‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 107 sur 182 · IV. LE UWŒ DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. LE UWŒ DU SCEPTRE

Pour tout esprit philosophique, la pensée a un double mouvement, elle va tantôt du connu, de Tempirisme, de Va posteriori^ à Tinconnu, à Tabs- Iraclion, à Vapriori ; et vice versa. Je vois un cadavre et je songe à la fatalité de la mort pour tous les êtres, je suis allé du fait à l'idée ; au contraire, la pensée de la mort m'étreint et je crois sentir les symptômes d'une maladie mortelle, je suis venu de Tidée au fait, de Va priori à Va posteriori. La conscience de soi de Descartes se divise chez Kant en soi abstrait ou transcendental et en soi concret ou a posteriori.

Cet étrange philosophe, reprenant une idée alexandrine et la déformant, distingue dans le phénomène la matière et la forme : dualisme des connaissances, dualisme du jugement, dualisme du phénomène. Alors, comme un mystagogue, Kant est forcé, puisque nos connaissances abstraites ne sont pas les réflexes de l'empirisme, de donner pour mère, à nos abstractions, l'intuition.

Hegel trouva un singulier moyen d'investigation philosophique, un étrange critère de vérité, l'antinomie. Il faut se risquer dans l'Essai d'une critique de toute révélation de Fichte, dans la Philosophie de l'identité de Schelling, pour voir combien la raison diflfère de Pintellectualité proprement dite et comme des gens

qui pensent peuvent obstinément mal penser.

Tout rillogisme déchaîné par Kant se retrouve dans Hegel, antinomies de Kœnigsberg, thèse et antithèse de Rammenau, identité de Tétre et du non être dans le devenir deLéonberg; et puis c'est le jeu de l'unité et du multiple synthétisé dans le nombre. Arrivé sur le terrain pratique, en face du fait, Hegel tombe au niveau d'un sous-ofT et il écrit : « Une bataille n'est pas autre chose que le combat de l'erreur contre la vérité, la victoire n'est pas autre chose que la vérité du jour, victorieuse sur la vérité de la veille, qui deviendra erreur demain. »

Le devenir de la vérité ! Oh ! oh ! si les principes deviennent, il n'y a plus ni morale, ni raison, ni philosophie, ni humanité : c'est le nihilisme.

Le paradoxe de Dantzick va aussi se manifester : l'absurdité éclate mieux, car l'écriture est très lucide et comme à la Diderot par rapport aux autres Kantistes.

« Il ne faut pas se demander tout d'abord si une vérité nouvellement reconnue s'accorde ou non avec la synthèse de nos autres concrétions, selon la méthode de Kant, intuition a priori. »

Dans la Quadruple Racine de la raison suffisante, il y a l'idée de Leibnitz, l'hypothèse d'Aristote,

Page 1