Serait-ce une forme du San Gioceto
et la Braccivola, ainsi que le Greco, sont encore très productifs de vin, à la condition de croître dans leur pays natal : on a vu une vigne, seule sur un arbre, donner jus qu'à huit ou dix barils de vin, comme en Terre de Labour, et dans les environs de Naples ; transportée ailleurs, on l'a vu garder toute la vertu native de sa grande fécondité; c'est qu'ils aiment les hautains, de même que le Trehhiano et le Pergolese de Tivoli. Au surplus, et par leur nature même, toutes ces espèces de vignes aiment l'arborescence et embrassent assez de pays : c'est ainsi que, au Portique de la Romagne, on voit une treille s'étendre à plus de mille brasses, chargée de raisins; pareillement, à Palerme, on en trouve une dont le tronc, élevé hors du sol à une hauteur de huit à dix brasses, a la grosseur d'un homme ; elle se voit dans un clos entouré de cellules des ex-Cordeliers, et ses ramifications ont plus de cinquante brasses de côté. Il s'en rencontre peu, au contraire, qui s'accommodent de la conduite basse et du terre à terre, comme les vignes qui produisent le raisin noir et sec de Corinthe, et les raisins secs blancs, et ceux qui sont bons à sécher en grappes entières et pointues ; ou encore la Matvagia qui fait le Malvoisie, dont un seul pot suffit pour améliorer un tpnneau de six barils du vin blanc de ce pays ; raisin excellent à ce point que, employé seul et sans mélange, il fait un vin très capiteux. Cette vigne est peu fertile en son pays d'origine, Candie et Chypre; elle l'est encore moins transportée sur un sol étranger; elle se plaît en taille basse.
Il y a des raisins muscats noirs et blancs. Les uns font très peu devin; les autres, au rebours, en produisent beaucoup : les uns ont une graine ronde, grosse et lisse; les autres, une graine très petite. Les raisins aux graines rondes ont à la fois la grappe bien formée et les grains aplatis. Les gros raisins muscats de Naples sont agréables à manger, mais donnent peu de vin. Il y a encore, dans les Maremmes, des raisins jaunes, volumineux, qui sont odoriférants et bons à manger, et qui donnent beaucoup
de vin. Les noirs donnent du vin coloré, assez bouquaté: le raisin est fort délicat; malheureusement, il ne se conserve guère.
Le Mammolo, soit rouge, soit noir, est un bon cépatge pour le vin; bien mûr, son raisin n'est pas désagréable à manger, ainsi que celui de ÏOrzese et de la Binaldesoa^ qui, d'ailleurs, sont excellents pour faire du vin, et pour le faire abondant, comme cela arrive avec le Marzimino, VUva Mostaia, qui en donnent beaucoup, et avec la Ztwchaia : mais ce dernier, loin d'être savoureux, est âpre et plein d' « aquosité » insipide. On voit peu à!Uva di Gerusaleinine; on n'en trouve guère que dans des jardins très soignés ; ses grappes s'allongent vers le sol quelque fois l'espace d'une brasse et demie. Comme ses ailerons^ sont aussi grands que les grappes des autres cépages, on lui donne volontiers le surnom de raisin-merveille, Maraviglia. Bonne pour la table, mais peu fertile pour la cuve, cette vigne affectionne les hautains.
Après elle le San Colombano tient le premier rang ; greffé sur Muscat, il est précieux par son parfum délicat : il fait, comme il a été dit, un vin clair comme de l'eau, mais d'une grande force et bien bouqueté ; son raisin noir est encore bon, mais non son raisin blanc. Vient ensuite la Galktta hianca, renommée chez les anciens, et remarquable par sa peau mince, sa pulpe fondante et sa saveuT exquise : toutefois la Galletta nera ne saurait rivaliser de bonté avec elle. Wvaparadisa est excellent, bien qu'il ait la peau épaisse, quand il se dore au moment 4e la maturité, un peu comme la Pergolese ou Duracine^ laquelle se trouve à Tivoli et ep^quelques autres lieux,, pourvu que le terrain soit bon et pas trop gras, et f»e conserve sur souche autour des maisons, sur treille ou en taille basse, comme à Tivoli, après l'automne, au commencement de l'hiver, et comme dans son propre pays jusqu'à Noël. Le raisin noir est acceptable, mais le blâme l'emporte en qualité : il aime les hautains et s'accommode bien des treilles et des supports. Il y en a d'autres qui.
parce qu'ils sont gros, se nomment Grosso; leurs grains sujets à fendre et à sécher, ils sont encore de trois et de cinq vol tes\
Il y a aussi V Uva Angela et le Zihiho bianco et le Zihiho nero. Mais si l'on veut des raisins de conserve, c'est la Corbina et ïAnsoria qu'il faut choisir. Au surplus, la Barbarossa ne leur cède en rien, ni la Lunigiana, ni quelques autres espèces encore, qui, outre que leurs grains croquants et presque sans pépins sont excellents à manger, font du bon vin; mais, en général, leurs ceps sont faibles et leurs grappes rares; en montagne où elles viennent excessivement bien, on en garde les raisins toute l'année, si on prend l'habitude de suspendre les sarments dans une chambre saine et hermétiquement fermée.
En Lombardie, on dit beaucoup de bien de Y Uva Groppella, qui ressemble, ou à peu près, à celui qu'on nomme Gallezzone, Sont fort estimés aussi, pour faire du vin, les Voltoline, les Schlava neva aux gros grains. Et leurs raisins détachés des vignes en vieille lune, à midi, avant leur maturité complète, et pendus au plancher la tête en bas donnent toute satisfaction. De même le Varano, YOrzese et le Sangiogheto sont des producteurs renommés pour faire beaucoup de vin. Viennent ensuite les Trebbiano, aux grandes grappes et à la peau blanche. Plantés ras terre ou dressés sur treille, les Trebbiano ont une fertilité extrême et ne manquent jamais. On en trouve de noirs, mais les blancs sont les meilleurs. Il faut en rapprocher les Lugliole, qui sont bons à manger et précoces : immédiatement après viennent les Lugliole d'août qu'on appelle Pisano, qui ont de grosses graines et ressemblent à VUvafranzese, Les Vernaccia, tout comme les Malvagia, font peu de vin, mais un vin corsé. Les Buriani et les cépages blancs des environs de Portercole donnent un vin très généreux, d'une force égale à celle du vin grec, mais plus agréable et d'une suave saveur. Le