LA FORMALITÉ OU DU SACRIFICE
Nom divin : Dipa : Makom.
Séphire : Gevoura.
Série spirituelle : Puissances.
Signe : Le Lion.
Arcanei Le Duodénaire.
Tout se mérite, se paye et se conquiert au prix perpétuel d'une renonciation analogue à son but. Veux-tu fournir une grande carrière de volonté, jette du lest, c'est-à-dire abandonne des satisfactions possibles.
Pythagore, admettant des existences antérieures à celle terrestre, expliquait la souffrance fatale par les démérites qui soldaient les antécédences. Je m'élève de toute ma force contre cette théorie malgré mon admiration presque sans borne pour la doctrine de ce philosophe : je crois que cette vie est la première vie de notre âme et de notre esprit .
Le problème de Toriginel péché ne vaut pas l'embarras qu'il a causé aux théologiens ; Adamah eut un
vertige de vie, une griserie d'être, une soûlerie de personnalité, il s'enivra de son entité comme Noah de vin, et cette ébriété fut la première dissonance qui désaccorda toute Tharmonie primitive.
Cela fut, par la double raison que le libre arbitre ne pouvait commencer que par un abus, la vie que par un excès. Le péché originel doit s'entendre l'imperfection originelle, c'est-à-dire qu'Adamah, au lieu d'être un pécheur, est un imparfait. Étant donné la nouveauté, la soudaineté de l'existence consciente, aucun être ne pouvait s'éveiller à la vie en état équilibré. Le créateur avait donc prévu la dislocation partielle de son œuvre, comme un parfait architecte se rend compte du fléchissement de son église, selon la , portée des arcs et du bas côté.
La faute d'Adam était fatale et hors de lui ; la divine logique le créait parfait, mais non pas confirmé en perfection. Au reste, c'est grand tort de vouloir critiquer la création de l'homme, avec les prodromes de la création angélique. Dans la prévoyance de Dieu, l'homme perdait immédiatement l'équilibre de son bonheur et cela pour sa plus grande gloire à venir.
Retiens donc, mon disciple, que le premier homme est un imparfait et non pas un coupable, dans le sens ordinaire du mot. Vois dans l'ivresse de Noah l'image de l'ivresse d'Adam.
J'ai donné ailleurs une théorie de rarîstocratîe humaine que je ne répéterai pas ici où elle aurait cependant sa place (1). Elle est dangereuse sans beaucoup de commentaires. Il suffit que tu saches que tu es inéquilibré d'origine et que l'équilibre n'est pas une négative pondérée, mais la stase de Tesprit commandant à l'âme et au corps.
Or, la succession phénoménale a été d'abord une exubérance de vie physique puis un développement de la sensibilité, enfin la faculté conceptive ou abstractive vint. Puisque tu es un Adamah, il te faut d'abord lutter contre l'instinct qui est le plus immédiat péril ; contre le sentiment qui vient après; Kaïn et Abel figurent un double sentiment, également excessif. Kaïn représente l'actif impérieux et révolté, la brutalité mâle, l'impatiente et farouche rivalité ; Abel le passif tendre et résigné, la douceur sans force, le féminisme sans ressort.
L'esprit seul peut donner à Kaïn la notion du généreux et de la mansuétude et à Abel; la résistance d'habileté ou d'inertie qui se défend et se conserve.
Soit Kaïn, soit Abel, obéissants à l'esprit, ont à sacrifier leurs plus impérieuses tendances ; l'un cherchera à s'adoucir et l'autre à s'affermir.
(1) Ister, cinquième roman de Téthopée la Décadence latine.
Ainsi y que tu te classes parmi les forts ou les faibles, les actifs ou les passifs, il faut, mon disciple, suivre d'un ardent désir la faculté contraire à la tienne et qui te complétera.
Es- tu Kaïn? cultive l'esprit de justice et de paix, éclaire de bonté ta puissance , sois doux et tu seras complet.
Es-tu Abel ? cultive l'esprit de défense et de fermeté, solidifie de courage ton aménité, sois vaillant et tu seras aussi complet.
Mais si Kaïn tu reste Kaïn, Abel que tu demeures Abel, tu gémiras sous le dam de l'originel péché.
La Rédemption l'a effacé, dit l'Eglise, non pas sur tous, car tous les hommes ne sont pas solidaires des bourreaux de Jésus ; il y a des êtres que j'ai nommé ailleurs œlohites, qui bénéficient certes du sacrifice sublime qui se consomma sur le Calvaire, mais qui ne sont pas coupables de la mort du Sauveur. Les assassins de Jésus s'appellent du nom de tous les imbéciles néfastes, de Luther à Carnot; ce sont tous les prostitués de l'intelligence qui vivent de mentir, ce sont tous les sectaires qui s'élèvent par le désordre..
Si je t'ai donné le précepte de te libérer de tout devoir social, c'est afin que tu appartiennes tout entier aux idées saintes et non certes pour te convier à cette billevesée qu'on nomme humainement le bonheur.
Le bonheur, c'est de concevoir Dieu et de se hausser
vers lui ; le reste est vain. Or, cette conception exige que tu sacrifies les biens sociaux et ce haussement des forces individuelles pour te consacrer à une sorte de sacerdoce secret mais impérieux.
Serais-tu au plus haut de la perfection, tu auras encore une réalisation à chercher; et tu devines déjà ce qui se peut placer au-dessus du parfait, c'est le don ' de soi, conscient, complet et calme.
Pour qu'il soit conscient, il faut que les circonstances convient ; complet, que tu engages ton éternité sur une parole ; calme, que tu n'envisages que la seule beauté de ton sacrifice.
Si, dans un traité animique je t'énonce ce suprême effort de toute religion et de toute gnose, cet acte de divinité que le ciel même est venu nous enseigner : c'est que le sacrifice du moi sentimental accomplit l'amour, devient la charité, et la charité n'est plus deTâme, mais le point précis où l'idée se fait cœur, ou le cœur devient cerveau : Cet idéal fut appbrté par Notre Seigneur Jésus-Christ, il l'infusa en nos âmes ; ses précurseurs ne furent jamais qu'une moitié de Christ, les uns comme Oannes, Orphée, Prométhée, furent des flambeaux spirituels, d'autres comme Cakya Mouni, une charité sans métaphysique.
Le mystique sacrifie l'intellectuel au moral. On voit l'Église se désintéresser de la beauté, consacrer des
églises affreuses et les salir de mille objets dits de bondieuserie.
Également la routine catholique se désintéresse de Fart, comme si c'était le rite du diable, et avec beaucoup de vertus, la chrétienté devient une arriérée en face de la civilisation ; oublieuse de ses sublimes traditions qui unissaient la forme à la pensée, paraphrasant le dogme par la fresque.
La magie ne sacrifie pas même le corps ; elle oblige son disciple à se rendre aussi décoratif que possible, elle ne méprise pas la forme que revêtit Jésus, la forme de Marie et de tant de saints et de génies.
Elle sait trop combien une grande allure, le geste noble et l'éloquence servent à imposer le règne de Dieu.
Elle ne sacrifie rien de Fâme non plus, mais elle la déprend du contingent et du* temporaire et tourne à l'abstraction la tendance sentimentale.
Croire que Ton peut être mondain et mage, bohème
et initié, paresseux et adepte, gnosticien et vulgaire ;
aberrations!
La prise d'occulte est une prise de froc, large sans
I doute et plus court, plus facile aux mouvements de la
i vjle, un peu indéterminée en ses moyens ; on ne s'ap-
f: puie ni sur un directeur, ni sur un confesseur, seule-