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LA MANIÈRE OU DES ENNEMIS

Nom divin : ma d^iSk, Gibbor Àlohim.

Série spirituelle : Daïinons.

Signe : Lô Capricorne:

Arcane : Octodénaire.

Il ne faut pas avoir d'ennemis, c est-à-dire qu'il ne faut accorder à personne assez d'importance pour lui opposer sa propre personnalité.

Les hostiles sont inévitables, non pas toujours fu^ nestes.

L'initié opère sur lui-même, en lui-même, par luimême, tout ce que Tagnoste base sur autrui.

Selon la doctrine, le nécessaire advient dans la vie de l'adepte, s'il tient fermement la barre de sa destinée,

Orj la méditation seule nous rend conscient de la limite où nous pouvons vouloir sans dépasser la force de notre destin.

Nous naissons avec des penchants, autant dire des^ commencements de chutes, et l'ancienne astrologie

était une équation entre la volonté et la nécessité.

Le condottiere Boulanger sera dit par tous Vénusien, et cela suffit pour ne pas croire à son succès final : il avait séduit M°" la Foule : au lieu de lui être fidèle, il lui donna une rivale en la personne d^une comtesse qui perdit soa destin ; cet homme inlSrieur n'a pu se substanter avec de l'ambition. Sans valeur personnelle, devant tout au destin qui lui apportait la force de tous les mécomptes, il a roucoulé^, sans cesser de vouloir régner; mais le destin, qui avait tant £aitpour lui, s'est retiré et, réduit à soi-même, il ne représentait rien,, et n'a pas eu assez de personnalité pour porter dignement son exil.

Nos insuccès naissent souvent de la contradiction entre nos désirs et notre volonté. Nous manquons d'unité morale ; de là notre faiblesse la plus commune. Ce n'est pas le but qui bouge et se déplace, c'est nous qui ne le visons plus. L'ambitieux, fidèle à son dessein, le réalisera, toujours, s'il ne dépense sa force à d'autres passions. Le savant parviendra au plus haut point de connaissance, s'il vit en savant; c'est-à-dire que dans ses mœurs comme dans sa recherche il ne doit point répéter et ressasser un fait une fois: connu comme la sexualité par exemple; l'artiste enfin ne parviendraau chef-d'œuvre que par l'emploi de toute sa passionnante dans la facture de son art. Il n'y a pas de véri-

table impuissance, nous dispersons nos forces et voilà la raison de nos âvortements.

Il s'agit bien moins de se mettre en pénitence et de renoncer à ses passions, que de les accommoder à son vœu, et tel peintre qui n'est pas continent, restreint cependant sa luxure aux femmes propres à lui poser une belle œuvre.

Hors de la solitude et de la vie à l'écart, il faut socialement frayer avec la caste la plus élevée possible pour profiter des passe-droits et des commodités de la corruption.

En soi et autour de soi, le bien et le beau profitent de beaucoup de mauvaisetés. Par analogie, la putré* faction métaphysique comme la physique engendre sous une main habile des choses parfaitement nobles. On ne remarque pas assez quelle divine alchimie sublimise perpétuellement les pires éléments, et comme le mal devient un excitant de vertu, et le méfait une occasion de bien faire. Le mage collabore attentivement à cette grande œuvre des réactions providentielles, qui préside à l'utilisation bénéfique du péché.

Massillon, dans son immortelle homélie sur Marie Madeleine, expose une théorie similaire à celle de Fourier : au lieu de proposer au pécheur un prototype du chrétien, il montre comment les plus diverses^tendances peuvent aboutir au salut, qu'il n'y a rien à retrancher

du potentiel, mais seulement à le subordonner au salut.

En soi, aucun tempérament n'est réfractaire au bien ; la dernière qualité, le courage physique lui-même peut être lumineusement employé, et tout penchant demeure susceptible de panification noble.

