‹ Amphithéatre des sciences mortes (volume 2)Chapitre 40 sur 48 · L'ŒUVRE DU FILS · texte numérisé non relu

L'ŒUVRE DU FILS

Les trois personnes divines dans la création s'appellent le Dieu Un ; le caractère même de cet Israël dénommé le peuple de Dieu, apparaît dans sa nette croyance à Funité divine; ce haut prestige lui fut donné par le Kaldéen Mosché.

Le Discours sur Vhistoire universelle produit cette étrange impression que, avant Jésus, les seuls Israélites ne furent point idolâtres. Aujourd'hui la fresque Bossuétique n'a plus d'autre valeur que celle de Tart grandiose qui en a disposé les traits décoratifs.

Pendant le règne du Père, le Saint-Esprit fut toujours honoré dans le secret des sanctuaires; la race rouge atlanto-égyptienne, la race sémitique ou kaldéoétrusque, la race arya indo-médique et même les Suméro Touraniens furent théocrates, hiérarchiques, et conduits par des sacerdoces magiques qui possédaient la totalité du savoir métaphysique.

Que ridée soit impuissante à réfréner le collectif pas-

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sionnel, ou que les sacerdoees, comme œlui de Misraïm à l'époque de Mosché, n'aient jamais voulu s«ner les pensées abstraites sur les peuples, la vérité devint stérile; le bien divorça tout à fait d*âvee la pensée, et quand T ignoble populace de légionnaires succéda aux abominables brutes militaires de l'Assyrie, il n'y eût plus de bonté sur la terre : l'humanité sans cœur devait mourir. Alors la seconde personne divine s'incarna et Ton vit Dieu s'immoler sur la croix pour que de sou supplice et sa mort naquissent eniin cette pitié, cette douceur et cet esprit de paix qu'on nomme charité.

L'œuvre du Fils fut une œuvre d*âme, il vint non pas réformer rentendement, mais l'obliger à l'expansion d'amour; il imposa la bonté au cerveau.

Dès lors, le r^ne de la brute homicide finit, dès lors un guerrier s'appela un bandit quand il ne fut pas le bras de la justice. Le Ciolgoti» a prouvé que la vie foire appartient à la seule innoeenee, que la royauté n'esf que le droit de se dévouer, que les vietf^nes tolontaires et conscientes seules désc^mais feront les conquêtes et recevront Tbommage des siècles.

La seconde période de Tinitiation correspond au second cycle de Thistoire.

L*Amour succède à la Force dans les faits; qu'il succède ainsi en toi-même. On n'est victorieux de Nahash que par les sentiments désintéressés et altruistes.

Sous le règne du Fils, il ne suffit plus de résister à l'Attract, il faut Fannuler, le révulser.

Être capable d'un égoïsme, d'un intérêt tout à fait individuel, empêche l'approche de ce deuxième degré.

La justice ne suffit plus devant Dieu le fils, il faut la miséricorde. Avoir pitié dépasse avoir raison : et celui qui pardonne surplombe cet autre seulement équitable.

La culture de la volonté nécessite une dureté sur soi-même qu'il ne faut pas étendre au prochain. ^ Percevant les mobiles lamentables des pires actions, et des faiblesses, l'initié ne ressent les colères du nabi que contre l'Etat, c'est-à-dire la congrégation du mal.

Jamais un verbe ne fut aussi obéi que celui de Jésus ; la passivité du martyr fait une belle suite au Calvaire, et réternité de PEglise provient de ce sang innocent, de ce sang des agneaux de Dieu qui, cailloté en rubis radieux, sert de base à l'Evangile et à sa loi.

Toutefois, le christianisme devenant le catholicisme, passa du passif à la plus vive activité, le pape fut roi parce qu'il était de l'essence de la papauté de ne subir aucune pression et de posséder une ville sainte et inviolable.

C'est encore l'idée scélérate de Patrie ou banditisme collectif qui fit le plus de taches au catholicisme; les, uns, comme Simon de Montfort, poursuivirent leurs

ambitions sous forme d*exterminer Thérésie, les autres comme ces déplorables Espagnols, ingrats, lâches et sanguinaires, prirent le prétexte catholique pour rançonner et décimer ces Maures, sans lesquels ils seraient encore privés de toute culture.

Autant un Lavigerie trahit TÉglise en se servant du crucifix pour dociliser l'Arabe au joug de son vainqueur, autant il y a de sottise à croire que la prière doit être la seule arme des catholiques.

La propagation de la Foi devrait avoir lieu à Paris d'abord et non pas chez les nomades qui d'aucune sorte n'influeront jamais sur la marche de l'humanité; mais à vouloir, au mépris du climat et des différences de race, catholiciser l'Orient, la seule et digne voie serait, pour le missionnaire, de convertir le marabout. Vraiment, il n'y a aucun honneur à faire changer le vulgaire de manitou ; il y a même une inconsciente scélératesse puisque derrière le missionnaire se dresse le soudard de la métropole; et le doux Jésus devient par ce fait le symbole de la conquête et de là spoliation.

Tant que le clergé romain n'aura pas converti les brahmes les plus notables, la propagation de la Foi,

malgré ses martyrs, restera une œuvre de spoliation occidentale.

Le missionnaire apportant en Algérie ou en Chine

sa routine française devrait épouser le collectif algérien ou chinois, devenir patriote de son lieu d'évangélisation et lutter contre l'Occident ; ce serait moins abominable que ce qui se produit.

Cependant le rôle du prêtre apparaît neutre et en fait, dévoué à la seule justice, ou bien ouvertement pour le faible et l'opprimé, suivant une parole qui serait dite par le Saint-Père et qui, prononcée de si haut, deviendrait Farrêt véritable de la Providence !

La conduite du catholique comme de Tinitié se compose de mansuétude sur tout ce qui ne gêne ni la foi ni la culture. Mais il ne faut pas prendre la lâcheté pour la douceur ; les évêques qui ont laissé leurs séminaristes revêtir l'uniforme de l'homicide et s'y exercer sont des drôles qui mériteraient les huées de leurs ouailles, et quand ces séminaristes - soldats seront ordonnés prêtres, il n'y aura pas, je pense, un seul catholique à leur messe et qui accepte de leur main d'assassin national et de sacrilège, la divine Eucharistie.

Concilier la force du père avec la bonté du tils ; être doux et ferme, volontaire et miséricordieux, ne pas faiblir et ne pas s'endurcir, demeurer inexpugnable en son vouloir et bénin dans ses actes, voilà la formule de ce second degré.

Jésus-Christ, du haut de sa croix, a Instauré un nouvel héroïsme et un nouvel amour.

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