L'OEUVRE DU PÈRE
L'unité divine créa Fétre à son image, mais rÉcriture et la Kabbale qualifient le corps de don du père; et l'histoire hominale de la révélation primitive jusqu'au Messie pourrait s'appeler aussi le cycle du père.
L'originel péché, je l'ai spécifié un vertige de la nouveauté d'exister.
Dans le monument à peine achevé, il y a un travail de tassement des actions et réactions de force eotre les parties portantes et portées ; ainsi> à sa naissance, rhomme parfaitement construit en esprit et âme, eut pu garder son équilibre si volonté, accélérée par l'ivresse de l'instinct, n'eût créé un destin hors de la Providence.
L'homme, né androgyne, avait la forme humaine (species) une corporéité fluidique, non pas organique.
C'est pourquoi son vertige de volonté le rendit incapable de demeurer sur le plan formel : Dieu le père, par miséricorde, descendit Thomme du plan spéeiek au plan organique.
Sitôt Adamah obscure en son âme et son esprit, commença la vie similaire à la nôtre.
Le péché du monde primitif, visible aussi bien parmiles Israélites que les Ninivites, les Phéniciens, que les Goths, p^est la cruauté, i'él^ent militaire et tortionnaire.
Aussi Mahom appartient-il, malgré sa date, à la période de sang, tandis que Çayka Mouni, en dépit de son antériorité, relève du principe de la Messiation.
Les Keltes Bouddhoï, si brutes que leur Walhal recommence, dans Téternité des jours, la tuerie et la soûlerie, ces Goths fils d'Odin le suicidé comme les Nimroud et les Kan mongols, incarnent ce même vertige d'instinct qui fit vaciller Adamah, vertige qui vient cesser enfin dans le chrétien livré aux bêtes.
L'ancien monde évolua grandement comme force et pensée; TËtat abusa toujours du pouvoir et s'ensanglanta sans se perdre : les vieux mages continuent, à travers les dynasties ef les conquêtes à célébrer dans le fond des temples un culte intégral mais stérile à la divine vérité..
Ainsi, la première période de l'initiation correspond au premier cycle de l'histoire.
Ainsi, pour effacer l'imperfection originelle, il faut nous transposer par la volonté, du plan organique au plan spéciel, c'est-à-dire ne pas vivre de sensations tout à fait organiques.
Être capable d'un rut, soit celui sexuel, soit cet autre homicide du soldat, abaisse tellement qu'il n'y a plus de grandeur possible.
Le commencement de la perfection, c'est la lutte contre Nahash l'instinctif qui s'appelle aussi bien luxure que brutalité.
Il faut pouvoir dire la confession négative de l'Egyptien : être un juste ou équilibré, et tout de suite pondérer l'attract par l'adhésion à l'idéal, préférer l'idée aux contingences.
La culture de la sensibilité se ditToeuvre du fils, celle de l'entendement relève du Saint-Esprit, quant à l'œuvre du père c'est l'œuvre de la volonté conformée au divin, telle que Mosché la produisit. Ce Kaldéen semble avoir posé les colonnes d'Hercule du vouloir; et sa physionomie dépasse, plus complètement sublime, celle d'Orpheus Kasd, son émule qu'honora Tlonie, cette fille des Yavana? hindous.
L'invention d'Israël réalisa l'idéal du vouloir providentiel : et l'effet de grandiose empêche qu'on aperçoive les défauts de cette entreprise.
Le verbe de Mosché l'emporte sur celui des autres théurges par une densité qui étonne : Jésus seul pouvait nous faire voir et toucher la barbarie des mœurs juives. Je crois que ce fut le chef-d'œuvre de cette période et que mieux ne se pouvait pas ; mais s'il
est nécessaire d'infatuer un peuple, de le sacrer peuple de Dieu et de vomir l'injustice sur tous ses rivaux ; au point de vue plus élevé du mage, la sagesse de Schlomo ne suffit pas à faire élever son méchant peuple au-dessus des Égyptiens, ni à nous duper, au point que nous croyions lerouchalaïm autre chose qu'un pâle reflet de la grande Babylone.
