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Bulletin de Pharmacie, t. I, p. Z

4M AMPÉLOGRAPHIE RÉTROSPECTIVE

Chap. XII. Afrique.

Le Cap. Le petit vignoble de Constance, situé sur la côte du même nom, à deux lieues du Cap, produit des vins très renommés. On les recueille dans deux clos contigus, l'un appelé le haut, et l'autre le bas Constance; ils sont peuplés d'un plant tiré de Schiraz, en Perse, et que Ion nomme, au Cap, Haenapop,

Chap. xiit. Océan Atlanti<iue.

Madère. On cultive neuf espèces de cépages, dont six de raisins blancs, et trois de raisins noirs. Les cépages blancs, sont : 1® le Malvoisie, qui a été apporté de Tîle de Candie, et qui fournit le fameux vin de liqueur connu sous le nom de Malvoisie de, Madère^; 2» le Vidogne, qui a beaucoup de ressemblance avec notre Chasselas; c'çst le cépage le plus généralement cultivé, et qui produit le meilleur vin sec; 3^ le Bagoual qui fournit plus que le Vidogne, et dont le vin est plus doux, mais moins spiritueux ; 4» le Cercial, qu'on nomme aussi Esganacao; ce plant est très-rare, bien qu'il produise d'excellent vin ; 5® le Muscatel, dont on fait rarement du vin muscat; 6^ ïAlicante que l'on n'emploie que pour la table.

Les cépages noirs sont : 1^ le Bâtard, avec lequel cependant on ne fait que des vins blancs ; 2» la Tinta ou Négramol, ainsi nommé parce que la grume est molle au toucher. On en fait du vin rouge qui fermente avec la grappe, et qui sert à colorer les autres vins ; 3» le Ferrai, dont les grappes sont très grandes et les grumes grosses comme des œufs de pigeon ; il n'est employé que pour la table.

Notes :

Dans ses voyages d'achat, le chalonnais Jullien avait été frappé de la richesse du pays de Cognac et charmé de la perfection naturelle de cette liqueur suave et bienfaisante,

Or potable qui dort en futaille, et qui semble Fait avec des rayons de l'aube distillés.

1. On l'appelle ainsi à cause de sa ressemblance avec le. vin de

La résurrection du beau vignoble des Charentes vient d'être affirmée de la façon la plus artistique, la plus littéraire et la plus documentaire par une ravissante publication due à la plume de M. Guillon et au crayon, ou plutôt à l'appareil photographique de M. Collas. Cet album (Cognac. Son cignoble; Cognac, Collas, 1900), imprimé avec le plus grand luxe, est tout parfumé de poétiques réminiscences : il nous parle de Virgile, de Columelle, d'Olivier de Serres et d'autres précurseurs encore qui nous sont chers, répondant ainsi victorieusement aux reproches de notre Préface avant même d'avoir pu les connaître. J'y relève, p. 25, le texte d'une chanson patoise exquise et dont je me souviens maintenant avoir entendu moi-même quelques bribes, aux vendanges de Tout-Blanc, aux portes de Cognac, la ville sainte, l'inclyte patrie de François I".

En voici quelques strophes :

Ol'é dans les païs étrange Que n'on l'I'at en peurmier pianté Peur n*en mette les non te en nange Queû bon bidet l'I'at appourté :

Tieû qu'ai oyut tié gloère,

Je deûrions châ matin,

A sa meumoère, boère

Le peurmié cot de vin.

L'é l'balzar, balzar, balzar Qui dounne

Longue vie et bounne Tant que n'on boërat, d'azar

Qu'o faurat dau balzar.

Le bian-ramé, le nègre charle, Le codingue, le sauvignon V'ià quate rasin que n'on parle Peur été, à manger, les pu bon.

L'coulombar sar à faire

In suparbe vin bian,

La folle è p'ia chaudière

Mais la fieur des visan.

L'é, l'balzar, balzar, etc.

Cet éloge du Mourcèdre, appelé en Charente Balzac, et, en patois, Balzar^ n'est-il pas savoureux? Je suppose que ce serait faire injure à des vignerons que de leur traduire ces deux strophes. Les mettre en français serait les dépruiner.

même nom que fournissent les vignobles de Malvasia, en Morée', et dont on a tiré originairement tous les plants qui donnent les vins de cette espèce.

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