IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE
Aristote veut que l'éducation soit appropriée à la formé de gouvernement. « Si un seul citoyen n'est pas maître de ses passions, c'est que TÉtat
lui ressemble. » Or, l'Etat vaut moins que l'individu de nos jours, l'Etat est athée et l'individu ne l'est pas. Les institutions expriment les mœurs, et non pas les mœurs les institutions, et comme de nos jours l'opinion a acquis une grande force, il faudrait changer les sentiments d'un peuple, pour changer sa forme politique.
« L'animal naît parfait et n'a rien à apprendre pour sa conservation des animaux de son espèce, Thomme naît perfectible et a tout à recevoir de la société et de ses semblables.... » L'animal naît parfait et l'homme perfectible, et la perfection de l'homme est la société, d'abord domestique et agricole; la population d'un pays peut doubler toues les vingt ans. Je continue à emprunter à M. de Donald des formules nettes. Seulement, lorsqu'il donne pour raison à la guerre, l'égalité des besoins et l'inégalité des forces, ne faut-il pas remplacer besoins par vices ?
N'est-ce pas le vice commercial qui voulant produire plus qu'on ne consomme, saccage rOrient pour le profit de quelques aulneurs dé la rue du Sentier ?
Le pouvoir primitif ne fut ni volontaire,ni forcé,
mais nécessaire; car, comme dit Montesquieu, le peuple a trop peu ou trop d'action : avec cent mille bras quelquefois il renverse tout, et avec cent mille pieds il va comme un insecte.
Pour l'esprit du vulgaire, pouvoir signifie : arbitraire. Lorsque Tabbé Sieyès posa sa question : Qu'est le Tiers Etat? que doit-il être? tout ! il donna un pendant à: l'Etat c'est moi. Toutes les déraisons parlent le même langage.
Autocratie, aristocratie, oligarchie, démocratie ont une seule forme dégénérescente : la tyrannie.
Que ce soit le bon plaisir d'un seul, de plusieurs ou de tous, il y a toujours injustice: le peuple, en démagogie, a toujours été aussi implacable que les riches; et M. Thiers a réprimé la Commune aussi durement qu'un monarque asiatique : il ne représentait cependant que l'oligarchie ou la bourgeoisie.
Lorsque les nobles avaient un honneur, cela impliquait une charge ; et il faut être idiot comme un plébéien, pour préférer dire caporal ou général à un gradé qui dispose du conseil de guerre, c'est-à-dire de la mort, que Monseigneur à un noble.
Je préférerais battre l'eau des douves avec une gaule, pendant l'accouchement d'une noble