Aujourd'hui, Finimitié de personne à personne a perdu sa force, et les embûches s'appellent les lois. L'ennemi de tous, c'est l'État; les difficultés de la vie s'appellent enseignement infâme, recrutement militaire, justice injuste, police dangereuse à l'honnête homme.

L'intellectuel a donc pour principaux dangers : l'université, l'armée, la magistrature et la police.

Aucune embûche ne se compare à l'abrutissement de l'éducation nationale française, à l'avilissement de l'obéissance passive, à l'insécurité d'un pays sans habea» corpus^ au danger d'une police qui opère depuis vingt ans autant contre les honnêtes gens qu'envers les misérables.

Je t'ai commandé l'oubli de tout ce que la France enseigne; quant à toi, si tes parents ne t'ont fait naître à Jersey, reproche-leur ce manque à leur strict devoir, et que le génie de la nécessité t'inspire. En fait de justice humaine, ne retiens que le mot de Montesquieu sur le vol des tours Notre-Dame, et évite les heurts de la rue.

Tout homme de consigne présente un spécial danger : celui de la borne, n'y butte pas ; évite le militâîre, évite le gendarme ou corromps-les, car je ne fais pas au pays de France Thonneur de croire que le bon droit soit jamais une chance de plus, et que Tinnocence vaille quelque chose devant les tribunaux ou Topinion.

Au reste, le mage toujours puissant ne peut être que combattu dans sa réalisation, son verbe défie la conjuration de la société et de la haine.

Sous les dents des fauves, les chrétiens lacérés étaient plus les chrétiens que lorsque Constantin les fit triompher. Jehanne d'Arc est-elle moins la Pucelle sur son bûcher ? Les Chouans assassinés et non pas vaincus par les bleus, dont les petits-fils nous gouvernent, ne sont-ils pas les mêmes martyrs de la foi, morts ou vivants?

Défaite et victoire désignent des contingences où le verbe demeure même sans cesse. Jacques de Molay condamnant à mort, du haut de son bûcher, le Pape et le Roi, apparaît plus encor le grand maître du Temple que ses heureux prédécesseurs, et si Louis XVI n'était pas monté sur l'échafaud, il serait mort en nigaud et non en victime.

Quel que soit le sort d'un homme, sa gloire terrestre comme éternelle dépend de son seul enthousiasme : Archimède, tué pendant qu'il traçait des figures géomé-

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traies, n'a pas été yaincu : sa contemplation de la science, il Ta reprise de l'autre côté de la vie.

Vois donc, mon disciple, la grandeur de Tidéal, puisqu'il déGe tout adversaire et toute aventure.

Mais, vois aussi que cela qui s'entend de l'idée ne s'étend pas à l'individu, qu'aucune Norme ne s'intéresse à ton bonheur et que les mondes s'indifféreotisent que tu aies du luxe et de vaniteux plaisirs.

Pour participer à la puissance idéale il faut que tu deviennes le chevalier d'un Graal ; cherche à travers l'histoire un grand homme qui ne soit que lui-même, tu ne Vy trouveras pas.

Dieu seul est grand, disait Massillon devant le cercueil de Louis XIV et il eut pu ajouter : l'homme ne vaut que par son amour du divin.

Dans la communion des saints et la communion des génies, il n'y a place que pour des aspirants à la sainteté et au génie ; celui qui ne désire pas la perfection, iûtce sous la forme d'un art, n'est qu'un mammifère et cela ne vaut ni un discours ni même une parole.

L'homme réduit à lui-même n'est que le plus pervers des animaux : |)our aller à Dieu, il lui faut de l'aide, celle de ses aînés en effort.

Necherche pas d'appui intellectuel parmi tescontemporains, sinon auprès des rares mystiques et enthousiastes. Evoque les morts admirables, non par des cérémonies et

des clavicules, mais par la méditation de leurs œuvres. Ne dis pas, comme le spirite idiot, à Shakespeare ou à Platon d'apparaître pour distraire une chambrée de désœuvrés, mais relis le grand Will, et approfondis Platon : tu ne verras pas de fantôme, mais ton esprit sera illuminé.

