II. - MOYEN AGE ET RENAISSANCE
GÉOPONIQUES
(Vers 950)
Les GÉOPONIQUES sont un recueil composé au X® siècle de notre ère, çt dédié à Gonstantin-Porphyrogénôte (905-959). Dans son beau livre sur cet empereur, M. Rambaud, montre, p. 79 et seq., que les Géoponiques peuvent être attribués avec certitude à un de ses contemporains, à cause de la préface qui lui fait hommage de l'ouvrage et qui le loue de ses soins particuliers pour l'agriculture.
Ce recueil est une sorte d'encyclopédie rurale, formée d'extraits d'auteurs, presque tous antérieurs au X® siècle, et dont la compilation a sans doute été faite sur l'ordre do l'empereur. Les premiers 'éditeurs attribuaient l'ouvrage à Constantin lui-même ; puis on le mit sous le nom de Gassianus Bassus. Il semble qu'il faut se résigner à laisser l'auteur de la compilation dans l'anonyme.
La dernière édition a été donnée, en grec et en latin, par J.-N. NicLAS, Leipzig, 1781, 4 vol. 8°. C'est celle que nous avons consultée. Il existe une mauvaise traduction française, par Antoine Pierre, Poitiers, 1543, in-folio.. Caffarelli a publié des extraits traduits en français sous le titre : Abrégé des Géoponiques par un amateur,
Paris, 1812, S^ de 147 pages. Il ne cite pas les passages concernant l'ampélographie.
Voici la traduction de .ces passages :
Le livre IV est consacré aux soins à donner aux vignes, et en particulier à celles qui montent aux arbres. Il donne des recettes pour avoir des raisins tardifs, des raisins sans pépins, de la vigne thériaque (qu'on croyait souveraine contre la morsure des serpents). Le chapitre iv est consacré au raisin de myrte. Ce chapitre est de Tareniinus. On ne sait rien de précis sur cet auteur, et les commentateurs hésitent pour décider si c'est Archytas Tarentinus\ qui s'est adonné à l'étude de l'agriculture, ou bien le médecin Heraclides Tarentinus.
. Il dit : (( Le Raisin de myrte a dans le bas des baies de myrte. On l'obtient en greffant sur un myrte des sarments de vigne. »
Le livre V est la continuation du livre IV. Le chap. ii est de FlorentinuB. On sait peu de chose sur le compte de cet auteur, quoiqu'il soit célèbre parmi- les agronomes anciens. Il a composé des commentaires sur l'agriculture. Il vécut sans doute sous l'empereur Macrin, au III<^ siècle de notre ère.
Après avoir indiqué que les terres fortes conviennent mieux à la vigne blanche, et que la vigne noire peut venir dans les terres arides et sablonneuses, il ajoute : (( Seuls pourtant le raisin Psithios, le Corcyréen et celui qu'on appelle C/iZoris, parmi les raisins blancs, se contentent des terres maigres, parce qu'ils sont plus robustes — De toutes les vignes, la plus belle est celle qu'on nomme Mersitès*, C'est elle qui, en Bithynie, produit le vin appelé Dendrogalénus et dans d'autres parties de cette province Tiarénus; on l'appelle Tianos à Tio de Paphlagonie, et c'est le plus célèbre des vins à Héraclée Pon tique. . , Cette vigne est fertile au point de porter des grappes tout le long de la tige, des grappes arrondies avec des grains