IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE
une délégation du Pouvoir : car qui donc réprimera le chef, s'il est mauvais ou injuste? et la garantie de la justice, c'est l'idée religieuse. On m'accordera que l'idée de Dieu est la plus haute que nous puissions concevoir : elle communique à tout ce qu'elle touche une souveraine majesté ; et, envisagée comme moteur de la pensée humaine, elle paraît la fugue unique que la philosophie, les lettres, les arts, les sciences et les mœurs ont contrepointée.
Il y a une étroitesse et une discipline un peu militaires dans la dévotion scrupuleuse qui constitue les mœurs religieuses et non la religion. Le Comte de Chambord communiait et, partant, recevait l'absolution ; mais le prêtre qui assumait cette responsabilité n'était pas conscient : chez un roi postulant, ou régnant, l'homme public, avec ses mérites, ou ses fautes, l'emporte incomparablement sur l'homme privé. Henri V était le dernier des hommes, le pire déserteur de ses devoirs; le gentleman-farmer de Frosdorff était bon époux, bon voisin et bon marguillier.
L'un a fait perdre un demi-siècle à la Vérité, à l'Europe et à la France, laissant à Terreur le temps de s'organiser et de vaincre : l'autre n'a pas eu le plus petit tort envers ses valets.
Il importe peu de savoir ce que pense le bour-
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^^ geois, on sait que son intérêt le guide et, partant,
^ qu'il maintiendra Tordre, sous n'importe quelle
a; espèce : il s'agit que le Pouvoir pense juste et que
^ le peuple ne se figure pas penser.
^; La réduction de l'impôt, les garanties de tra-
^^ vail, ne sont pas liées aux divagations qui faussent
^ la théorie.
f\ L'Etat ne doit être exploité ni par un, ni par
^; plusieurs : il doit distribuer équitablement la sa-
f'- tislaction, afin de créer la solidarité la plus étroite
possible entre les castes et même entre les Etats.
Le premier devoir de l'homme du Sceptre sera de sacrifier le commerce à la Paix. Personne, sinon les marchands, n'ont intérêt au Tonkin et ailleurs: toute la partie emporocratique du gouvernement se révèle méprisable ; le protectionnisme est évidemment un attentat contre l'intérêt humain, ainsi que les monopoles d'Etat.
Au lieu d'enrichir l'Etat par l'impôt, il faut enrichir le citoyen par des suppressions d'impôts.
Le libre échange sur trois choses, le vin, le tabac et les allumettes, donnerait vingt sous par jour, soit trois cent soixante francs : le loyer ou à peu près à tous les Français. Tant que l'existence nationale coûtera un milliard, l'existence sociale sera malheureuse.
Mieux que la blessure et la mort, la disci-