Cf. Petit-Lafïitte, La Vigne dans le Bordelais, p
Basilica. Royale, tant elle était bonne. Synonyme de la suivante, qui était cependant un peu plus petite qu'elle.
Gocolubis, ou Cxx'olohls. J. Bauhin prétend que c'est notre Picardant, Blanquette ou Mauzac blanc. Sachs partage sa manière de voir. D'autres assimilent ce cépage espagnol au Muscat de Languedoc. Pline le donne comme salutaire k la gravelle. A comparer alors k YOlicer.
Visula, qu'on appelait aussi Lyonnaise.
Albuelis (d'albus, blanc). La plupart des ampélographes allemands sont d'accord pour reconnaître, dans l' Albuelis, leur Elblinr/. Albuerus, Albuelis oviAlbana des Romains, dit Stoltz; Albuelin Columcllay dit Schubler. Babo est encore plus explicite à son sujet. « Ce cépage, dit-il, était déjk connu des Romains et cultivé en grand, k cause de sa pousse vigoureuse, qui le rendait propre k grimper aux arbres. Mais cette végétation luxuriante le rend également propre k occuper dés terrains médiocres, pourvu que leur sous-sol ne soit pas trop humide. Sur un pareil terrain, il supporte la taille k court bois sans devenir moins fertile. On peut même, au moyen d'une taille courte, se passer d'échalas et obtenir également un grand produit. Mais lorsque le cep est planté en terrain fertile, il faut nécessairement lui laisser des verges k ployons, sans quoi il ne donnerait que des fruits peu nombreux.»
Inerticala. Quand Noé eut planté la vigne, disent les auteurs arabes, turcs et persans, Satan lui conseilla de l'arroser du sang de sept animaux, savoir,: du lion, de l'ours, de l'hyène, du chien, du renard, du chacal et du coq. Depuis ce temps, les raisins, qui n'avaient eu jusqu'alors qu'une seule couleur, en revêtirent plusieurs, et leur suc produisit l'ivresse, dans laquelle se manifestèrent les vices de ces sept animaux \ Un. seul bourgeon a dû échapper k cette aspersicm fatale ; c'est de lui qu'est sortie Vlncrtu'ula, vigne qui n'offense pas les nerfs. C'est pourquoi les Grecs l'appelaient Amethuston^ qui ne provoque pas l'ivresse. Ce devait être le cépage du vin de Lesbos. Pline la nomme Sobria.
Helvenaciœ. Helrenarus^ Vivarais. Il y en avait de trois sortes. Une fertile, mais de qualité médiocre, appelée Emareum^ei parfois Marca, Etnarcay Arœlla, et An*a par Pline; une seconde nommée Longa et Acara, peu intéressante; et enfin une troisième, très rustique et très vigoureuse, qui ressemblerait fort k la petite Syrah ou Serine des côtes du Rhône, ou encore, d'après le docteur Lavalle, au Pinot de Bourgogne*.
Spionia. Vigne d'allure sauvage, appelée aussi Spinea.
1. Traité des orif/ines des Arabes, Persans et Turcs ^ par Alided (in Lavalle, p. 68} .
2. Lavalle, Histoire et Statistique de la ciyne et des grands cins de la Côte-d'Or. Dijon, 1855, p. 9.
W AMPÉLOGRAPHIE RÉTROSPECTIVE
Oleaginia. Tlburtina dans Pline. OUcette. Uca olicella,
Pompeïana. Nom donné, à Pompéi, à la Murf/entlna.
Pergulâna. Pargolèse, Duraclne. A Naples, d'après Porta, Uea <Grola. Cépage de treille par excellence, pergola, pergolati.
Nigra Fregellana. Raisin noir de Frcgellœ, très ancienne ville des Volsques, située sur le Liris, dans le Latium, en face de la moderne Ceprano.
Merica a peut-être tiré son nom de Merum, vin pur. On sait ^ue les soldats appelaient facétieuse ment Tempeijeur Néron, Mero^ au lieu de Nero, c'est-k-dire buveur de vin pur, ivrogne.
Arcelaca major, donné à tort comme synonyme de VArgitls.
Irtiola ou Irciola, sorte de vigne d'Ombrie. Serait-ce celle 'qui fut broutée par le bouc légendaire, premier professeur de laille? Hircus,û'oii hirciola.
Dracontion, à jus noirâtre, sang de dragon, serpentaire on pierre précieuse. Une variété de blé, citée par Pline, portait : aussi ce nom.
Vitis canterlata ou jugata, vignes soutenues par des perches transversales. V. arbustica, mariée aux arbres; V. vidua, sans .arbres; V. eompluoiata, liée en forme de toit; V. pedata, munie •d'échalas; V. ordinaria, plantée en quinconce ; V. luœurians, cjui pousse trop;'V. laehrymans, qui pleure à la taille; V. siderata, niellée et gastée du temps (J. B.); ciciradiœ, chevelée; propago, provin.
A consulter, pour une étude plus approfondie sur Columelle, •deux excellents livres, l'un français, que nous avons déjà indiqué à la biographie, et l'autre italien. Ce dernier a pour titre :
La Vlticoltura dei Tempt de Cristo, secondo L. J. M, Columella, comparata alla citicoltura razionale moderna, par le Dott. Raffaello Sernagiotto, Ulrico Hœpli, editore, Milano,
A la page 101 de ce très intéressant ouvrage, nous trouvons une classification des cépages d'après la taille qui leur est propre. Ainsi, Greeo, Aleatico, Cataratto, Vernaccia^ demandent la taille <50urte, tandis qu'il faut laisser cinq à six yeux aux MontonicOy Verdiso, Parniese, Duracina, Zibibbo ; et qu'enfin Uca Parma, Malcaala di Sicllia, Damaschener, Moscatello, la veulent tout à fait longue. J'aurais aimé à voir l'auteur chercher parmi les cépages modernes les variétés indiquées par Columelle. Je regrette qu'il ait reculé devant ce travail aride et délicat, que seul, un Italien aurait chance de mener à bien.
Ne pas négliger non plus la vieille traduction, citée, jadis, par Olivier de Serres, livre malheureusement trop rare aujourd'hui, «t dont voici le titre exact :
Les douze licres de Junius Moderatus Columella des Choses
PLINE LANCfEN 81
rustiques, traduicts du latin en françois, par feu maistre .Claude ÇoTEREAU, chanoine de Paris, la traduction duquel ha esté soingneusement revueue et en la pluspart corrigée, et illustrée de doctes annotations, par maistre Jean Thierry, de Beauvoisis. A Paris, par Jacques Keruer, libraire, 1555, in- 4".