‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 119 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE 22S · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE 22S

dame, que d'asliquer uii fourniment: et quand les nobles étaient seuls militaires et donnaient à la défense du pays leur vie et même leurs biens, ils avaient droit en effet à un grand respect.

Quiconque a vécu de la vie de château connaît que, charitable ou non, par vanité, le châtelain est forcé à une grande bienfaisance : comment croire que, s'il en est encore ainsi, il n'en fut pas de même autrefois?

La politique a été perdue par Luther et Calvin. M. de Bonald le dit avec justesse: «Le luthéranisme est l'oligarchie et le calvinisme la démocratie de la religion. »

La plus grande erreur de notre temps et qui impédimentera toute réforme, c'est de dissocier la religion de l'Etat, et de ne pas comprendre l'identité de la religion et de la morale.

« Là où tous les hommes veulent dominer avec des volontés égales et des forces inégales, il est nécessaire qu'un seul homme domine ou que tous les hommes se détruisent», j'ai montré que la décision seule appartenait à l'homme du Sceptre, mais la formule et sa plaidoirie et sa documentation appartiennent aux intéressés.

Quelle humilité devrait toujours emplir l'écrivain de métaphysique, en trouvant dans l'admirable Bonald ces ignareries : « le Juif avec sa

religion subHme, TEgyplien avec son culte ridicule et grossier », quoique Bossuet ait dit une parole confirmée par les découvertes les plus récentes : « Les Egyptiens ont su les premiers les règles du gouvernement ; l'Egypte est la mère de toutes les antiquités historiques, la source de toute police. » Or, TEgypte fut le modèle delathéocratie; mais la religion, qui enserrait le peuple en tous les actes de sa vie, pesait encore plus sur le monarque ; je n^en veux pour preuve que la coutume de juger le roi après sa mort. Cela supposait une caste parfaitement consciente, les Mages, qui diffèrent des prêtres, parce qu'ils étaient des génies au profane en même temps que des oints.

Je ne pense pas qu'il y eut de civilisation hors des castes : on m'accordera du moins que la pire distinction entre les citoyens soit la fortune. On ne s'enrichit pas honnêtement par le travail, on en vit seulement. Drâcon, Solon, Lycurgue ont tous cherché l'intérêt immédiat et national, et ont créé une législation idiosyncrasique. « A Sparte, une des principales peines fut de ne pouvoir prêter sa femme à un autre. »

Une législation se compose des principes civilisés partout et toujours immuables, et des idiosyncrasies.

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