ALONSO DE H ERRERA
•de meilleure garde. Un vin d'abondance, mais de peu de durée, s'améliore en le mélangeant avec d'autres raisins blancs. Le vin en question, pur, est grossier; d'ordinaire il engendre la gravelle et la pierre de la vessie.
Notes ;
Le vin de Torrontés, dit Herrera, est le meilleur des vins blancs. Don Simon-Roxas confirme cette opinion. Le moût d'Issop/nla (c'est le nom qu'il donne au Torrontes) a marqué 13'. Cépage tardif, d'après Odart, ne mûrissant pas en Touraine.
J'ignore si le raisin muscat donne la migraine. Mangé avec ^xcès, cela n'aurait rien de surprenant. Monratel mentido blaneo à San-Lucar ; Moscatel morlsco à Malaga ; Zoruna à Ronda. C'est le Moscatel castellano de Fuente Duena, le MoMcatel fmo de la Lena, et le YitLs generosa de don Simon-Roxas. C'est notre -Frontignan.
La trîbû des Jat'ns est extrêmement nombreuse et variée. Ses individus sont de valeur bien diverse. Celui de Grenade donne une excellente eau-de-vie. Les Ucas layreries sont une bonne sorte de Jaën.
VHeben a été appelé V. fragills par don Simon, probablement à cause du pédoncule de son raisin qui est très cassant et qui permet de vendanger ce raisin sans • serpette ni ciseaux. C'est le cépage qui fournit les vins estimés de Paxarète.
A propos de la MaUasia, Herrera affirme la supériorité du terrain sur le cépage pour la qualité du vin : mieux vaut un Gamay •en coteau qu'un Pinot en plaine.
UAragonés est le nom donné à Madrid, au Granaœa de l'Ara- .^on, Llacloner de la Catalogne. C'est le Grenache du Languedoc, Granache, Alicante, Bots Jaune, Rousslllon, Rlcesaltes, Carir/nane jaune, Redondal. Très répandu, dans le Midi, avant le phylloxéra ; remplacé, c^epuis le greffage, par la Carigtiatie^ dont la fertilité est supérieure et le vin plus coloré (H. Mares, p. 56, et comte Odart, p. 528).
L'œuvre d'Alonso de Herrera, trop peu connue même par ses •compatriotes, a été traduite de son temps, ou peu aprës sa mort, -en italien, sous le titre de : Gabrielis Alphonsi de Herérra opus de agricultura Hispanicè scriptum, per Mambrianum de Fabriano Italicè redditum, cum figuris 74 parvis. Venetiis^ 1557.
Dans cette curieuse traduction, dont un exemplaire est à la Bibliothèque de Lyon, on voit la corrélation des noms de cépages espagnols devenus italiens. Il y a une étude de synonymie amusante à y faire. Le Torrontes est changé en Yerclicchio, le Mos-
eatel en Moscatello, le Ciguentc en Cesenese, le Jaôn en Uccl (f/'ossa hianca, VHeben en Ceresolo dolce, VAlaœan'ce en Vof rosse (jrossi, le Vinoso garde son nom dans les deux langues i mais la Malcasia devient Malcagia, les Uras layreries des Uce blanche, les Ucas prietas des Uee nègre, les Castellanas des. Castiglia, les Palomina des Palombina, etc., etc.
Je doute fort que cette synonymie soit rigoureuse. Ce serait aux Espagnols ou aux Italiens à la vérifier.
LEONART FUSCHS
FUSCHSII HiSTORIA PLANTARUM, Ba-
sileîc in officina Isinc/riniana, 1542^ (traduction française, publiée à Lyon, ArnouUet, 1550).
Médecin très savant, surnommé YÉginète d'Allemagne, Léonart FuscHs ou FuscHsius, naquit à Wembdingen, en Bavière, en 1501. Il exerça et professa la médecine avec beaucoup d'éclat à Munich et àingolstadt. Charles-Quint l'anoblit et le duc Cosme de Toscane chercha à se l'attacher. Fuschs était un botaniste passionné. Il contribua à la renaissance, ou plutôt k la formation, de cette science, en Allemagne, en France et en Italie. Il fut le maître de J. Bauhin. C'est là son principal titre, à nos yeux, pour figurer ici.
P. 83. Vitf-s rinifera. Une très belle planche. Il renvoie à Pline pour distinguer les innombrables espèces de vignes ; donne^ une description botanique de la vigne cultivée, sans qu'on puisse reconnaître nettement le cépage qu'il a pris pour type. Il indique le lieu où elle croit, l'époque où elle végète et mûrit ses fruits,, son tempérament, et s'étend complaisamment sur ses vertus médicinales, les énumérant d'après Dioscoride, Galien et Siméon Sethi.