‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 117 sur 182 · IV. — LE LIVRE Dr SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE Dr SCEPTRE

de vains songes de la pensée humaine, le salut ne peut pas s'opérer sans eux.

L'éducation occidentale étant identique à cette affirmation du Florentin, il ne faut espérer ni la paix, tant qu'il y aura un pays plus fort que les autres ; ni l'ordre, tant que l'inégalité fatale de la fortune existera ; il faut se résigner ou se ruer, avec les autres.

A écouter les gens de l'heure, la politique serait surtout l'art de l'a propos, la poursuite d'une aspiration. Le bourgeois, comme dit Machiavel, « oublie plutôt la mort de ses parents que la perte de ses biens, » il préfère l'impôt du sang à l'impôt d'argent, il aime de posséder, plus que de vivre.

Le peuple voudrait devenir bourgeois ; à force de le désire.r,il conçoit cet avatar comme un droit, et se figure qu'en bousculant la machine sociale une révolution le mettra au-dessus. Garder et prendre, voilà les deux verbes que conjugue la France, à l'ombre des casernes. Personne n'a tort, qu'une troisième personne, insaisissable

celle-là, qu'on nomme Etat. Le seul moyen équitable de rassasier le pauvre et ne pas chaufTer le riche, c'est de ruiner l'Etat, personnage fictif que d'autres appellent Patrie.

L'énorme budget de l'instruction publique se déperd à construire des palais somptueux et à

presque payer les familles pour avoir les enfants: le fanatisme athéistique opère au détriment du contribuable.

Les douanes avec leurs 500 millions de revenu pèsent aussi lourdement sur le piccolo du peuple que sur le Johannisberg du milliardaire.

Pour ce que l'Etat d'aujourd'hui représente il y aura toujours trop d'or dans les mains: rien de noble ne peut se produire en état de suffrage universel ; c'est ce que j'appellerais volontiers, l'ignominie d'Etat.

Machiavel avait l'âme assez laide pour deviner celle de tous, et il divise les citoyens ou bourgeois en deux classes ; ceux qui espèrent commander, et les autres, qui formant la plus grande majorité, veulent surtout vivre sûrs.

En effet, la partie possédante de la nation a toujours été prête a acheter la sécurité au prix de son indépendance; peu leur importe qu'ils ne jouissent pas, pourvu qu'ils possèdent.

Le peuple, au contraire, tient plus à jouir qu'à posséder, et si on lui faisait d^ beaux dimanches, il serait peut-être sage pendant la semaine.

« Ce qui contribue surtout aux révolutions dans les démocraties, c'est l'insolente perversité des démagogues : à force de diffamer les riches, ils les obligent à se liguer entre eux. »

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