‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 6 sur 180 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

avec un peu d'exercice et d'adresse, beaucoup de patience, c'est-à-dire de loisirs.

C'est donc le résultat de ma chasse que j'étale ici. Articles extraits, textes traduits, livres précieux, annotés sans prétention et présentés avec clarté, tel est le ragoût de moelle scientifique que j'apporte sur la table du vigneron.

Dans cette collection documentaire, les auteurs cités se suivent habituellement par ordre chronologique, d'après la date de la première édition de leur œuvre. C'est évidemment le meilleur moyen de respecter leur priorité et de laisser spontanément apparaître leurs mérites respectifs. La reproduction des textes français est aussi scrupuleuse et littérale que possible, avec l'accentuation et l'orthographe du temps, orthographe souvent flottante, mais rarement obscure et toujours pittoresque. Seules, de manifestes coquilles, — les protes en ont pondu dans tous les siècles, — ont été corrigées. Aussi, j'espère qu'on pourra appliquer à cet ouvrage, sorte de photographie typographique, le fameux ex-libris de Guilbert de Pixérécourt :

Un livre est un ami qui ne trompe jamais.

Au sortir de mes séances de bibliothèques, j'ai crayonné, sous forme de Notes, des remarques, qui, aujourd'hui que j'en corrige les épreuves, me semblent absolument insuffisantes. Le public devra les considérer un peu comme des indications provisoires, et comme une sorte de cadre dans lequel il est invité à faire entrer lui-même «es propres réflexions ou rapprochements.

Obligé de me borner dans ma trop riche moisson de textes, le char ployant sous les gerbes blondes et le grenier déjà plein, je me suis arrêté à Bosc, dont la figure sympathique de grand citoyen et d'illustre ampélographe se

X AMPELOGRAPHIE RETROSPECTIVE

dresse noblement à l'entrée du dix-neuvième siècle. De Bosc à Odart, je me suis contenté de donner l'indication bibliographique des principales sources consultées, remettant à plus tard leur exhumation et leur commentaire.

Pour montrer le lien invisible, et pourtant bien réel, qui réunit entre eux ces documents simplement juxtaposés, j'ai rédigé, comme introduction, une Histoire: sommaire de l'ampélographie. Cette rapide esquisse, léger fil d'Ariane, suffira, je suppose, pour guider le lecteur dans son excursion aux catacombes de l'ampélographie; elle l'aidera à se faire une idée de nos martyrs et de nos grands hommes, et à se, familiariser avec leur personne avant même d'aborder leurs écrits.

Il est si naturel de remonter de la page qu'on lit à la main qui l'a tracée, que j'ai tenté de faire précéder chaque citation importante de la biographie dp son auteur. Mais là, encore, je me sui^ heurté à de sérieuses difficultés. Caf plusieurs de nos écrivains ont emporté dans la tombe le secret de leur vie, existence probablement très heureuse, si l'on en croit le poète, puisqu'elle semble avoir été plus utile que bruyante, bene qui latuit bene vixit\

C'est en vain que l'on questionne les Biographies les mieux rensergnées, Michaud, Hœfer, Nicéron, Moréri, Vapereau, Chaudôn et Delandine, Musset-Pathay, Larousse, etc., etc., et les Bibliographiesles^lns complètes, Brunet, Bœhmer, Haller, Quérard, Barbier, Louandre, Bourquelot, etc., etc. Les savants recueils sont muets sur maints auteurs viticoles. Ahl s'il s'était agi d'un assassin

1. Citation familière à Voltaire, qui la donnait ainsi : Qui berie latuit, bene cixit. Voici le distique d'Ovide, d'où elle est tirée (Tristes, livre III, élégie iv, v. 25) : \

Crede mihi, hene. qui latuit bene vûtity et intra Fortunam débet quisque manere suam.

(Crois-moi, celui-là a bien vécu qui a mené une vie cachée. Chacun doit rester dans sa fortune.)

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