LA VIE OU DE LA GLOIRR
Nom divin : rxhï^y Eloah.
Séphire : Malchut.
Série spirituelle : Ischim.
Signe : Le Capricorne.
Arcan^ : Septodénaîre.
La gloire est une des plus hautes notions qui soient : comme P orgueil que par abus on a titré de péché capital, elle veut être conçue selon la magie.
La gloire des conquérants, la gloire des militaires s*appelle, pour le mage» Topprobre sans nom, et la co^ lonne Vendôme par exemple sera démolie par Tinitié comme les noms des guerriers seront effacés des ru6S et des places. La vraie gloire est celle de beauté et de justice. Si on la fait consister pour les lettres dans TAcadémie, elle devient ridieule, ou dans la publicité, elle parait alors infâme .
La gloire^ c'est la volonté d'un homme épousant la
lumière et lui donnant un fils, c'est-à-dire une œuvre.
Non pas un habile épousant l'opinion de son temps et lui donnant un miroir où elle découvre son image embellie et menteuse.
La gloire est une volonté, elle comporte un effort très grand : épouser la lumière, repousser l'époque et donner le jour à une forme, c'est-à-dire vivifier de sa virilité un passif idéal ou symbole éternel.
Quelle confusion dans l'esprit occidental sur cette noble matière et quels butors que les éducateurs français !
Pour le lecteur du Petit Journal ou le ministre de l'instruction publique, la gloire couronne également Wagner qui fit Parsifal et Bonaparte qui fit un charnier de quinze millions de cadavres; il y a une rue Hoche près de la rue Ghateaubriant et dans un pays où Marat, Voltaire, le cabot Gambetta et le journa* liste Desmoulins ont leur statue tandis que Balzac et Delacroix l'attendent, je me demande ce qui se passe en l'esprit de l'adolescent qui cherche une notion claire. Pétrarque au Capitole ou le pédéraste César torturant Vercingétorix, quel est le glorieux ?
Gomment des hommes ont-ils été assez constamment brutes pour convenir de rendre les mêmes honneurs à deux généraux adversaires et quelle spéciale maladie mentale a-t-on observée au siège de Sébastopol où les
officiers russes et français godaillaient ensemble entre deux combats acharnés? Est-ce pas le Valhall, moins les Walkyries, c'est-à-dire la pire barbarie des Goths ?
Voici deux armées en présence : pour la routine les deux armées seront héroïques si elles se battent avec rage. Vraiment les sauvages n'auraient pas d'autre sentiment.
Théosophiquement, le héros est celui dont la cause est juste; et le mécréant, serait-il vaillant comme Percy, reste un mécréant.
Il faut en finir, au point de vue physiologique avec la farce du courage : plus un être est vide, plus il fait bon marché de sa peau.
Au reste, si on conviait n'importe quel état-major à faire preuve de métaphysique, je crois que ce serait un étrange vaudeville, tandis que le dernier des intellectuels est capable de mener une charge et d'aller avec une cravache contre mille canons.
Le militaire qui part en guerre ne croit pas qu'il va mourir, et arrivé sur le champ de bataille, devenu une tête de bétail, il ne pense plus que de la pensée du troupeau ou régiment : le glorieux 000* est littéralement inconscient de sa gloire, aussi inconscient qu'un taureau qu'on pique pour le faire entrer dans l'arène où il se défend des brutes humaines,
Juda Machabée sait pourquoi il se bat; il incarne
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ridée juive, Larodiejacquelein incarne la théocratie ; les fanatiques seuls sont logiques Fépée à la main, mais les figurants des tragédies conquérantes, les pauvres sots qui sont au Tonkin comme pirates natkmanx me semblent des buses ou des misérables •
11 faut ou que le mot gloire ne serre plus aux vols et aux assassinats sociaux ou bien en inventer un pour la vraie gloire. L'épouvantable Montauban qui brûla le palais d'été de la Chine porte le même or de nimbe dans la mémoire humaine que Léonard de Vinci. L'un et l'autre seront dits c s'être couverts de gloire > .
L'essence même de la vraie gloire c'est de réunir l'assentiment universel, de ne [pas valoir seulement pour un lieu et un moment ; ou bien d'incarner la justiee d'un lieu et d'un moment.
Karlemagne contre les Saxons, et la Pucelle con tre les Anglais combattaient pour la lumière, encore plu s que pour l'Empire et la France : de là leur grandeur.
Si l'incendie du Palatinat n'est pas une honte, je demande que la mémoire de Cartouche soit réhabilitée. Les hommes sont si vains qu'ils respectent leurs sottises comme autant de dogmes. Us ont régularisé le brigandage et s'appellent des braves; ayant mis à la place du vol et de Thomicide les mots jeu et guerre, appelé l'assassinat duel, ils se sont dits civilisés.
L'Angleterre bombardant les côtes de Chine, parce
qu'on refuse l'entrée à son opium, voilà qui donne la mesure de la scélératesse nationale et emporocratique.
Hors la défense de l'opprimé et de la civilisation, toute gloire se modèle œuvre de paix et de bonté.
