‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 48 sur 180 · Essai sur les Vifjnes cV Andalousie, p · texte numérisé non relu

Essai sur les Vifjnes cV Andalousie, p

Ibn-el-Baïthar, auteur géoponique arabe, mort en 1248, a laissé un Traité des Simples, Djami-el-Monf ridât, qui a été traduit par L. Leclerc. C'est de l'exemplaire de la Bibliothèque nationale que nous tirons ces quelques extraits.

No 1595, t. XXIII, p. 92. — Assabéa-el-adari. Raisin. C'est une espèce de raisin allongé comme un gland. On lui donne aussi sur certaines côtes d'Espagne le nom de Raisin-de-hœuf, Le Ma-la-ressà, Doigts-de-vierfje, a pour sy non y me Do ig ts-de-Ze ineb ,

T.vXXV, p. 488. — OHoiin-el'bakar, Prune. Les habitants du Maghreb et de l'Espagne appellent ainsi la Prune. Suivant Ben-Hanifa, ce serait le nom d'un raisin volumineux, noir, mais d'un noir peu foncé, arrondi, d'une douceur qui n'est pas franche.

P. 480. l'nab. Raisin. Ses propriétés alimentaires.

T. XXV, no 1084. — Propriétés des raisins secs.

P. 195. Donne à Zebib le synonyme de A'ndjed, Le Kechmech est une espèce de petit raisin sec sans pépins.

XXVI, nol945, p. 181. — Kichmich, raisins secs. Suivant Ali-ibn:Ahmed, le Kichmich, en arabe, est le Kechmech en persan. C'est un petit raisin sans pépin dont le plus petit est du volume du poivre, et le plus gros du volume d'un pois chiche. Il y en a de verts et de rouges. C'est le produit de la Perse et du Khorassan. Il est très doux. Celui du Khorassan vaut mieux que celui de la Perse; il est plus rouge et d'une douceur plus franche. Le goût en est très doux : les grappes sont longues et grêles, de la longueur d'une coudée. J'en ai vu dans le Dara et à Sedjelmassa, en grande quantité, très doux et pareil à l'espèce du Khorassan, mais il était" noir.

XXV, no 820, p. 46-55. — Art. Khamr, vin. P. 49, Vins artificiels : Kahoua, vin miellé, vin de datte ou Douchàb, suscite rapidement des vapeurs à la tète. Toutefois, il est diurétique et purifie les reins et la vessie en môme temps qu'il entraîne les impuretés de la poitrine et du poumon.

P. 54, il cite le verjus.

XXVI, p. 362-365. — Nehid, vin artificiel d'après Razès, K\iQ>\xn de ces vins ne convient à l'estomac et ne peut être employé en guise de vin naturel aussi bien que le vin de raisins secs.

Abdorraschid, fils de Saleh, fils de Nouri, surnommé Yakouti (mort en 1403).

Manuscrits arabes de \di Bibliothèque nationale^ n<*584. Extrait de V Exposition de ce qu'il xf a déplus remarquable ^ur la terre, par Abdorraschid.

T. il. p. 534. — Belad Kimar, pays des Kimar, race de Turcs, il a 35 jours d'étendue... Il y a chez eux une espèce de raisin dont la moitié est blanche et l'autre noire.

P. 394. — Le raisin vient de Bebad al Habascha (Ethiopie).

P. 445. — Le vin est originaire de Ana, entre Haït et Racca, sur l'Euphrate, où on voit une grande abondance de vignes.

Ibn-Khaldoun.

Prolégomènes historiques. T. XX, p. 351. />e Vaccaparement.

Sous le règne d'Abou-Saïd, le sultan (mérinide), je me trouvais, dit mon ancien professeur Abou-Abd-Allah el Abbeli, chez le légiste Abou'1-Hojan-el-Melîli, qui était alors cadi de Fez, quand on vint lui dire qu'il avait à choisir entre les diverses branches des contributions gouvernementales celle sur laquelle on lui assignerait son traitement. Il réfléchit un instant et dit : «Je choisis l'impôt sur les vins. )) A ces- paroles tous les assistants éclatèrent de rire, et dans leur étonnement ils ne purent s'empêcher de lui demander le motif de ce singulier choix. Il répondit : « Puisque tous les genres de contribution (à l'exception de l'impôt foncier, de la dîme et de la capitation) sont illégaux, je choisis

celui qui ne laisse pas de regrets dans l'esprit de ceux qui l'acquittent. 11 est bien rare qu'on ne soit pas gai et de bonne humeur après avoir donné son argent pour du vin, vu la jouissance que cette liqueur procure ; on ne regrette pas ce qu'on a dépensé et l'on n'y pense plus. »

Manuscrits arabes de la Bibliothèque nationale, n^ 580. Manuscrit arabe non signé ni daté.

La description de l'Afrique, p. 209. — Description de la ville de Sedjelmâsah. Les raisins qui viennent sur treille, et qui ne sont jamais exposés à la chaleur du soleil, ne se sèchent qu'à l'ombre et se nomment DalU.

Notes :

Au temps d'Ebn-el-Awam, les Arabes avaient jjorté -ragriciiltiire espagnole à im haut degré de prospérité. Pendant que leurs architectes couvraient les villes de palais, forêts vierges de marbre, Parthénons mauresques, — qui devaient faire de Secllla une maracilla, — leurs ingénieurs agronomes, multipliant les canaux, enseignaient à leurs guerriers, devenus laboureurs, des préceptes d'économie rurale, renouvelés de Magon et de Columelle.

Les lois de Mahomet, si sévères pour le vin, n'étaient pas dures pour la vigne ; plus libérales et plus intelligentes en cela que maint édit d'empereur païen ou de roi très chrétien, sans (mrler des ducs et des parlements, 'elles ne furent jamais restrictives de la viticulture : elles n'empêchaient nullement de faire du vin pour l'exportation et du raisin pour soi.

Aussi les grappes les plus belles et les plus savoureuses devaient couvrir les riants coteaux de la VW/a de Grenade et de la Huerta de Valence, paradis terrestre si bien décrit par Prosper Mérimée dans son Histoire de don Pèdre. On y retrouvait, sans doute, toutes les Duracines de l'Afrique, les Dents-de-loup, les Cœurs-depigeon, les Doigts de chrétienne, les Œufs de coq, les Muscats, raisins de la Terre promise qui atteignaient le corps d'un enfant.

Malheureusement dans les fragments des Géoponiques arabes qui nous sont parvenus, et spécialement dans ceux qui ont été traduits, l'ampélographie ne trouve qu'à glaner une dizaine de noms à peine. C'est bien peu en comparaison du grand nombre de cépages qui ont dû exister, ne serait-ce que dans les jardins. Des variétés ibérico-romaines de l'espagnol Columelle il est impossible que plusieurs n'aient pas survécu, tendant aux conquérants du sol leurs grappes d'autant plus savoureuses que leurs

souches étaient bien des fois centenaires. A ces Aminées, à ces Cocolubes, ont dû venir s'ajouter les importations successives des Maures, cépages d'Orient et d'Afrique. L'ensemble devait former une longue et respectable liste dont nous ne pouvons que regretter la perte. ,

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