L . ment sur le verbe théôsophique de tradition, et pour
- 'gTI
tout dire il faut inventer son salut et créer son rituel.
Certes, des risques sont à courir, graves, nombreux, renaissants ; la voie occulte, toujours téméraire, menace autant qu'elle invite ; mais la témérité génère seule les hauts faits. Je te parle de devenir un héros, si tu ne te sens que soldat, que fidèle, retourne à ton curé ; ça parole est pleine de sécurité. \^
Appliquée à la longueur ou au bonheur commode * de la vie, la question du destin d'Achille se pose ici. Nul n'est forcé au martyre, ni à l'aventure ; interrogetoi avant de poser le pied sur VArgo ; es-tu ce naute qui veut aborder en Colchide ? si tu hésites, reste. A ce bord il n'y a place que pour l'enthousiasme et l'audace ; on y chante pendant Forage ; on sait que mourir en cette route, c'est déjà ne plus mourir.
Ne te figure pas que la magie va être un atout au jeu de la vie et que tu vas faire des causes secondes les génies assistants de tes passions.
Loin de là, il te faut sacrifier sur l'autel du mystère, non pas ton cœur, mais la plupart de ce que tu crois encore les joies du cœur ; tout ce lest de routine et de mœurs niaises qui font le bagage de Fhonnête bourgeois, tout cela, tu vas le jeter.
La morale de ton pays et de ton siècle ne te peut plus servir ; tu n'entreras dans le temple qu'avec ton idéal, ta bannière et ta volonté pour épée.
Es-tu templier ? Veux- tu délivrer le Saint-Sépulcre et pourfendre l'infidèle ?Car la médiocrité n'a pointde part en ce royaume et tu ne peux y trouver des accommodations entre le ciel et le siècle.
L'antiquité hérissait d'épreuves physiques et morales, la réception aux mystères bien moins pour éloigner les traîtres que pour sauver les téméraires.
La magie comme la prêtrise laisse un caractère indélébile ; celui qui a reçu même le simple ordre mineur conserve une marque visible de son sacerdoce partiel et momentané ; ainsi un dilettante qui s'avance vers le sphinx, gardera l'incohérence de son imparfaite initiation.
Je ne saurais donc trop sacrifier et la méthode et la stylité de mon livre au ressassement des dangers que tu cours, si tu penses tremper seulement les lèvres à la coupe du mystère ; si tu n'es pas vivifié, tu risques d'être empoisonné.
Ne prends pas la magie pour une étude àl'instar delà numismatique ou du blason ; ton esprit n y pénétrera que si ton âme fait vœu magique. Un vœu change une vie.
Aimer ton art plus que toi-même, et les chefs-d'œuvre comme ton art, voilà le précepte esthétique.
Aimer la vérité par-dessus tout et la manifester quoi qu'il en coûte, voilà le précepte de l'écrivain.
Se préparer à une mission indéterminée et qui tardera beaucoup, ou ne viendra peut-être jamais ; tel est le verbe du mage.
Former et tremper sa personnalité, ce n'est là qu'une moitié de l'initiation ; l'autre consiste en un mariage mystique avec les idées qui au cours de tes travaux t'apparurent les plus belles.
La chevalerie, venue d'Orient, se sexualisa sous la grossièreté des Francs; il faut lire Boëce et aller jusqu'au Convito pour voir que la dame de la galanterie primitive et des fidèles d'amour florentins était l'idée abstraite.
Qui se fiance à l'abstrait, doit comme le chevalier Lohengrin sacrifier incessamment son heur à son vœu ; subordonner toute chose au divin, et porter constamment les couleurs de sa dame éternelle, choisie parmi : Justice, Beauté, Vérité, Subtilité.
Vainement le moderne essayera de concilier ses intérêts et l'idéal impérieux ; on ne dupe pas le ciel, la ruse n'a point d'effet en ces régions sereines ; le Templier ne saurait quitter et mettre son blanc manteau ; qui ne renonce pas aux vertiges d Instinct et d'âme ne sera jamais casqué par le mystère : l'adhésion de la volonté au divin, si elle n'est pas absolue, devient un blasphème, et le blasphème, le plus mortel poison de l'esprit, crée une infranchissable barrière entre l'homme et Féternité.
CONCORDANCE CATHOLIQUE
ARGÂNE DUODENÂIRE
Ce que tous auraient fait» tous Font fait en puissance ; le premier homme a vacillé comme tout homme * vacillerait : Timperfection sérielle demeure inhérente à
chaque individu.
Quant à la dure nécessité qui nous presse à chaque instant, elle n'est pas le châtiment de notre inconscience native, seulement la conséquence de cette imperfection.
Elle remplit la condition exigée par la justice pour entrer dans l'éternité.
L'Ange ne dépassa jamais le rang où Dieu le créa, et sa place demeure la même, éternelle ; l'homme au contraire, dans l'autre vie comme en celle-ci, continuera à mériter et à monter vers l'intangible et invisible cause, et sans l'atteindre jamais s'en rapprochera sans cesse par les conséquences de son origine imparfaite qui le force à se perfectionner, et par les mérites et Texemple de Jésus qui est venu enseigner aux cœurs mortels l'amour même qui illumine les neuf chœurs.