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IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE

II faut, hélas ! que Télection entre en scène, la forme de Terreur par excellence.

Donc, la terre, la propriété et le travail ayant des représentants, devront faire ensemble, en nombre égal, leur tassement, et élaborer un accord par majorité : mais restera le triple cahier des besoins et à qui le remettra-t-on ? Maintenant que les compétents ont parlé et que les souffrants ont répondu, qui va décider? où sont ces cardinaux de la civilisation et quel en sera le Pape ?

Le marquis de Saint- Yves n^hésite pas à faire juger ensemble, francs-maçons, rabbins, évêques.

L'évêque n'est certes pas cet homme désiré qui formulera en arrêt le plus grand nombre de rapports harmonisés ; c'est un fonctionnaire, un national. Réunir les professeurs de philosophie des facultés, ne donneraient pas les Amphictyons-

Ah ! la difficulté m'épouvante : il faut des êtres compétents et impersonnels, des esprits de généralisation, des cerveaux de synthèse. Entre la Volonté sous les traits de la Propriété, de l'Economie et du Capital, et le Destin sous la triste image de l'ouvrier, du paysan, de l'employé, quelle figure providentielle évoquer !

Si nous procédions pour l'abstraction de la même manière que nous avons fait pour la contingence? Tous les intérêts ont parlé, tous les in-

téressés ont paru ; la raison pure nous donnerait une précieuse équation morale.

Réunissant des théologiens, des philosophes, des historiens, et les hommes qui, même à tort, passent pour chefs de doctrine, on les instaurera en conseil abstrait : il représenteront le jury dans le débat entre le peuple et la bourgeoisie ; mais la question leur sera posée en thèse. Entre ces deux prétentions, quelle est la justice? Ayant discuté, ils voteront une équation vraiment philosophique.

N'avons-nous pas appris à nous méfier des idéologues? aussi ne donnerons-nous pas à cette assemblée un président puisé dans son sein. 11 nous faut un homme capable de combiner la notion du Destin ou du peuple avec celle de la Volonté ou de la bourgeoisie et avec la Providence ou assentiment du conseil intellectuel.

Monarque, dictateur, président, protecteur, il nous faut un homme, l'homme du Sceptre. Oh !

non pas ce ridicule personnage portant un habit militaire et perdant son temps à amuser le peuple, à parader devant la constitution; non pas un homme d'exhibition caracolant à des revues du dimanche, abruti de réceptions, de séances et de paroles vaines.

L'homme du Sceptre, comme un jacquemart d'horloge, se montre tous les jours une mi-

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