‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 49 sur 180 · VINCENT DE BEAUVAIS · texte numérisé non relu

VINCENT DE BEAUVAIS

SPECULUM MAJUS. Spéculum naturale, Lib. XIII, cap. 54.

Célèbre Dominicain, né à Beauvais, au commencement du XIII' siècle. Estimé à la cour de saint Louis» il devint lecteur du roi et inspecteur des études de ses enfants. Comme tout précepteur de bonne maison, qui a des loisirs et des ressources, il entreprit un gros ouvrage. Il rassembla les matériaux, assez mal digérés d'ailleurs, d'une vaste encyclojpédie qu'il intitula Spéculum Majus et •divisa en quatre parties : I. Spéculum naturale; II. Spéculum doctrinale; III. Spéculum morale; IV. Spéculum, historiale.

On cite encore de lui une Lettre à saint Louis sur la mort de .son fils aîné et un Traité de l'éducation des princes. Ce savant religieux mourut en 1264.

Le chap. 54 du livre XIII du Spéculum naturale est consacré aux diverses espèces de vignes; l'auteur se contente d'y transcrire Pline et Palladius, en supprimant quelques passages.

Le chap. 81 du livre XIV sur la différence entre les raisins est tiré de S^ Isidore et de Pline.

PIERRE DE CRESCENCE

Pierre de Crescence : telle est l'orthographe la plus généralement adoptée, en France, pour le nom de ce savant sénateur de Bologne, qui se livra, sur le tard, à la rédaction d'un ouvrage ruraj

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demeuré célèbre. Écrivant en latin son Opus ruralium commodorum, il l'avait signé Petrus de Crescentiis. Son traducteur français du XIV* siècle en tira très littéralement Pierre de» Crescens. Les Italiens l'appellent Crencensl ou Crescen^io.

Né à Bologne, en 1230, il étudia le droit sous le fameux Azon, devint avocat et assesseur du Podestat. Obligé de s'exiler pendant trente ans pour fuir le poignard de sicaires stipendiés par les ennemis de son maître, il occupa ses longs loisirs par de nombreux voyages dans toute la Péninsule. Quand il put rentrer dans sa chère Bologne-la-Grasse^ enfin pacifiée, il y rapporta des documents de toutes sortes et un goût très vif pour Tagriculture. Élu sénateur à 70 ans, il préféra aux honneurs le calme des champs. Retiré dans son domaine modèle de Saint-Nicolas, dont il aimait à surveiller lui-même l'exploitation, il consacra les dernières Années de son existence à rédiger ses notes de voyage et à enregistrer ses expériences quotidiennes. Leur savant exposé forme le traité d'économie rurale qu'il dédia à Charles II, roi de Sicile, l'un des Mécènes rencontrés dans ses courses vagabondes. Il mourut en 1310, suivant d'un an seulement, dans la tombe, son royal protecteur.

VOpus ruralium eommodorum comprend douze livres. Le I" renferme des observations sur la salubrité de l'air, les vents, l'eau, l'exposition à donner à sa demeure et les matériaux à employer pour sa construction; le II* traite des labours; le IIP des espèces de grains, de leur culture et des greniers pour les serrer; le IV* de la viticulture, de l'ampélographie et de l'œnologie ; le V* de l'arbopîculture; le VP de l'horticulture; le VIP des prés et des bois; le VHP des ouvrages d'agrément, décorations propres k orner les jardins et les vignes ; le IX' des animaux de la ferme, de la bassecour et des abeilles ; le X* de la destruction des oiseaux de proie et bêtes nuisibles; le XP de la récapitulation générale de l'ouvrage. Le XIP donne un calendrier agronomique indiquant, mois par mois, les différents travaux de l'agriculture.

S'inspirant des anciens qu'il possédait à fond, quoi qu'en ait dit SchoëU\ Crescence cite, à maintes reprises, Caton, Varron, Palladius et Columelle; mais son œuvre n'en demeure pas moins originale et beaucoup plus italienne que romaine, fortifiée qu'elle est par des observations locales et par la docte collaboration des professeurs de l'Université de Bologne, que l'auteur remercie dans

1. Schoëll jprétend {Hist, de la Littérature, romaine)^ que Pierre de Crescentiis^ appelé par Schneider dilif/entissimutn reteruni rei rusticœ scriptorum lectorem^ ne connaissait pas Columelle. Cela ne prouve qu'une chose, c'est que M. Schoèll ne connaissait pas Crescence, sans quoi il eût trouvé Columelle cité par lui aux feuillets VLII, VLIII, VLIV du Quart livre et peut-être encore ailleurs.

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sa préface. C'est donc avec raison qu'on le reconnaît comme le ' restaurateur de l'agriculture au XI V« siècle, non seulement en Italie, mais dans tout le moncfe latin, car sa réputation ne resta pas longtemps cantonnée en deçà des Alpes. Des traductions italiennes, allemandes et françaises, vulgarisèrent son savant traité •et le firent pénétrer dans les campagnes. La France en reçut le texte en sa propre langue, en 1373, sur l'ordre précis de son roi, Oharles V, si bien surnommé le Sage, puisqu'il s'intéressait aux choses de l'agriculture. Cette traduction, intitulée Le Rustlean du labeur du champ, fut imprimée pour la première fois en 1486, à Augsbourg.

J'emprunte à l'édition lyonnaise de 1539 les passages du Quart licrè qui rentrent dans le programme de mes exhumations. Et •jpour donner au lecteur l'illusion du vieux texte gothique que j'ai sous les yeux, je lui demande la permission de le transcrire avec .sa saveur médiévale d'orthographe vacillante, dépourvue de ponc- «tuation et d'accentuation. J'ai le regret de ne pouvoir reproduire «ci, faute de temps, de place et d'argent, les curieuses gravures »qui l'accompagnent.

Texte ; Le Livre des prouffits champestres

ET RURAULX, compilé par Maistre Pierre des Creseens bourgeoys de Boulongne la grasse. Et depuisa este translate de Latin en Francoys, a la requeste du Roy Charles cinquiesme de ce nom. Imprimé nouvellement à Lyon par Pierre de Saincte Lucie, dict le Prince. L'an de grâce Mil cinq cens trente et neuf.

Livre IV, chapitre m. — De la diversité des espèces et genres des vignes.

Moult ^ de diversitez de genres et despeces* sont de vignes, car les aucunes doubtent' grandement la bruine* •et la njule** : et les autres ne les doubtent gueres. Aucunes aultres doubtent vent et sécheresse, et les aultres non et les endurent bien. Les aulcunes sont moult plantureuses *en fruit et les aultres en font peu : et les aucunes dont les

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