Lamprecht von Babo, né à Mannheim et mort à l'école de
et Trummer, allemands qui vont faire école et dont le digne successeur est le directeur de l'École de Marbourg, Hermann Goethe, l'auteur du Handhnch dev Ampelof/raphieK Nous renvoyons à ce bel ouvrage les lecteurs désireux d'approfondir les sources allemandes de lampélographie contemporaine.
En Italie, aux Milano, aux Acerbi, était venu se joindre le comte Gallesio, l'auteur de la Pomona Italiana^ en*attendant de voir poindre, avec le vénéré comte de Rovasenda, si vaillamment suivi par les Ottavi, les Tamaro et leurs distingués collègues, qui occupent avec tant d'éclat les chaires des écoles de la Lombardie et du Piémont, le Bolletino Ampelografico, superbe publication du Ministère de l'agriculture, malheureusement restée inachevée, faute d'argent.
Les discussions auxquelles donnent lieu les œuvres du comte Odart, au sein des Congrès viticoles qu'il préside avec tant d'autorité, révèlent un grand nombre d'ampélographes, modestes autant que passionnés. Les Congrès de vignerons, si en vogue aujourd'hui, rendirent, déjà, de ce tempslà, de très réels services. Ils avaient été inaugurés en Aile magne par Babo, en 1834, étaient passés en Italie vers 1838, — le sixième se tint à Milan en 1844, — et, de là, avaient été importés en France par l'angevin Guillory. Le premier eut lieu à Angers, en 1842, le deuxième à Bordeaux, en 1843, le troisième à Marseille, en 1841, le quatrième à Dijon, en 1845, et le sixième et dernier à Lyon, en 1846. Il serait fastidieux de passer en revue tous leurs orateurs, bien que plusieurs d'entre eux, Fleurot, Malnoury, Demer-
Weinheim. A publié : D'œ TrauhencariMœten, 1836-38; Die Weintind Tafeltrauben des deutschen Weinherf/n in .GnrUni^ 1836- 38; Dei' Weinstock, 1843; Die Ersewjuntj iind BeJiandlumj des Traubemceins, 1846.
1. Dans le rapide historique qui ouvre son livre, publié àGratz, en 1878, Hermann Goethe met Odart à la date de 1862 avec trois lignes seulement de commentaires ; ce qui lui permet de le faire précéder de la plupart de ses contemporains et même de ses disciples, dont deux français, un italien et six allemands. Ne serait-ce point pour assurer la priorité à ceux-ci?
HISTOIRE DE l'aMPÉLOGRAPHIE 43
mety et de Vergnette-Lamothe^ entre autres, aient laissé des monographies qui ne sont pas sans valeur. Mais comment passer sous silence le nom du "D^ Guyot (né à Gyé-sur-Seinelel7 mai 1807, mort à Savigny-les-Beaune le 30 mars 1872), le véritable apôtre du nouvel évangile qui dit : (( Le cépage est le génie du vin »?
Son infatigable croisade en faveur des bons plants, si •directement inspirée par Odart, et son système de taille, *si apprécié de nos jours, méritent bien que nous lui levions notre chapeau au passage*.
Dans ses Études sur les Vignobles de France, magnifique ouvrage qu'on lira toujours, — comme tous les ouvrages originaux d'ailleurs, écrits par des praticiens instruits et non par des compilateurs ignorants, — il cite, dans chaque département, le nom des cépages qu'il ren- ■contre sur sa route, les appréciant d'un mot, souvent juste, et d'un trait alerte, mais parfois aussi, faute de renseignements exacts, les surchargeant de synonymies douteuses. Comme Odart, comme PuUiat, et tant d'autres encore, — car le vigneron français est d'essence honnête, — le docteur Jules Guyot, ce grand patriote, comme l'appellent Portes et Ruyssen% peut figurer au Panthéon de la viti- -culture, dans la galerie des braves gens qui ont su rendre service à tout le monde, sauf à eux-mêmes, dans la catégorie des hommes propres qui ont eu le culte de la science -et le mépris des affaires !
Les véritables successeurs du comte Odart, héritiers
1. Cf. Fleurot, in Renie riticole de Bourgoffne, 1S62. Notes ampélographiques. Description dei Gamays. Analyses de 300 moûts provenant du Jardin botanique.
Malnoury. Rapport au Congrès des vignerons, 1845. Demerméty. Essai d'un viticole de la Côte-d'Or, 1852. De Vergnette-Lamothe. Sqr les cépages des vignes fines de Ja Côte-d'Or, in Rer. Vitic, 18(54.
2. Le D' Guyot était un esprit universel. 11 s'attaque aux sujets les plus délicats. C'est ainsi qu'il a écrit le Brêriaire de V Amour expérimental. Edité par Flauimarion, avec notice par G. Barrai •et préface de Henri Martin et Yveling Rambaud, ce livre curieux n'a paru qu'en 1883.