‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 61 sur 180 · Probablement ^ut Jieffement. selon la coutunie des fiefs · texte numérisé non relu

Probablement ^ut Jieffement. selon la coutunie des fiefs

(le sommeil, n'intéresse pas seulement l'historien des mœurs populaires ; il paraîtra plus précieux encore aux ampélographes. C'est, en effet, le premier texte ,/m/i(îai.s qni fasse une mention certaine du cépage vénéré, la gloire et la fortune de la Bourgogne, Sa Majesté le PinoU .

. François de Neufchâteau mentionne ce document dans une note de Dussieux, sur le troisième livre du Théâtre et Mesnage des champs d'Olivier de Serres, édition de la Société d'agriculture, 1804. Mais ce n'est pas à lui que revient le mérite de sa découverte. Il a tout simplement emprunté ce renseignement au célèbre Dictionnaire historique de la vieille langue française de Lacurne de Sainte-Palaye, un des plus remarquables monuments de l'érudition française au XVIII* siècle. Lacurne lui-même ne le tenait que de seconde main. Il l'avait puisé dans le fameux Glossarium médite et injimœ latinitatis de Du Cange, où il figure au moi pignoluSy comme une addition dèDomCarpentier. C'est celuici qui doit être considéré comme son véritable inventeur, au sens juridique du mot. Grâce k ses références, plus précises que celles de ses emprui],teurs, un des plus brillants élèves de la Faculté des Lettres de Lille, M. Paul Collier, a bien voulu se charger, sur notre demande, d'aller copier cette pièce aux Archives. C'est lui que nous devons remercier du texte ci -dessus.

(Ordonnance de 1395)

Biographie :

Philippe-le-Hardi (1342-1404), néàPontoise, était le quatrième fils du roi Jean. S'étant distingué par sa bravoure à la bataille de Poitiers, il reçut, à peine âgé de seize ans, le surnom de Hardi, Son père, fier de lui, le créa, en 1363, duc de Bourgogne.

Philippe s'attacha avec beaucoup d'ardeur au gouvernement de la province qui lui était échue, et où il résida volontiers.

Désireux de mériter le titre de « Prince des bons vins » que Ink accordaient habituellement les souverains de l'Europe, il fit la guerre aux mauvais cépages et prit sous sa haute protection le fin Pinot. Son Ordonnance de 1395 en est une preuve manifeste.

Grand seigneur, dans toute l'acception du mot, il entretenait dans ses multiples résidences, un train qui éclipsait celui du roi

'de France. En 1390, il reçut son neveu Charles VI au château de •GermoUes, près de Chalon-sur-Saône, et lui donna des fêtes splendides» où coula, nuit et jour, l'excellent vin du cru, chanté par Eustache Deschamps. De la part d'un sujet, tant de "faste frisait l'insolence. C'est ce que fit sentir au roi son frère, le duc d'Orléans. Humilié dans son for intime, Charles VI congédia Philippe de la Kîour et l'exclut du voyage d'Avignon. Telle fut, d'après Courtépée\ l'origine des funestes divisions des maisons de Bourgogne ^t d'Orléans, qui remplirent si longtemps le royaume de confusion et de carnage.

Philippe mourut le 27 avril 1404, à l'âge de 63 «ans, tout à fait insolvable. Ses dettes dépassaient les immenses revenus de son duché et de ses autres domaines. Saisis par ses créanciers, ses meubles furent vendus publiquement. Il fallut recourir à un nouvel einprunt pour payer ses obsèques. Et sa veuve, toute duchesse qu'elle était, obligée de renoncer à la communauté des biens, déposa, comme c'était l'usage en pareil cas, sa ceinture, ses clefs et sa bourse sur le cercueil de son époux. • La viticulture bourguignonne n'a pas toujours enrichi ses plus .fervents adorateurs.

. Tetste : ORDONNANCE DE 1395 pour l'extir^

PATION DES GaMAYS.

Phelippe, filz de roy de France, duc de Bourgongne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgongne, palatin, sire de Salins, conte de Rethel, et seigneur de Malignes.

A notre bailli de Dijon et a touz nos autres justiciers et officiers, ou à leur lieux-tenans, salut : Recehue avons la complainte de pluseurs des bourgeoiz et habitans de nos bonnes villes de Beaune, Dijon, Chalon et du païz d'environ, contenant en efîeit que comme d encienneté es vignobles des diz lieux et païz d'environ aient accoustumés croistre et venir les meilleurs et plus précieux et convenables vins du Royaulme de France pour le norrissement et sustentacion de créature humaine, et que pour la bonté dieeulx nostre Saint Père le Pape, mons. le Roy, et plusieurs autres seigneurs, tant gens d'église, 'Comme nobles et autres, aient en accoustume par excel-

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