L'illumination par les beaux génies surhumains , voilà la lampe qui doit éclairer ta marche à travers ce siècle pourri* Je ne t'ai pas dit que le progrès est le mot blasphématoire inventé par les journalistes pour faire oublier aux nations et leur devoir et la vérité sainte. Baudelaire a dignement écrasé ce mot sous quelques pages et Dutens a démontré que Pantiquité n'ignorait rien de nos prétendues découvertes.

Méfie-toi surtout de l'histoire romaine qui te poursuit, au sortir de l'idiot Duruy, sous la forme corné; lienne, et balafre d'un large mépris cet infâme peuple romain sans art propre, sans bonté et qui, scandale incomparable de l'histoire, a poussé au delà du possible le crime collectif ou national.

Déteste toute force sans justice ; déteste dans l'Etat ce que tu blâmes dans l'individu, déteste .l'État, s'il n'est pas théocratique.

Hais déteste en esprit ; ne va pas expliquer aux glorieux officiers français qui afiamèrent les moines de Frigolet qu'ils sont des misérables et. si tu ren-

contres Tinfâme Ferry, ne tue pas ce monstre, car les officiers sont inconscients et le Ferry a le rôle de grand premier traître au crépuscule latin.

Mais arme ton esprit, forge-toi une épée d'éloquence, un style d*Ëuménide et attends qu'une mission s'offre à toi. Si elle tarde, si même elle ne vient pas ? Qu'importe ! Tu auras honoré en ton âme la vérité, tu auras donc préparé ton devenir éternel.

A travers cette vie, considère l'autre et ne sépare jamais ni à la conception, ni au dessein, le temps où tu pâtis, de Téternité où tu planeras.

Si tu m'écoutes, ton salut, au sens catholique, est fait, et ton malheur en ce monde est immédiatement réduit.

La partie perdue humainement se gagne dans le ciel, si tu joues le jeu divin. N'est-ce pas l'invincibilité? On paralyse tes forces, mais ta volonté se projette jusqu'aux anges qu'elle réjouit.

Que peux-tu craindre ? La sérénité de l'âme assainit le corps; le dédain des hommes et de leurs lois te cuirasse à leurs injustices et aux exactions.

L'amitié te trahit et l'amour te déçoit. Regarde : ne vois-tu pas cette nouvelle étoile qui s'allume au ciel ! C'est un monde plus vaste que le nôtre : sa vue doit-elle pas te surélever jusqu'à ne plus sentir si pour quelques heures encore tu as à subir la tyrannie et la promiscuité sale des terrestres?

CONCORDANCE CATHOLIQUE

ARGANE OGTODENAIRE

L'Église, en mettant le but de la vie au delà de la mort, préserve le fidèle d'une trop grande sensibilité aux affres de l'existence.

En l'obligeant à la charité, elle le rend possible et parfois doux au prochain ; mais elle né cultive pas tout l'individu en le faisant renoncer, et le fidèle même parfait, c'est-à-dire sauf devant l'éternité, bon dans le présent, ne porte en lui aucune puissance de lumière.

L'Église, toute à ses saints, a oublié le génie, et occupée à la prière, déserte l'action ; il est donc opportun que la magie vienne lui rendre et l'esthétique et la combattivité.

Je crois que trois pouces de fer dans la poitrine de certains monstres aideraient singulièrement le règne de Dieu : il est vrai que ces trois pouces de fer sont laïques et profanes, et dans /stor, j'ai dit comment le

très saint Père dîspeae. quand il <fit si mease. de la tk de (pâecsoifiue.

Je ne poû m'avanoer ^ÈmoHage dans Fatlente de cet /g»» amkng en les mains daqnei les fimires du saint- ^ge deviiendront la fondre*

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