Si quelqu'un se posait en face de ce problème : im- " poser son nom à la mémoire humaine, il aurait plutôt fait d'être un scélérat qu'un génie. Deutz, Perrinet Leclerc ont l'immortalité comme Iscariote, et cependant qui donc voudrait de leur détestable notoriété? La science disserte sur les monstres et l'histoire enregistre les méfaits, également par besoin d'étude. Mais il manque dans l'enseignement supérieur une notion ferme qui guide les jeunes esprits vers le vrai de la gloire.
Newton et Murât ne doivent pas être mis au même plan, sinon la gloire serait comme la Légion d'honneur que porte également le poète et son éditeur, ce qui est fort comique^ et qui rend ridicule le beau ruban qui distingue en France les vieux capitaines, les jeunes diplomates et les cocus.
La gloire doit être attendue et non pas poursuivie : sinon ce serait une simple entreprise de publicité et un Américain, à coups de dollars, ferait oublier jusqu'au nom de Dante •
Ce qui rend difficile plus qu'elle fut jamais la sjtua-
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Mr^âbi^^ ma immbi âi im imm fmMns ài b postérité. LiSj^Ff^mçâtti»^ et fiJos génmlaBaiitles OoôdcnlanxsoDt âm-damHtiji de Tortaret et da dernier chaiigeiir ilalioi.
L^bo^fume de pensée et d'art, plaeé oitre la hcMite laerdtiire de plaire au public, le reniement de toute dignité de complaire à une RépnUiqoe, et Flmpossible, même avec vilenies, de plaire aux riches, se trouTe singulièrement empêché.
Jamais époque ne fut plus stérilisante, et ceux qui œuvrent encore ont double génie et un bien colossal entêtement ce semble.
Littéralement, celui qui conquiert les suffrages cont|pporains peut se considérer comme un néant ; car toutes les notions étant perdues et gâtées, on ne peut que maudire son temps, ce qui est la pire façon de s'inspirer. I/indignation, triste muse, reste l'inévitable remplaçante de ses neuf sœurs. Au lieu de recevoir du pré-
sent la matière de son œuvre, il faut à grand effort se rejeter dans le passé et créer en antagonisme avec son temps.
Jamais les écrivains et les artistes ne furent réduits à une plus dure nécessité. Cependant un homme a montré quels miracles la volonté sait accomplir. Le théâtre de Bayreuth témoigne qu'un génie peut dompter l'univers et bouleverser un art, de fond en comble.
Songe que le héros de Parsifal, c'est la colombe de l'Esprit saint, que ce drame figure sans cesse l'Eucharistie et la messiassion, que chaque année la sceptique Europe envoie cinquante mille pèlerins à l'église d'art de Bayreuth ! Songe à cela et assure-toi que derrière la beauté de l'œuvre et la volonté de Thomme, il y a les anges, qui parfois s'impatientent et changent le cours de la bêtise humaine.
La gloire moderne, même esthétique, porte sur elle un obscurcissement étrange, qui vient de la matérialité de son idéal. En face d'Eschyle et de Sophocle, le théâtre d'Hugo parait du drame de foire, mais non pas celui de Gœthe ou de Wagner.
L'initié en art s'efforce d'enfermer de l'abstrait en ses fabulations et de mettre un dessous de mystère à son pathétique. Il y a dans l'art pour l'art, une misérabilité qui devrait paraître aux yeux des moins avertis, il est vrai que le dernier poète sacré, le Dante, plus
A MfM IT MÉ ATtB SES SOESCES KOBTES
ë que compris, plos cîlé que lu, n'a point d'action cerveau ocddentaL
si l'artiste doit-il se désintéresser, non seulement 1 temps, mais de son peuple, et œuvrer en hute, c'est-à-dire en teintant le moins possible de ir ethnique son œuvre. Si belleque soit la Tetral'appareil gotho-gennain y dépasse ce qu'on vou-
pas reproduire la vie de maintenant et œuvrer
)iD du public, comme fait le savant, voilà tout le
il à donner.
nme la décadence actuelle sera reniée par la civi-
in nouvelle, il serait inhabile de se faire englober
ee rejet.
siècle n'a plus de souci de l'art : que l'art n'ait
wuci du siècle.
CONCORDANCE CATHOLIQUE
ARCANE SEPTO-DENAIRE
L'Église depuis deux siècles a oublié sa mission esthétique : elle construit les plus hideux monuments et les orne des plus ignobles statues, des pires barbouillis. Ses cantiques, sa musique, ses ornements, valent son architecture, et bientôt les parpaillots n'auront plus rien à nous envier.
Aussi, rOrdre de la Rose-Croix vient-il à son heure pour forcer TÉglise à devenir artiste, et lui rendre ainsi ce prestige qui est digne d'elle seule.
La tâche sera pénible : car les prêtres et les dévots, prenant le génie pour le diable, insultent les gloires ; et le catholicisme, en face de ses artistes, semble un père qui aurait oublié ses plus beaux fils, et qui les retrouvant les renierait, parce qu'ils ne ressemblent à ses autres enfants, humbles, presque laids et plus commodes à manier.