappe est très grosse. Le grain est ovale, tant soit peu plus gros par la tête que par la queue; sa hauteur est d'un pouce, son diamètre de dix lignes ; souvent il est plus gros. La peau est dure et épaisse, d'un violet foncé très fleuri. La chair est d'un blanc bleuâtre, fondante. L'eau est peu relevée si le fruit est bien mûr; aigre, s'il ne l'est pas. On y trouve un ou deux gros pépins.
Ce raisin, beaucoup plus agréable à la vue qu'au goût, et plus propre à l'ornement des desserts qu'à l'utilité, mûrit difficilement dans notre climat. Merlet le nomme Raiain d'Afrique, on en distingue une variété à fruit blanc. Celui qu'il appelle Maroquin ou Barharon est un gros raisin rond et violet, qui ne vaut pas mieux.
XII. Vitis acino longissimo, cucumeriformi, albido. Cornichon blanc. (PI. VI.)
La feuille de cette Vigne est grande, si peu profondément découpée qu'elle paroît presqu 'entière : sa dentelure est grande et aiguë. La grande découpure est longue de six pouces ; les deux moyennes, de quatre à cinq pouces. La queue est grosse, longue de cinq à six pouces.
La grappe ne contient pas un grand nombre de grains. Le grain est long de quatorze à dix-neuf lignes, sur six lignes de diamètre dans son plus grand renflement, qui est un peu plus près deJa tête que de l'autre extrémité. Il
est courbé comme un Cornichon, et diminue de grosseur vers la queue, et plus par la tète, sans se terminer en pointe aiguë. La peau est dure, bien fleurie, d'un vert très clair ou blanchâtre, qui jaunit un peu lors de la maturité du fruit. La chair est blanche, fondante, transparente. L'eau est douce et sucrée, lorsque le fruit est bien mûr. Les^ pépins (deux, plus souvent un seul) sont longs de quatre lignes, terminés en pointe, placés sous le grand renflement. Ce Raisin, dont la forme est singulière et le goût agréable, seroit plus estimé s'il mûrissoit mieux. Il a une variété de couleur violette qui mûrit encore plus difficilement.
XI IL Vltis acino majore, ovato, e vlridi flavescente, Buvdigalensis dicta, Bourdelas, Bordelais, Verjus,
Des trois variétés de cette Vigne, à fruit blanc, à fruit rouge, à fruit noir, on ne trouve comipunément que la première dans nos jardins. Sa feuille est fort grande et découpée peu profondément. Sa grande découpure est longue de six pouces et demi ; les deux petites, de quatre pouces et demi ; et les deux moyennes de six pouces. La queue est grosse, longue de quatre à cinq pouces.
La grappe est très grosse, et comme formée de plusieurs moindres grappes. Le grain n'est point trop seiré; il est ovale, un peu plus renflé à la tête qu'à l'autre extrémité. Sa longueur est de onze lignes et son diamètre de neuf lignes. La plupart des grains sont plutôt oblongs qu'ovales. La peau est très dure, peu fleurie, d'un vert clair qui jaunit un peu lorsque le fruit est mûr. La chair est assez ferme, d'un blanc tirant sur le vert. L'eau est abondante. Chaque grain contient ordinairement quatre pépins de médiocre grosseur.
Ce Raisin, avant que d'avoir acquis sa grosseur, donne par expression le verjus qui est d'un grand usage dans la cuisine; on l'emploie aussi entier dans plusieurs sausses. Avant sa maturité, on en fait d'excellentes confitures. Enfin lorsqu'il est parfaitement mûr, il est agréable à manger crud.
XIV, Vitis acino minimo, rotundo, albido, sine niicleis, Corinthia, Corinthe blanc. (PI. VII.)
Les feuilles de cette Vigne, portées par de grosses queues longues de quatre ou quatre pouces et demi, sont grandes, étoffées, d'un vert peu foncé en dedans ; blanches, eouvertes d'un duvet épais en dehors ; très peu découpées, bordées de dents longues et très aiguës. La découpure directe a cinq pouces de longueur; ïes deux petites trois pouces ; et les deux moyennes, quatre pouces.
La grappe est fort alongée, bien fournie de grains qui ne se pressent point les uns les autres; ils sont ronds, très petits, les plus gros n'ayant que quatre lignes et demie de diamètre sur une égale hauteur. La peau est fleurie, de la même couleur que celle du Chasselas blanc, et quelquefois elle devient de même un peu ambrée du côté du soleil. La chair est très fondante, et l'eau sucrée est fort agréable.
La maturité de ce petit Raisin est vers la mi-septembre. Il y a deux variétés ; l'une rouge, moins estimée; l'autre violette, dont la fleur est très sujette à couler. Il y a un Raisin sans pépin qu'on nomme Gros Corinthe, parce qu'il est beaucoup plus gros que celui-ci, mais moindre que le Chasselas, dont il paroît être une variété.
Notes :
Voici, enfin, des descriptions parfaites : caractères botaniques constatés et détaillés par un praticien, ordre et subordination de -ces caractères, prudence en synonymie, rien n'y manque. Il faudra aller jusqu'à PuUiat, ou à ses contemporains, pour. rencontrer une méthode aussi constante et une application aussi heureuse des principes que les botanistes s'étaient contentés de poser sans les développer jamais au sujet de la vigne.
A ce point de vue, on peut affirmer que Duhamel est supérieur il Odapt.
BÉGUILLET 335
BÉGUILLET
Biographie :
Edtne Béguillet, né à Dijon, dans la première moitié du XVIII* siècle, tut d'abord avocat, puis notaire dans cette ville. Mais la basoche semble avoir eu i)eu de charmes pour lui, puisqu'il consacra tout son talent et tous ses loisirs à la rédaction de nombreux ouvrages d'histoire, de littérature et d'économie rurale. Il s'occupa beaucoup des grains, de leur production, de leur moutape et de leurs maladies. En histoire, collaborateur de Courtépée dans les deux premiers volumes de sa Description historique et topoijfaphique du duché de Dourgot/nCy il Islïssb. une Histoire de Paris et une Histoire des guerres des deuœ Bourgognes sous les règnes de Louis XI H et Louis XI V. Cet infatigable écrivain qui donna, en outre, plusieurs articles à l'Encyclopédie, mourut à Paris, au mois de mai 1786 ^
Il avait écrit, en 1770, pour un concours de l'Académie de Metz, un Mémoire intitulé Œnologie^ où, bourguignon chauvin, il s'était plu à signaler les erreurs et les plagiats du champenois Bidet.
Texte : ŒNOLOGIE ou Discours sur la meilleure méthode défaire le vin et de culticer la ri g ne, par l'auteur du Traité de la mouture économique*.
Dijon, Defay, 1770, in-12.
Art. III. Espèces de vignes des anciens.
P. 72. Après un clair résumé de Pline et de Columelle, il conclut ainsi :
« Il seroit superflu de s'étendre sur l'étonnante quantité d'espèces de vignes que cultivoient les anciens, avec d'autant plus de raison que ce seroit folie de vouloir conférer ces diverses espèces avec les nôtres, puisque les
1. Cf. Biographie des hommes illustres du départ, de la Côted'Or, par l'abbé Michaud, Dijon, Lamarche, 1858 (Biblioth. de Dijon, n« 21649).