‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 137 sur 180 · ABBÉ COLAS · texte numérisé non relu

ABBÉ COLAS

a Taîr de se vanter d'aroir fait plus que Pline, qui, d'après lui, n'aurait pas énuméré les espèces de raisins. Écoutons-le :

« Voilà une énumération bien ample des diverses espèces de raisins, car j'aurais peut-être dû n'en parler que comme Pline l'a fait de son temps. Les grappes de raisin, dit-il, diffèrent entre elles par leur couleur, leur goût et leurs grains ; il résulte de ces différences une multitude innombrable d'espèces, qui va se multipliant tous les jours; ici elles sont purpurines, là de couleur rose, vertes ailleurs; mais les noires et les blanchâtres sont les plus communes. Les unes ressemblent à des mammelles gonflées, les autres s'allongent et portent le grain long comme la datte. En un mot les terrains ne diffèrent pas plus entre eux que les grappes de raisin, en sorte qu'on peut assurer qu'il en est de la vigne comme des poiriers et des pommiers, c'est-à-dire qu'on en trouve une infinité d'espèces différentes ; il s'en produit et s'en peut produire tous les jours de nouvelles. »

Il oublie, le courageux copiste, de dire que Pline a donné dans un autre passage les noms des variétés cultivées de son temps.

Ce plagiat, peu chevaleresque, du chevalier de Jaucourt, méritait d'être dévoilé et stigmatisé aux yeux de la postérité.

Cuique suum, même en viticulture.

ABBÉ COIAS

MANUEL DU CULTIVATEUR dans tous les vignobles, et surtout dans celui d'Or- - léans.

Orléans, 1772, in-8».

Jean-François Colas, appelé parfois de Gueynne, du nom de sa mère, professa chez les Jésuites et devint chanoine. Président

•d'une Société littéraire d'Orléans, il fit, avec l'obligatoire discours sur la Pucelle, l'oraison funèbre du duc Louis d'Orléans.

Son Manuel du Culticateur est cité avec éloge. Colas y confirme l'excellence des vins d'Orléans provenant de VAucernat ou Pinot : •a VAucernat^ dit-il, donne le meilleur vin du vignoble. » Il y signale un synonyme intéressant : Fromcnté noir = Meunier,

L'abbé Colas, Orléanais dévoué à sa région, a eu mille fois maison de protester contre les fameux vers de Boileau^ :

Un laqaais effronté' m'apporte un rouge bord D'un Aumrnat fumeux, qui, mêlé de Lignage, Se vendait chez Crenet *, pour vin de l'Hermitage, Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux, N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire afireux.

Aurernat et Lignage^ vins peu estimés qui croissent aux environs d'Orléans, disent les commentateurs Renaudot et Valincoup.

VAucernat^ ou Pinot, peut faire des vins détestables avec la grêle ou la pourriture ; mais, par les bonnes années, il donne, en tout terrain, un produit délicat, n'en déplaise à Boileau, poète •calme et froid et au nom peu vinicole.

ABBÉ GANDELOT

Page 1