Israël n'est qu'une œuvre kaldéenne, la dernière en date et dont la vibration est venue jusqu'à nous. Son rôle providentiel fut de servir de transition entre les deux hégémonies d'Orient etd^Occident; Mosché prépare l'œuvre de saint Paul.
Mais la plupart des notions sur lesquelles vécut le peuple hébreu tombent devant la parole de Jésus et le cours des siècles.
Saint Louis, Louis XIV même obéissait à ce concept de nation privilégiée ; le Gesta dei per francos était une devise mosaïque qui s'est démentie le jour où le Nashash collectif a fait tomber la France au-dessous de la dernière peuplade d'Océanie.
En même temps, l'archéologie nous a révélé la sagesse orientale, et l'intellectuel d'aujourd'hui connaît que Paris est une ville barbare et l'Etat quelquechose d'innomable au-dessous des hordes d'autrefois. ^
Ce qu'on nomme progrès n'est autre qu'une régula-
risâtion du mal se développant dans le sens d'étendue et non en hauteur,
. Le vol centralisé entre les mains d'un pouvoir ano* nyme s'exerce d'une sorte continuelle ; l'esclavage englobant tout le peuple prend le nom de loi ^ du recrute^' ment : jusqu'à quarante-cinq ans, tout Français valide relève d'un fouet comparable à celui du négrier et ce déshonneur de la pourpre, qui a nom Lavigerie parmi les renégats, s'évertue contre la traite des noirs aux accents de cette Marseillaise qui sert d'hymne de la traite des blancs.
Quelle tyrannie plus épouvantable que celle qui interdit au particulier de consommer d^autres matières que celle infecte du monopole national : quel despote ordonna sous peine de prison à tout sujet voyageant pour deux mois de le déclarer au point de départ et au point d'arrivée. Je défie que l'on cite un empire oriental où le pérégrin pauvre soit emprisonné pour ce seul délit d'être pauvre ?
L'ouvrier, l'artiste ou le derviche, qui arrive à Pari» et s'endort sur un banc, est cQudamné à un mois de prison pour vagabondage, et cela au nom de l'État et cela sous ce prétexte maudit de la patrie.
Mets en ton esprit, mon disciple, que la couronne de mage t'oblige beaucoup plus qu'elle ne t'affranchit; que tu changes de devoirs par l'initiation ; et que ton
seul droit reste la désobéissance aux lois nationales.
Fais de toi ce que Mosché fit d'une horde, fais de toi un Israël, c'est-à-dire sois une volonté providentielle.
Par deux points, vouloir et conception théique, tu accompliras Tœuvre du père et la première phase de la magification.
Mon enseignement mêle les trois voies parce qu'il se manifeste à la fois élémentaire et synthétique : l'urgence la plus impérieuse veut que tu changes, par une option consciente, suivant Tarcane vingt qui comprend la dextre et le senestre du libre arbitre.
Fonde ta vie en formule théocratique afin que préparée par la rigidité du dessein et la sérénité de la cour ception tu reçoives sans défaillir l'attouchement divin . du cœur de Jésus.
Si tu es un chevalier qui prie, c'est-à-dire une
épée à poignée crucifère, bientôt la rose de la charité
et de Fart va éclore et émousser la pointe de son glaive, car la force est une forme autant qu'un mouvement.
Remémore-toi cette vision de Dieu, qui porte le nom d^Œlohim de Ihaveh et invoque la Cause, par Geburah.
Efforce-toi de pouvoir sans mensonge confondre tes adversaires avec les injustes. Qui surgira contre toi dans le chemin des Bons sera frappé parce que, dans cette voie, on est protégé dès qu'on la parcourt.
Mais chaque fois que tu prendras ton intérêt et ta passion, pour une sainte colère, tu seras frappé toimême comme blasphémateur.
Dieu n'est qu'avec Dieu et ne venge que lui, c'est-àdire que tu existes à la façon d'un clerc, quelconque en lui-même, auguste s'il porte Teucharistie.
L'homme ne vaut rien en soi et ne peut rien par lui ; mais rhomme, fidèle chevalier de la Providence, vaut comme Dieu et peut comme Dieu, parce que le divin est toujours tout-puissant, partout il rayonne. Appelle, reçois et garde ce rayon; tu auras accompli sur toi l'œuvre du Père.